DIPLOMATIE : FAURE GNASSINGBE FAIT LE BILAN D’UN AN DE PRESIDENCE A LA TETE DE LA CEDEAO MAIS OUBLIE DE FAIRE LE BILAN DE 14 ANS A LA TETE DU TOGO.


               Faure GNASSINGBE passant le témoin à Muhamed BUHARI à la tête de la CEDEAO


Le 4 juin 2017, à Monrovia, lors du 51ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, a été élu par ses pairs à la tête de la communauté régionale. Au cours de cette présidence togolaise qui a duré jusqu’au 31 juillet 2018 où le N°1 togolais a passé le témoin à son homologue nigérian, Muhamed BUHARI, plusieurs actions sont à mettre à l’actif du « jeune doyen des chefs d’Etat » de la CEDEAO. Un ouvrage bilan immortalisant ces actions a été rendu public hier à Lomé par le chef de la diplomatie togolaise, Robert DUSSEY.



UNE INNOVATION MAIS…



C’est un ouvrant documenté de 61 pages préfacé par le ministre togolais des Affaires étrangères et dont les grands traits sont « Engagement pour la poursuite du processus de réformes institutionnelles de la CEDEAO », « la quête de la paix et de la stabilité de la sous région », « l’intégration au cœur du mandat du Togo à la tête de la CEDEAO ». C’est la première fois dans la vie d’une institution sous régionale africaine que le bilan de la présidence tournante soit ainsi matérialisé. Si on peut se réjouir de cette innovation à mettre à l’actif du Togo, elle n’est pas sans interrogation. Pour les Togolais, ce bilan est la preuve que leurs dirigeants savent ce qui est bien pour leur peuple  mais rechignent à le faire. Leur désir est que ce qu’ils font pour l’extérieur, ils puissent le faire à l’interne notamment un bilan des 14 ans de présidence de Faure Gnassingbé à la tête du pays.



En élisant Faure GNASSINGBE à la tête du Togo, le peuple togolais ne lui avait pas prioritairement donné mandat d’aller se faire élire à la tête de la CEDEAO. Mais s’il s’est fait élire à la tête de la Communauté et sait qu’on doit faire un bilan en fin de mandat de ces activités à la tête de cette communauté, il doit savoir également que ceci l’est davantage à l’interne.



Mais voilà quelqu’un qui est élu à la tête du Togo depuis plus de 14 ans et il n’a jamais fait un bilan de sa gestion du pays alors que la Constitution togolaise en son article 74 alinéa 2 dispose que « Le Président de la République s’adresse une fois l’an au Parlement sur l’état de la nation ».  Il  ne s’est jamais plié à cette obligation de bilan annuel à la tête du pays mais pour les 15, il innove alors que là rien ne l’y oblige. C’est la preuve qu’on est prompt à soigner son image à l’extérieur mais qu’on s’en fou éperdument des Togolais car sachant qu’on ne compte pas sur leur voix pour être élu. Sinon, c’est au Togolais en premier Faure Gnassingbé doit des comptes.



En outre, la même Constitution en son article 145, fait obligation au Président de la République, au gouvernement et aux directeurs des entreprises publiques de déclarer leurs biens au début et à la fin de leur mandat ou fonction. Mais aucune autorité togolaise ne s’est pliée à cette injonction constitutionnelle.



DES REFORMES S’IMPOSENT A L’INTERNE



En plus l’actuel chef de l’Etat togolais a déjà bouclé deux mandats de cinq ans à la tête du pays. Jamais à la fin de chacun de ses mandats il n’a produit aucun  bilan de ce qu’il a promis et ce qui a été réalisé. D’ailleurs son programme de société sur lequel il a mené campagne en 2005 et sur lequel il peut être jugé a été retiré du circuit.



A défaut d’un bilan en bonne et due forme, le chef de l’Etat peut se plier à une séance d’interview devant la presse mais là aussi il ne l’a jamais fait.



Alors comment peut-on expliquer qu’un président de la République qui, pour son mandat d’un an à la tête de la CEDEAO, fait des questions de réformes institutionnelles sa priorité au point qu’elles  figurent  en première position des actions à mener au cours du mandat mais qui, durant plus de 10 ans, est incapable de mettre en œuvre des réformes politiques que son camp a librement consentie dans son pays en signant en 2006 un Accord politique global (APG). Lequel accord a donné à son régime un caractère fréquentable puisque venu dans un bain de sang. Et depuis, il use du dilatoire et de la mauvaise foi pour ne pas appliquer ledit accord même sa présidence à la tête de la CEDEAO, et la garantie de la Communauté à mener ses réformes avant les élections n’ont été qu’un marché de dupe.  Conséquence le Togo est aujourd’hui le seul pays de la CEDEAO qui vit sous un régime monarchique sans limitation de mandat, sans scrutin à deux tours pour les élections et où tous les pouvoirs sont concentrés  dans les mains d’un seul clan depuis plus de cinq décennies.



En faisant de son cheval de bataille au cours de son mandat la question des réformes au niveau de la CEDEAO, c’est dire que ce régime sait pertinemment que les réformes sont l’essence même de la vitalité d’une société en mutation. En refusant de faire ces réformes chez soit, il sait que les faire, ces réformes seraient  synonymes de scier la branche sur laquelle on est assis. Voilà pourquoi, le Togo est le chantre de toutes les réformes à l’exception des réformes politiques.



Mais ce qui est sûr, qu’on le veule ou pas, ces réformes s’imposent pour la société togolaise. Elles sont un mal nécessaire pour le décollage de notre société.


C’est en cela on ne doit pas faire son économie. Il faut la même célérité avec laquelle on a mené ces réformes à la tête de la CEDEAO et publié son bilan six mois après transféré le pouvoir au Nigeria, faire ses réformes également au Togo. C’est en cela que les générations futures diront un jour « au moins il a fait ça ».



 Po/05/02/19















 Francine DZIDULA













 scoopinfotg@gmail.com


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