OURO-DJIKPA : « LE TEMPS EST ARRIVE POUR QUE NOUS REPRENIONS LE CHEMIN DE LA MARCHE »



C’est la grande attraction de tous les samedis après midis dans le quartier Agoè. Sur la rue ORAKIS qui longe la station d’essence SOMAYAF en partant du stade de la nouvelle préfecture, plusieurs motos sont garées. Devant l’immeuble incendié à la suite de l’arrestation des imams de la ville de Sokodé, au centre du pays, il y a un an, mais aujourd'hui re-peinturé, des centaines de militants sont rassemblés. Nous sommes ici au siège du Parti national panafricain (PNP). Devant cette foule, un homme OURO-DJIKPA, le conseiller de Salifou Tikpi ATCHADAM, le président du parti. En l’absence de ce dernier, l’homme fait office de gardien du temple. Même s’il n’est pas un fin orateur comme son président, il est adulé et ses paroles valent leur pesant d'or. Dans sa traditionnelle veste noire, cravate rouge flanquée d’un cheval, l’emblème du parti, il est suivi attentivement par des militants très disciplinés.D'un côté les femmes et de l'autre les hommes.


Ce samedi, vus les derniers développements de l’actualité, l’homme est plus que attendu. Le premier sujet sur lequel il est intervenu : les marches. Sans surprise il annonce la reprise de celles-ci. Sans toutefois préciser si cette reprise sera effective dès la semaine prochaine comme l’a annoncé la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14), la principale force en lutte contre le régime cinquantenaire, OURO-DJIKPA assène dans un tonnerre d’applaudissement : « à partir de cet instant, nous sommes arrivés au point où nous sommes en train de prendre nos dispositions, nous avons compris qu’il y a une limite dans la patience, c’est pourquoi nous avons décidé  que le temps est arrivé pour que nous reprenions le chemin de la marche ». Cette marche, poursuit-il, c’est pour « balayer » ceux qui sont en face et permettre l’alternance au Togo.


« Le mouvement que nous sommes en train de relancer doit être capable de les (NDLR : les tenants du pouvoir)  mettre aussi à l’écart. La marche est destinée pour arrêter ceux là. Et au-delà d’arrêter les gens dans leur démarche folle, en même temps, c’est pour les balayer de là parce qu’ils ne sont pas capables de diriger le pays, ils n’ont pas leur place là bas », insiste-t-il.


Plus loin, le conseiller de Tikpi ATCHADAM déclare que l’horizon va s’éclaircir lorsqu’ils vont se lever car ils sont plus nombreux que ceux en face. A en croire l’ancien ingénieur, les soutiens du régime ne dépassent pas 50 000 alors que les forces démocratiques sont au nombre de  7 millions 300 mille. C’est une minorité totale. « Si la CEDEAO n’arrivait pas à les arrêter nous on va les arrêter », dit-il. 


Ainsi donc le PNP qui s’est désolidarisé des dernières marches de la C14 estimant donner une chance à la facilitation est en train de sonner le tocsin de la reprise de la marche. C’est la preuve que la facilitation n’a pas réussi à régler le problème togolais. On est aujourd’hui à la case départ avec le pouvoir qui organise des élections à pas de charge. Le texte de modification de la constitution qui doit être adopté au plus tard le 30 novembre prochain n’est pas n’est pas consensuel. Et il y a de forte chance que l’opposition parlementaire ne s’y associe pas à son adoption, ce qui obligera le pouvoir à recourir au référendum comme il l’a toujours brandit. C’est dire que la crise est toujours devant nous.

                                    
                                          
                                        Po/09/11/18







                                         Francine DZIDULA







                                        E-Mail : togoscoop@gmail.com


                                                                                                     (Crédit photos: le parti PNP)

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