TOGO : LA C14 N’IRA PAS A DES ELECTIONS FRAUDULEUSES



Au moment où l’opération de recensement électoral finit demain dans la zone 1 qui englobe les régions Maritime et Plateaux, c’est le moment qu’a choisi la Coalition des 14 partis de l’opposition-la principale force de l’opposition de ce petit pays de l’Afrique de l’ouest très réfractaire à l’alternance et à la démocratie-pour tirer à boulet rouge sur le processus électoral tel que mené en ce moment par le pouvoir en place. Pour l’opposition, le pouvoir est en train de foncer la tête baissée comme un taureau dans le mur et cela ne résoudra pas la crise.
C’est dans un grand hôtel de la capitale que les leaders de l’opposition ont dénoncé ce lundi les toutes les anomalies qui entourent le processus électoral en cours à savoir les intimidations et les manipulations des consciences. Ils sont revenus aussi sur le  découpage électoral inique qui fait la part belle à certaines localités du nord pays.
Le recensement électoral prend fin demain dans la zone 1. L’opposition qui a lancé le boycott de l’opération dans cette partie du pays, réédite son appel de boycott pour la seconde zone qui devrait débuter dans une semaine.
« Tant qu’il n’y aura pas un fichier électoral crédible, sérieux nous ne nous engagerons pas dans ce processus. Comment peuvent-ils imaginer un seul instant que le résultat de la mascarade qu’ils sont en train de produire, le fichier qui sera issu de ce recensement là puisse servir de base à des élections démocratiques », s’est interrogé Mme Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON, la Coordinatrice de la C14 pour qui il est important que la C14 soit représentée au même titre que la majorité au pouvoir au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) mais aussi dans les Commission des listes et cartes (CLC) et les Commission électorale nationale locale indépendante (CELI). Qu’ils le veulent ou pas c’est quelque chose qui se fera à moins qu’ils soient décidés à mener un processus électoral unilatéral dans ce pays.  « S’ils s’entêtent c’est ça qui va les emporter définitivement », a martelé Mme ADJAMAGBO-JOHNSON.
« Produire un fichier truqué d’anomalie pour aller à des élections dont les résultats sont connus d’avance, n’est plus possible. Nous appelons les populations togolaises à rester à l’écart de tout ce qui va  se faire », a indiqué la dame de fer.
Plus loin, Mme ADJAMAGBO a appelé à une mobilisation populaire. Pour elle, ils sont dans une lutte qui ne peut être uniquement une lutte de la C14. Elle doit être une lutte de chaque citoyen, chacun à son niveau doit pouvoir apporter sa contribution. « Nous demandons aux populations de s’organiser pour se défendre, de connaitre leurs droits, parce qu’une carte électorale ne peut jamais remplacer une carte d’identité. C’est seulement dans les pays où il y a des anomalies que ces genres de choses peuvent se faire. Il faut que chacun prenne sur lui de se battre. Nous sommes déterminer à continuer cette bataille mais c’est avec les populations que nous devons la mener », a insisté la Coordinatrice.
Très optimiste à une résolution de la crise togolaise par la CEDEAO qui n’a pas le choix de faire échouer sa médiation car, pour la Coordinatrice, le Togo ne fera pas exception au règlement de crise dans la sous région uniquement pour les beaux yeux de Faure GNASSINGBE et pour les intérêts personnels de ceux des membres de sa famille de mettre en péril la paix et la sécurité dans la sous région.
« Si la CEDEAO faiblit, si elle ne se montre pas ferme envers ce régime qui est de mauvaise foi, qui  ne veut pas respecter la feuille de route, la CEDEAO met la sous région en danger. Je suis convaincue que ce sont des hommes et des femmes responsables qui dirigent cette institution. Elle saura prendre ses responsabilités », a encore souligné Mme ADJAMAGBO.
Me Dodji APEVON, le président des FDR, regrette et ne comprend pas l’indifférence des populations togolaises. Pour lui, la situation que ces populations ont vécu et qu’on dise qu’il y a un Front qui est en train de lutter pour un mieux-être et que des gens disent que « cette carte va servir à aller prendre de l’engrais ou à faire des prêts, et pour cela je vais aller m’inscrire, je dis que nous avons des problèmes au Togo », laisse-t-il éclater son amertume.
« La fraude est là. Et les Togolais doivent prendre conscience de leur état et se libérer eux-mêmes. Si le peuple n’est pas prêt à se libérer le dictateur a beau rôle et c’est connaissant la psychologie de ce peuple que ce pouvoir est encore en place. Il est tant qu’on se réveille. Parce que la libération de ce pays ne viendra que des Togolais eux-mêmes », note-t-il appelant à la résistance contre  l’oppression.
De son côté le professeur Komi WOLOU du PSR s’est adressé à la communauté internationale. « Si leur devoir c’est de nous amener aux élections à tout prix, ce n’est pas la peine puisque nous ne le ferons pas », martèle-t-il. Et de poursuivre : « Si leur objectif c’est de résoudre le problème togolais, nous pensons qu’il faut une adéquation entre les moyens et la finalité. Si vous pensez que c’est par des élections qu’on peut résoudre le problème togolais ça ne peut pas être des élections frauduleuses ».
Revenant sur la division de l’opposition, Me APEVON a indiqué que celle-ci est vraiment soudée cette fois-ci.  « Le pouvoir a toujours utilisé la division de l’opposition pour atteindre ses objectifs, mais cette fois-ci nous disons qu’ils ne trouveront plus de faille en notre sein. Parce que si c’était par le passé vous entendrez des gens dire nous on va y aller. Mais nous disons que si les élections ne sont pas bien organisées aucun de nous n’ira aux élections frauduleuses au Togo. Il faut aller à des élections qui ont un sens. Nous préférons rester dans la crise et trouver la solution demain que de nous précipiter dans n’importe quoi », conclut-il.
Le Togo est le seul pays de l’Afrique de l’ouest sans alternance démocratique depuis plus de cinq décennies. Le pays est dirigé d’une main de fer par un régime militaro-clanique à la tête duquel se trouve Faure GNASSINGBE qui a succédé à son géniteur.
L’opposition souvent très affaiblit et minée souvent par des querelles internes n’a jamais depuis bientôt trois décennies à concrétises les aspirations du peuple au changement. Mais depuis Août dernier, cette opposition a retrouvé une virginité grâce à une mobilisation populaire sans précédent dans le pays même jusqu’au Nord jusque là considéré comme fief du parti au pouvoir.
Pour résoudre la crise née de cette contestation,  la CEDEAO s’est saisie du dossier togolais et le 31 Juillet dernier,  l’organisation sous régionale a élaboré une feuille de route de sortie de crise mais le pouvoir n’a d’application à cette feuille de route que l’organisation des élections pour lesquelles, il fait tout pour que l’opposition n’y participe.
                                                    Po/14/10/18

                                                  Francine DZIDULA


                                                     E-Mail : togoscoop@gmail.com

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