LEGISLATIVES 2018 : LES TOGOLAIS ONT BOUDE LES URNES




Le mot d’ordre de boycott des élections législatives lancé par la Coalition des 14 partis de l’opposition a été largement suivi dans la capitale Lomé, à la mi-journée. C’est le constat qu’a fait notre reporter qui a sillonné plusieurs bureaux de vote de Lomé.


Un peu plus de 3 millions de Togolais sont  appelés aux urnes pour élire les 91 députés de l’Assemblée nationale. Une élection qui se déroule dans une ambiance toute particulière après plus d’un an de crise politique. L’opposition regroupée au sein des 14 partis politiques de l’opposition, a appelé ses militants à tout faire pour empêcher l’élection.


Même si à la mi-journée aucun incident majeur n’a été signalé. Il est évident que les Togolais ont boudé les urnes.


Que ce soit dans les centres de vote de Bè-Klikamé, Aflao-Gakli, Djidjolé, Batomé, Nyekonakpoè, Protestant, Avenou, Tokoin Tamé, que notre reporter a sillonné ce matin le constat est le même. Pas d’affluence devant le bureau de vote. Les délégués dans les bureaux de vote cherchaient désespérément des électeurs des électeurs.


Selon les informations qui nous viennent des autres villes de l’intérieur du pays, le constat est le même. Aného, Tsévié, Sokodé, Kpalimé où une urne a été incendiée, les électeurs ont marqué leur désaveu à ce scrutin sans les réformes. A Kparatao, les habitants de la ville, malgré l’appel du chef canton, ont préféré fuir la ville pour se refugier dans la brousse avant le début du scrutin. 


La population togolaise, globalement, a ainsi suivi non seulement l’appel de l’opposition mais aussi  de la société civile notamment les églises et les leaders musulmans qui ont appelé le pouvoir à suspendre le processus électoral.


« Vous voyez les bureaux de vote ? Depuis que moi je vote je n’ai jamais vu ça. Non seulement les électeurs ne sont pas sortis voter. Ils se sont terrés chez eux on dirait qu’ils observent une opération Togo mort », a confié un électeur qui est venu voir ce qui se passe dans les bureaux de vote.


Effectivement, les principales villes du pays sont désertes.  La circulation est réduite à son strict maximum. Le communiqué du ministère de la sécurité interdisant la circulation inter-urbaine n’a fait que renforcer « la ville morte ». L’ayant certainement constaté qu’ils n’ont pas besoin d’une telle mesure pour une élection dans un pays normal, le ministère est revenu sur son communiqué autorisant la communication à l’intérieur des villes.


A la mi-journée, aucun chiffre n’est disponible. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a communiqué aucun chiffre sur le taux de participation qui selon plusieurs sources tournerait autour de 15 à 20% à Lomé.


En ville, le dispositif sécuritaire est impressionnant. Une forte présence sécuritaire est visible à divers endroits de la capitale. Les bureaux de vote sont quant à eux sécurisés par les 8000 éléments de la Force sécurité élections mise en place par le gouvernement en octobre dernier.


Notons que 850 candidats avec 130 listes se sont présentés à cette élection qui en l’absence de l’opposition est sans enjeux. La CENI a six jours pour publier les résultats et les transmettre à la Cour constitutionnelle. Les premières tendances pourraient être connues dès ce soir à la fermeture des bureaux de vote à 16h GMT.





Po/07/12/18







 Francine DZIDULA







scoopinfotg@gmail.com

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