DROITS DE L’HOMME : LE TOGO EPINGLE


                            Assiba JOHNSON un défenseur des droits de l'Homme arrêté

La 63ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) s’est tenue à Banjul en Gambie. Ce pays qui était avec le Togo les mauvais élèves de la sous région en matière des droits de l’Homme et de la démocratie, après le départ du dictateur Yaya Jammey, la Gambie renoue avec les bonnes pratiques. Malheureusement au moment où se tient cette session le Togo  est encore au creux de la vague. Ce qui explique que la majeure partie des décisions sont consacrées au pays de Faure GNASSINGBE.


Si le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains s’est de façon générale félicitée de l’évolution des droits de l’Homme dans certains pays sur le continent. Il a cependant déploré la dégradation de la situation au Togo depuis août 2017 avec l’arrestation des défenseurs des défenseurs des droits de l’Homme. Au cours de cette période, on assiste à la répression et au harcèlement des défenseurs des droits de l’Homme.

Depuis août 2017, 4 défenseurs des droits de l’Homme croupissent dans les prisons togolaises. Il s’agit de MM. Messenth KOKODOKO et Joseph EZA, membres du mouvement citoyen NUBUEKE,  interpellés les 19 et 26 octobre 2017 respectivement pour leur participation à l'organisation des manifestations de masse de 2017. Le 04 avril 2018, M.  Assiba JOHNSON, Président de la section togolaise du Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement, section-Togo (REJADD-Togo) a été arrêté et inculpé de diffusion de fausses nouvelles et outrage à autorité, à la suite de la publication d'un rapport préliminaire intitulé: "TOGO: Plus de 100 morts dans la répression des marches pacifiques du 19 août 2017 au 20 janvier 2018".

Nathalie EDOH EGUELI, une défenseure des droits humains dont l'organisation a travaillé avec REJADD sur le même cas a dû s'exiler pour des raisons de sécurité.

M. Folly SATCHIVI, Président du mouvement "En aucun cas", a été arrêté en août 2018, alors qu'il s'apprêtait à organiser une conférence de presse sur la feuille de route de la CEDEAO pour la gestion de la crise togolaise.

Pour exiger leur libération, conformément à la feuille de route de la CEDEAO, Nicodème HABIA, Président d'un parti politique d'opposition « Les Démocrates », a observé une grève de la faim devant l'Ambassade des États-Unis à Lomé et a poursuivi devant l'Ambassade du Ghana.

Sur le plan politique note la déclaration ROADDH, on assiste à une augmentation de la violence politique notamment au centre du pays où les populations sont soumises à un état de siège.


Face à cette situation, les défenseurs des droits de l’Homme africains demandent au gouvernement togolais de libérer les défenseurs des droits de l'homme et les opposants politiques détenus dans les prisons du pays; d’adopter une loi sur la protection des défenseurs des droits de l'homme en impliquant les organisations de la société civile.

Le gouvernement togolais est également prié de veiller au respect des directives sur la liberté de réunion et d'association en Afrique et renforcer les capacités des forces de l'ordre et des forces de sécurité en la matière; respecter le Protocole sur les élections et la démocratie en Afrique afin d'éviter une répétition des événements sanglants de 2005.

Périodiquement le Togo est épinglé en matière de respect des droits de l’Homme même si le pays a réélu au sein de la Commission des nations unies pour les droits de l’Homme.

                                  So/02/11/18

                                         Clarisse AFANOU

                                        E-Mail : togoscoop@gmail.com

Enregistrer un commentaire

1 Commentaires