AFFAIRE DE VIOL : LA GENDARMERIE EMPECHE LE SIT-IN DES FEMMES DEVANT LE MINISTERE DE L’ACTION SOCIALE


                         Les femmes manifestantes devant le ministère

La gendarmerie a empêché ce matin, les organisations de défense des droits des femmes qui voulaient organiser un sit-in de 15 minutes devant le Ministère de l’Action sociale et de la promotion de la femme pour dénoncer les violences faites à l’égard des femmes.
Depuis quelques semaines, circulent au Togo sur les réseaux sociaux des vidéos mettant en scène des viols commis sur des femmes. Ces vidéos qui ont choqué les Togolais ont amené les organisations de défense des droits des femmes, les femmes défenseures des droits humains, et mêmes des hommes engagés dans la défense des droits humains à vouloir organiser un sit-in d’un quart d’heure devant le ministère de l’Action sociale pour attirer l’attention de la population sur le phénomène de viol dans notre société mais aussi sur la publication des images obscènes sur les réseaux sociaux. Mais contre toute attente, ces femmes ont été priées par le détachement de la gendarmerie de vider les lieux alors qu’elles venaient à peine de se rassembler. C’est l’incompréhension du côté des organisateurs.
« Le ministère de l’action sociale est un édifice public qui appartient à tous les Togolais et on  a le droit de pouvoir manifester devant ce ministère », a déclaré une des femmes très furieuse.

« Nous avons informé les autorités que nous voulons tenir ce sit-in de 15 min devant le ministère de l’action sociale. Ce matin on a eu l’accord du Ministère de la sécurité en ce qui concerne l’aspect sécuritaire. Mais là, nous n’avons pas compris pourquoi c’est la gendarmerie qui fait opposition à ce que ce sit-in ait lieu devant le ministère », a confié à notre reporter la Secrétaire générale de GF2D, Mme Michelle AGUEY.
Pour la responsable de GF2D, le phénomène de viol touche toute la société et on ne peut pas se cacher derrière des procédures administratives pour ne pas laisser les femmes manifester. « Nous avons pris toutes les dispositions pour que la manifestation ne déborde pas et vous avez vu même au bout de 5mn on s’est dispersé. Dans la mesure où le ministère de la sécurité a envoyé des éléments pour assurer que cette manifestation se déroule dans l’ordre on doit pouvoir nous laisser manifester au bout de nos 15 min », a insisté la responsable.
Les organisateurs ont dénoncé aussi l’absence de la Ministre de l’Action sociale qui n’est pas non plus sortie pour recevoir ses consoeurs. « Dans d’autres pays, la ministre sera à la tête des manifestants », regrette une jeune demoiselle membre d’une association de jeunes filles. Et de poursuivre, « si on est ministre en charge des femmes et on ne se sent pas concerné par un problème qui touche les femmes à quoi bon », fulmine-t-elle.
Les journalistes  n’ont non plus digérés que ces éléments les empêchent de faire les interviews des organisateurs sur les lieux.
Tous les jours qui passent les autorités togolaises donnent la preuve que nous sommes dans un régime militaire qui ne permet pas la jouissance des droits des citoyens. Après avoir refusé le transfèrement d’un gréviste de la faim, Nicodème HABIA, le ministère de la sécurité vient une fois encore d’empêcher une manifestation de femmes.
                                              Po/10/10/18
                                                 Francine DZIDULA

                                                     E-Mail : togoscoop@gmail.com

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