TOGO : FAURE GNASSINGBE VEUT TRAQUER CEUX QUI ONT « SABOTE » LE RECENSEMENT ELECTORAL



L’annonce a surpris plus d’un. Réunis en conseil des ministres, le chef de l’Etat togolais Faure GNASSINGBE, a instruit les services de sécurité et de justice à entreprendre toutes les démarches pour identifier les auteurs des incidents qui ont émaillé le recensement électoral.

Après la zone 1, le recensement électoral a pris fin ce jeudi dans la zone 2. Dans cette dernière zone les incidents qui ont entaché l’opération ont même occulté l’appel au boycott lancé par l’opposition. En  lieu et place de l’opération elle-même, c’est plutôt l’enrôlement des mineurs qui faisait le chou gras de la presse nationale et alimentait les commentaires sur les réseaux sociaux. Ici et là, ce sont des images des enfants qui visiblement n’ont pas atteint l’âge de la majorité qui fusaient sur les réseaux sociaux devant les machines de recensement.

Si au départ, certains ont voulu nié la réalité arguant qu’il s’agissait d’image venue d’ailleurs très vite  ils ont été confondus par la réalité du paysage togolais. C’est alors que l’argument de curiosité enfantine a été brandi. Mais là aussi ils n’ont pas convaincu personne. La curiosité ne pousse pas à l’établissement de carte d’électeur à des enfants alors que le code électoral dispose qu’on est électeur qu’après avoir atteint l’âge de la majorité  fixé à 18 ans. Alors quelle est cette curiosité qui pousse les enfants à avoir leur carte avant cet âge ?

Des témoignages concordants ont confirmé que ces enfants pour la plupart se sont retrouvés dans les Centres de recensement et vote (CRV) sous contraintes de leurs parents, de l’autorité administrative ou coutumière. Des responsables d’établissement scolaire ou les chefs traditionnels ont fait recenser les enfants. Des audio des agents d’opération de saisie (OPS) ou d’enseignants stupéfaits par cette violation fragrante du code en témoignent.

Au-delà de l’enrôlement des mineurs, la zone 2 a également offert la première image de « sabotage » de l’opération. En effet, dans la préfecture de Tandjouaré, on a assisté à la destruction du kit électoral et à l’agression physique contre les agents OPS pour une histoire de référence se trouvant sur la carte électeur.

Face à ces incidents, ce que ne dit pas l’intervention du chef de l’Etat devant ses ministres est où va se situer la part de responsabilité ? Entre ce chef d’Etablissement, ce chef de village, bref ce supérieur hiérarchique  qui ordonne l’enrôlement des mineurs et l’agent OPS qui bien que sachant ces derniers ne doivent pas l’être et pourtant ils les ont inscrits qui va-t-on poursuivre ? Ce chef de village qui a donné un faux témoignage sur l’âge des personnes enrôlées et celui qui a partagé l’image de l’enrôlement frauduleux qui est  fautif ? Ce responsable de démembrement de CELI qui interpellé par l’agent OPS a laissé faire estimant que tel n’est pas le rôle de l’OPS qui est coupable ? Voilà autant de zones d’ombres  qui suscitent inquiétude et crainte que cet appel à identifier les auteurs de ces incidents ne soit pas une occasion pour régler des comptes à des individus gênant.

La grande surprise dans cette intervention du chef de l’Etat réside aussi dans le fait  que c’est la première fois ou l’une des rares fois que le chef de l’Etat togolais réagit à chaud sur un sujet d’actualité. L’opinion nationale a été scandalisée par l’assassinat des jeunes élèves à Dapaong, l’assassinat du petit Jojo à Lomé, les émeutes consécutives à la hausse du prix de carburant, les incendies des grands marchés, et même après le 19 août 2017…, bien que des voix se sont levées demandant une intervention du chef de l’Etat mais il n’est pas intervenu.

On attendait  que le chef de l’Etat interpelle la police et la justice pour qu’elles fassent la lumière sur les détournements de fonds, (les fonds de la route Lomé-Vogan par exemple), l’affaire de braquage à  l’aéroport de Lomé, sur l’affaire des miliciens, l’affaire des implants périmés dans les hôpitaux publics du pays pour ne citer que celles là, mais il a été muet sur ces sujets et a préféré intervenir sur le processus électoral. Des interventions sont rarement venues de la part du chef de l’Etat sur des sujets touchant les citoyens togolais comme cela a été pour hier. Si le N°1 togolais est intervenu dans la soirée de la fin de l’opération électorale c’est dire qu’il accorde de l’importance capitale au processus en cours. C’est la preuve qu’il est sur la même longueur d’onde que son gouvernement. C’est un signal fort à ceux optent pour le boycott que le gouvernement togolais ne reculera devant rien à moins que d’y est contraint.

                                             Po/15/10/18




                                                   Francine DZIDULA




                                                     E-Mail : togoscoop@gmail.com


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