Ultime séance des députés de la 5ème législature/ l’opposition a brillé par son absence

                                         Les sièges des députés de l'opposition

Après les législatives du 20 décembre dernier, il est évident de l’actuelle législature tire vers sa fin. C’est ainsi que les députés ont été convoqués ce matin pour la dernière session de la législature. Ce dernier acte de la législature est consacré  à l’étude de la loi modifiant la loi N°2017-008 du 29 juin 2017 portant création des communes au Togo.

Dans l’hémicycle ce matin l’ambiance est particulière car tous les députés sont déjà fixés sur leur sort. Si certains à l’instar du président du parlement Dama DRAMANI et le président du groupe parlementaire UNIR, Christophe TCHAO  savent qu’ils ne retrouveront plus leur siège de député, d’autres, une minorité, comme Yawa TSEGAN ou Ibrahima MEIMOUNATOU, ont réussi à sauver leur siège. Du côté de l’opposition, la situation est tout autre. Ces derniers ne se sont pas présentés à ce scrutin répondant ainsi au mot d’ordre de boycott lancé par la Coalition des 14 partis. Pour  cette session, ce mot d’ordre a été encore reconduit. Aucun des élus de l’opposition ne s’est présenté à cette dernière session. 

En clair, c’est une session d’adieu sans une partie des élus, l’opposition.
Elu à la tête de ce parlement durant plus de cinq année, le président DRAMANI qui ne s’est plus présenté aux législatives a reçu un hommage de la part de ces collègues.

Par la voix de son président, Christophe TCHAO, le groupe parlement UNIR, a félicité le président de l’Assemblée nationale pour la dextérité et la sagesse avec lesquelles il a dirigé les travaux de cette cinquième législature qui a débuté en 2013. « Vous vous êtes institué en bon père de famille. Nous avons connu des travaux extrêmement importants, nous avons eu des succès importants et de l’extérieur beaucoup de personnes apprécient ce que nous avons fait. Nous avons eu avec vous de bénéficier des avantages liés à notre fonction et cela restera gravé dans l’histoire de notre législature », a déclaré le natif de Sotouboua. Il a ensuite prié le président d’accepté toutes les erreurs, toutes les dérapages que cette législature a connue. 

Même absents, les députés de l’opposition, ont droit à des mots de remerciement de la part de l’ancien ministre des Sports. « Chacun de nous a contribué de façon efficace et responsable à l’avancée de nos travaux parlementaires. Nous aurions souhaité que cette législature s’achève sur une bonne note malheureusement ça n’a pas été le cas », déclare-t-il tout en notant qu’ils ont eu à travailler avec les élus de l’opposition dans la fraternité et la sincérité. 

De son côté, le président DRAMANI qui, pour une dernière fois, a présidé les travaux parlementaire,  a adressé ses compliments amicaux et ses sincères remerciements à ces collègues et salué l’important travail législatif réalisé avec dévouement et engagement citoyen par les présidents des commissions et les membres des commissions.


                                                         Le président Dama DRAMANI, président de l'Assemblée nationale

Il a ensuite félicité les  présidents des groupes parlementaires pour l’effort de dialogue qu’ils ont déployé pour réaliser, par moment, des compromis nécessaires au déroulement consensuel des travaux parlementaires.

« Il faut l’admettre. Nous n’avons pas réussi à jouer jusqu’au bout, avec patriotisme le rôle essentiel qui est le nôtre pour le renforcement de la démocratie dans notre pays, à savoir la  partition qui découle du mandat à nous, confié par les populations à travers leurs suffrages », admet-il.

« Nous avons été rattrapés par les démons de la politique politicienne, chacun appelé par les circonstances à défendre becs et ongles sa chapelle. Aurions-nous pu faire autrement ? Ma réponse est NON », a indiqué DRAMANI.

Cette cinquième législature, constate-t-il, aura été une étape particulièrement atypique de la vie de la IVème République. Elle est atypique non seulement par sa configuration et le rôle dans l’échiquier politique national de plusieurs des femmes et des hommes qui la composent, mais aussi par le contexte socio-politique agité et délétère dans lequel elle a évolué cinq années durant.

Aussi, à l’hémicycle, le débat politicien sur fond d’ambition pour le pouvoir a-t-il relégué au second plan, éclipsé le débat parlementaire démocratique et républicain pour le renforcement de la démocratie et la consolidation de l’Etat de droit dans notre pays.

Dans ces conditions, les réformes n’ont pas pu être opérées au cours de cette mandature. « Il faut espérer qu’à l’avenir la donne change au parlement pour voir s’opérer par voie parlementaire les réformes politiques et institutionnelles acceptées et souhaitées par tous », espère DRAMANI.

Notons que cette législature a été marquée par onze (11) sessions ordinaires, douze (12) sessions extraordinaires et cent quarante-six (146) séances plénières consacrées à des discussions législatives, aux questions au gouvernement, aux recommandations du gouvernement, aux communications du gouvernement et à des nominations.

Cent dix-sept (117) lois ont été votées par l’Assemblée nationale, les lois de finances et les lois de règlements, le code des douanes, la loi portant liberté d’accès à l’information et à la documentation, la loi anti-corruption, la loi  portant code foncier et domanial. Cette législature a aussi été marquée par la construction d’un nouveau siège pour le parlement.

Elu le 25 juillet 2013, le mandat de l’actuelle législature est arrivé à son terme le 19 août dernier.  Mais il a été prorogé, conformément à l’article 52 de la Constitution, jusqu’à la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale.

Cette dernière sera installée à sa première séance plénière de la session de droit, le deuxième mardi après la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle.


Po/13/12/18



 Francine DZIDULA



scoopinfotg@gmail.com

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