EVACUATION SANITAIRE DE HABIA : LE TOGO ET LE GHANA FROLENT UN INCIDENT DIPLOMATIQUE


              Le ministre de la sécurité, le Général YARK 
L’évacuation sanitaire ratée de Nicodème Yao HABIA, le président du parti politique, « les Démocrates », membres de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition, risque de tourner en incident diplomatique entre le Togo et le Ghana. L’opposant togolais observe une grève de la faim devant la représentation diplomatique du Ghana à Lomé. Il est à son 14ème jour de grève. C’est ainsi les autorités ghanéennes, constatant la dégradation de son état de santé, ont dépêché vendredi à Lomé un « avion militaire » pour son évacuation sanitaire mais Lomé a refusé l’évacuation du gréviste.

Réagissant ce matin au propos du chef de file de l’opposition, Jean-Pierre FABRE qui, la veille, a révélé cette information, le ministre de la sécurité, le Général YARK Damehane, a qualifié le geste des autorités ghanéennes « d’inamical » et « anormal ».

« Le Togo n’est pas une colonie du Ghana. Le Ghana fait partie de la facilitation mais en dehors de ça,  ils doivent avoir l’autorisation des autorités togolaises (NDLR : avant l’évacuation) mais je ne suis pas au courant. Le ministre ghanéen a soulevé le problème on lui a dit d’attendre mais il n’a pas attendu le retour, il envoie l’avion militaire ce n’est pas normal », a déclaré ce matin le ministre YARK sur une radio VICTOIRE FM émettant dans la capitale togolaise.

Le ministre reconnait belle et bien que l’avion a atterri à Lomé et que c’est le refus des autorités togolaises de lui accorder l’autorisation qui lui a fait rebrousser chemin. Ce qui est incompréhensible est qu'un avion militaire survole l'espace aérien togolais et atterri même sans avoir l'autorisation. C'est surréaliste.

« On ne pouvait pas lui donner l’autorisation parce qu’on ne savait pas qu’elle était la mission de l’avion. Le ministre (NDLR : le ministre de la sécurité du Ghana, M. Albert KAN-DAAPAH) a bien posé le problème, il n’a pas attendu pour avoir le retour avant d’atterrir. Ce n’est pas amical, quand on est des amis lorsque vous posez le problème il faut attendre la réponse d’abord », a encore réitéré le Général Yark en poursuivant que le Togo ne peut pas envoyer un avion militaire dans une ville du Ghana pour l’évacuation d’un malade sans que les autorités ghanéennes aient donné leurs avis.

Revenant sur le cas HABIA, objet de l’évacuation, le ministre YARK a estimé que l’opposant joue à « la comédie ».

« Je dis bien que c’est de la comédie. Il fait une grève de la faim pour forcer les gens, pour obliger les gens : c’est de la comédie. Des gens prennent des engagements, ils ne les respectent même pas et vous voulez qu’on se plie à leur comédie », s’est-il interrogé.

Le ministre YARK n’est pas le seul à se moquer de la grève de la faim du président du parti « les Démocrates ». Dimanche son collègue de la fonction publique, M. BAWARA avait tenu les mêmes propos.

Refuser l’atterrissage à un avion au bord duquel se trouvait un ministre d’une république sœur est un geste diplomatiquement osé de la part du Togo. Et ce n’est pas la première fois que le Togo réagit ainsi. On se rappelle au lendemain du décès du président GNASSINGBE Eyadema, la CEDEAO avait convoqué à Abuja, Faure GNASSINGBE qui avait succédé à son père à Abuja. Ce dernier avait refusé de s’y rendre et la CEDEAO a décidé de dépêcher à Lomé ses émissaires. L’avion militaire éclaireur du président OBASANJO avait essuyé un refus d’atterrissage de Lomé qui lui intimait l’ordre d’aller atterrir plutôt à l’aéroport de NIAMTOUGOU. Finalement, l’avion a fait demi-tour.

                                                      Po/04/10/18

                                                     Francine DZIDULA

                                                     E-Mail : togoscoop@gmail.com

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