LEGISLATIVES : « INQUIETES » LES EGLISES PRESBYTERIENNE ET METHODISTE DEMANDENT UN REPORT



Au moment où la campagne électorale vient de démarrer, les Eglises du Togo croient toujours qu’il est encore possible « au nom de la primauté de la paix » de suspendre le processus en cours. C’est le sens de l’appel que viennent de lancer l’église évangélique presbytérienne du Togo (EEPT) et l’église méthodiste du Togo (EMT).


Dans un message pastoral conjoint, l’EEPT et EMT déplorent les conditions non consensuelles dans lesquelles le peuple est appelé à s’engager dans un nouveau processus électoral.


Pour les deux églises, le climat  de tension et d’inquiétude qui semble régner en ces moments doit interpeller toute la classe politique togolaise sans exception sur le risque d’exacerbation de la crise sociopolitique et d’une nouvelle dégradation du tissu social.


Ces voix morales de la société togolaise en veulent pour preuve la manière dont les réformes institutionnelle, constitutionnelle et électorale sont menées. Pour les Eglises, les réformes d’une part n’ont pas été faites, et d’autre part la révision du fichier électoral a été faite par la CENI sans la  « participation inclusive » de l’ensemble de se acteurs.


« Tous les Togolais le savent et tous ceux qui connaissent le problème togolais le savent, nous connaissons l’histoire électorale de notre pays ; nous avons peur que les mêmes causes ne produisent des situations invivables aux Togolais c’est notre inquiétude et notre peur », a déclaré le Révérend pasteur Daniel Mawussi AKOTIA.


L’EEPT et l’EMT, « au nom de la primauté de la paix », appellent les autorités compétentes à privilégier la recherche de solutions consensuelles et durables de la crise actuelle, et à repousser de quelques mois les élections législatives prévues le 20décembre ; si elle était prise une telle décision ne devrait pas être interprétée comme un signe d’une quelconque faiblesse mais plutôt comme une preuve d’amour pour le peuple et une manifestation du sens de la responsabilité de ceux-là qui sont aux affaires.

« Le report de quelques mois c’est à titre indicatif, si c’est dans quelques mois les réformes ne sont pas faites on peut encore demander jusqu’à ce que ces réformes soient faites », a encore indiqué le pasteur AKOTIA. 


S’agissant du processus électoral, des voix et non des moindres se sont levées pour réclamer un report du scrutin mais le pouvoir rechigne à attendre raison. Pour le gouvernement la date du 20 décembre est fixée par la CEDEAO et il ne pourra pas y dérober à moins que l’institution régionale l’exige.


Ce n’est pas la première fois que le régime fait la sourde oreille quant aux signaux qui viennent pour demander un report du scrutin. En 2005, le clergé appuyé par le barreau de Lomé avait organisé une marche sur Lomé 2, la résidence présidentielle pour exiger le report de la présidentielle de cette année là à la suite du décès du président Eyadema. Cette marche avait été précédée par la démission et l’appel du ministre de l’Administration territoriale d’alors Esso Akila BOKO qui avait demandé une suspension du processus électoral. Son appel avait été traité « d’irresponsable » par le Ministre des affaires Etrangères du Niger Mme Midaoudou Aïchatou.  La suite tout le monde le connait : plus de 500 morts selon les Nations Unies.




                                       Po/25/11/18















                                         Francine DZIDULA















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