REFORMES : UN COUP DE FORCE EN PERSPECTIVE DEMAIN A L’ASSEMBLEE NATIONALE




Ce 30 novembre, conformément à la feuille de route de la CEDEAO, est le dernier délai pour la mise en œuvre des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Voie parlementaire privilégiée, les députés n’ont pas réussi à accorder leur violon sur le texte à envoyer à la plénière lors des différentes séances d’étude du projet à la Commission des Lois de l’Assemblée nationale. 


Face à une opposition qui ne jure que par le texte de l’expert constitutionnaliste Alioune Badara FALL recruté par la CEDEAO, la majorité ne l’entend pas ainsi car elle aussi a son texte qu’il veut faire passer à tout prix. Chacun s’arc-boutant derrière sa position, il est difficile de parvenir à un consensus. Conséquence, les députés se retrouvent avec deux textes inconciliables. Et donc les différentes séances convoquées sur l’étude du projet de modification constitutionnelle se sont toujours terminées en queue de poisson. 


Le vice-président de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, membre du principal parti de l’opposition, Me Ruben Adama DOE-BRUCE, a dénoncé ce matin chez nos confrères de Radio Victoire ce qu’il qualifie du gouvernement qui « se foutre de la CEDEAO ».


Sans adoption d’un texte à la Commission des Lois, le bureau de l’Assemblée nationale s’apprête à envoyer demain la nouvelle mouture du texte du gouvernement à la plénière qui, selon l’opposition n’est ni celui de l’expert de la CEDEAO ni la première version du gouvernement. C’est dans ce sens qu’un communiqué a été envoyé à tous les députés de UNIR à « prendre part à la séance plénière de ce 30 novembre 2018 à 9h00 sur l’adoption du projet de loi de réforme constitutionnelle ». Le texte signé du président du groupe parlementaire UNIR exige la présence de tous les députés du parti. Il demande expressément à tous les députés qui sont à l’intérieur du pays de regagner Lomé. 


Ce communiqué du parti au pouvoir à ses élus a été confirmé par un autre du président de l’Assemblée nationale qui a convoqué la plénière sur demain 30 novembre à 9h 00. Comme on le voit UNIR qui est coutumière des coups de force s’apprête de nouveau à perpétrer un autre coup de force contre les réformes. Mais cette fois-ci ce n’est pas sûr que ce coup passera. Car il est inconcevable que ce peuple qui est debout depuis plusieurs mois en réclamant des réformes accepte d’être une nouvelle fois berné par ce pouvoir cinquantenaire. D’ailleurs, le contexte régional vu l’implication  de  la CEDEAO ne s’y prête pas. Soit le parti au pouvoir accepte de foncer tête baissée en ayant à dos la communauté internationale contre lui, soit il retrouve la lumière de Damas et fait les choses comme elles se doivent en préservant la paix et la cohésion nationale. 


De toutes les façons, au cours du meeting ayant sanctionné la marche de ce jour, le député Jean KISSI voyant le coup venir a appelé la population « prochainement s’ils nous convoquent encore à la plénière sans le texte de la CEDEAO il faut que tout le peuple togolais se rassemble devant l’Assemblée nationale pour exiger les réformes préconisées par la CEDEAO », a-t-il déclaré.









                                Po/24/11/18







                                         Francine DZIDULA







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