Togo : Nicodème Habia : « Je voudrais dire au peuple togolais que nous devons continuer cette lutte jusqu’à la victoire »


                 Nicodème Habia, président du parti des "Démocrates"
Le leader du parti les Démocrates, Nicodème Habia -un parti de l’opposition togolaise, membre de la Coalition des 14 Partis qui conteste le pouvoir de Faure Gnassingbé- a entamé une  nouvelle grève de la faim devant l’Ambassade de la République du Ghana, à Lomé.


Les 3 et 4 Septembre derniers, le responsable politique togolais avait déjà observé le même mouvement devant l’Ambassade des Etats-Unis à Lomé.


Cette grève de la faim vise à demander la libération des manifestants arrêtés lors des manifestations politiques dans le pays, la libération des responsables de la société civiles incarcérés et le respect de la feuille de route de la CEDEAO- l’organisation sous régionale, qui joue le rôle de facilitation dans la crise togolaise qui dure depuis Août 2017.


Cette grève de la faim c’est pour « alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation du Togo, motiver la population togolaise à rester debout jusqu’à l’aboutissement de la lutte pour l’alternance au Togo », a confié M. Habia à notre reporter.


« Il faut que les gens cessent de penser que la crise est  finie comme il n’y a pas de manifestation. Je voudrais dire au peuple togolais que nous devons continuer cette lutte jusqu’à la victoire. Tout ce que nous voulons au Togo c’est l’alternance politique et le développement. Mais sans la démocratie on ne peut pas parler de démocratie », a encore indiqué le responsable politique qui visiblement n’est pas affaibli par le mouvement qu’il vient d’entamer il y a 48h. 


Contrairement à la première étape de cette forme de revendication pacifique qui n’a duré que 48h devant l’ambassade des Etats-Unis, cette fois-ci le mouvement est illimité, a confié l’ancien député à l’Assemblée nationale.


« C’est ma stratégie pour dire à l’opinion ce qui se passe au Togo. Je ne suis pas le seul acteur politique à le faire », a souligné l’ancien bras droit de Gilchrist Olympio pour qui, il n’est pas le seul responsable politique qui use de cette arme pour se faire entendre donnant l’exemple de Christiane Taubira –l’ancienne Garde des Sceaux, ministre de la justice de la République de France- qui a participé à une « chaine illimitée de grévistes de la faim » en soutien au cinéaste dissident  Oleg Sentsov enfermé en Russie.  


« Tout le monde doit jouer son rôle pour libérer le Togo parce que nous sommes dans une jungle. Nous devons passer par tous les moyens pour libérer le Togo », a encore insisté le responsable politique avant de poursuivre que « notre problème n’est pas la CENI ». Il réclame en outre des conditions d’organisation d’élections transparentes et crédibles au Togo.


Dans la journée de ce jeudi, le « gréviste de la faim » a reçu la visite de ces collègues  de la Coalition notamment Brigitte Kafui Adjamagbo, Me Dodji Apévon, Isabelle Améganvi, Pascal Adoko et Atsu Kodjogan.


Le Togo est un petit pays de l’Afrique occidentale, dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé qui a succédé à son père qui a dirigé le pays d’une main de fer durant plus de 38 ans. Le Togo est le seul régime sans alternance depuis plus de cinq décennies en Afrique de l’Ouest. Depuis août 2017, un vent de contestation souffle sur ce pays. Les populations à l’appel d’une coalition de 14 partis de l’opposition sortent massivement pour réclamer les réformes limitant le nombre de mandat à deux, le scrutin majoritaire à deux tours.



                                         Po/01/09/18


                                         Francine DZIDULA

                                 E-mail : togoscoop@gmail.com

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