Risque de recul de la Liberté au Togo : Le ministre BOUKPESSI interdit une conférence de presse du Mouvement « Forces vives »



                         Ministre de l'Administration territoriale, Payadowa BOUKPESSI

Beaucoup d’observateurs de la vie politique du Togo tablaient sur une probable restriction des libertés publiques et particulièrement des libertés de manifestation au lendemain du 20 décembre, date de l’organisation des élections législatives dans ce petit pays de l’Afrique de l’ouest. Leurs prédictions sont en train de se réaliser.


En effet, le ministre de l’Administration territoriale, Payadowa BOUKPESSI vient de faire la démonstration en interdisant la première  conférence de presse d’une organisation de la société civile qui défendait les réformes avant les élections.   « Les Forces vives », mouvement de la société civile dirigé par le Père Charnel AFFOGNON et qui regroupe plusieurs associations en son sein a prévu organiser ce 24 décembre une conférence de presse au CESAL de Tokoin pour donner sa position sur la « nouvelle tournure par une parodie d’élection qualifiée de démocratique en violation des principes démocratiques ».


Mais pour le Ministre de l’administration territoriale, Payadowa BOUKPESSI, cette conférence de presse ne devra pas avoir lieu. Raison évoquée: son ministère n’a pas reçu une déclaration des organisateurs l’informant de la tenue de cette conférence. Et pour donner une base juridique à son interdiction, le natif de la Binah cite  la Loi sur les manifestations publiques communément appelé la Loi Bodjona. Selon le ministre, « les réunions dans les lieux privées doivent être déclarées au ministère de l’administration territoriale, par écrit avant la tenue desdites réunions ».


Or, seul le ministre a cette compréhension de la loi qui demande d’informer l’autorité avant la tenue d’une manifestation se tenant dans un lieu privé. Puisque cette loi dit clairement en son article 1er alinéa 2 que « cette loi ne s’applique pas aux réunions et manifestations privées, aux réunions et manifestations  se déroulant à l’occasion des campagnes électorales, aux attroupements et aux manifestations spontanées ». Par ailleurs, l’article 6 de la même loi dit que « les réunions et les manifestations pacifiques publiques organisées dans des lieux sont libres ». 


A la suite de cette intervention du ministre, les critiques fusent sur réseaux sociaux. Des citoyens déplorent cette dérive liberticide et se demandent si on ne va pas leur exiger une demande avant de faire l’amour avec leurs  partenaires dans leurs chambres. Et pour couronner le tout des parodies de lettres sont adressées au natif de Binah.


« Mr le ministre, je viens par cette note vous informer, comme la loi le demande, que ma femme et moi, avons une réunion nocturne sur notre lit conjugal dans la nuit du 24 décembre », écrit un internaute. Un autrede répliquer  « Sa majesté, conformément à la Loi Bodjona, je vous informe que le 25 décembre étant un jour de fête, je me retrouverai au bar la Pay pour boire … ». 


Ce n’est pas la première fois que les autorités togolaises interdisent une réunion qui se tient dans un cadre privé. Il y a quelques mois, une réunion du Front citoyen Togo debout,au Centre communautaire de Bè, avait essuyé le même refus de la part du ministre de la sécurité qui a déployé un fort détachement de militaire pour empêcher l’entrée au lieu. 


Risque-t-on d’assister à la même scène ce 24 décembre ? A-t-on besoin de telle mesure si tant est qu’on a  réellement organisé des élections démocratiques ? Pourquoi ne pas laisser ceux qui pensent le contraire s’exprimer. La liberté d’expression n’est-elle pas le fondement de la démocratie ?





Po/09/12/18







 Francine DZIDULA







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