TOGO : Me BOKO PERSONA NON GRATA DANS SON PROPRE PAYS





L’ancien ministre de la sécurité, Me François Akila-Esso BOKO, devrait mettre fin ce jour à 14 ans d’exile en France. Mais contre toute attente et malgré toutes les garanties données par les autorités togolaises aux partenaires qui ont négocié ce retour, le fils du pays a été empêché de fouler le sol natal.

L’ancien officier reconverti avocat devrait rentrer ce jeudi à Lomé sous le coup de 17h 45 à bord du vol régulier d’Air France en provenance de Roissy avec escale à Abidjan pour défier le fils d’Eyadema dans les urnes l’année prochaine. Sur la route menant au palais de Kégué, il faut résider sur le territoire national au moins un an avant le scrutin. En effet, la constitution togolaise fait obligation tout candidat à la magistrature suprême de résider sur le territoire national au moins un an avant la tenue du scrutin. Si officiellement aucune date n’est encore fixée pour cette élection, de toute évidence on sait qu’elle aura lieu en février ou mars. 

Ce jeudi matin, Me BOKO s’est rendu à l’aéroport de Roissy en France muni de son passeport français, il n’a pas pu obtenir le passeport togolais. En revanche, il a obtenu une copie d'acte de naissance ainsi qu'un duplicata de certificat de nationalité, réclamé depuis des mois, afin de pouvoir faire établir, par l'ambassade à Paris, un nouveau passeport togolais. Coup de théâtre à l’aéroport, malgré les multiples garanties données par les autorités, l’ancien ministre ne pourra pas monter à bord de l’avion. L’accès au vol d’Air France a été refusé au Saint-Cyrien sous prétexte, selon une source proche de l’intéressé que les autorités togolaises auraient refusé l’atterrissage de l’avion avec BOKO à son bord.

Officiellement, le président Faure GNASSINGBE, n'a rien contre le retour de son ancien collègue au gouvernement de son défunt père. En tout cas, c’est ce qu’il a assuré aux mandatés de l’avocat franco-togolais qui étaient venus le rencontrer pour préparer son retour. 

Mais à l’évidence, le pouvoir opte pour la stratégie d’enlisement : feindre d'avaliser le scénario du retour, et, dans l'ombre, s'échiner à le saborder. C’est ce que feint dire le chef de l’Etat lorsqu’il glisse dans les oreilles d’un des mandataires de l’avocat BOKO « Ce n'est pas aussi simple que ça. Vous recevrez sous peu de nouvelles informations ». Et bien, ces informations sont venues ce jour par l’interdictionfaite à BOKO de rentrer au pays. Ainsi donc pour des raisons politiques, et au mépris des lois du pays qui disposent qu’on ne peut interdire à un citoyen togolais de rentrer chez lui au même titre que le Togo ne doit extrader un de ces citoyens pour être juger à l’extérieur, on interdit à un citoyen togolais de rentrer chez lui parce que ce dernier nourrit des ambitions pour son pays. 

 De fait, il y a quelques jours, un envoyé du chef de l'État est dépêché  à Paris avec un  message : « Le patron ne juge pas ce come-back souhaitable ». En clair, il y a de la duplicité dans l'air. Quant à l'accord de principe de Faure GNASSINGBE, il a du plomb dans l'aile. 

Une certitude : Faure compte bien prolonger  l'an prochain un nouveau bail ; et il n'a aucune envie de voir surgir dans l'arène un trublion susceptible de lui disputer l'électorat nordiste. Pour l'anecdote, huit kilomètres à peine séparent Kara, son fief familial, de Tchitchao, le village natal du rival putatif. Si certains analystes fantasment sur un rapprochement de ces deux figures d'ethnie kabyé, voire sur une paix des braves et l'émergence d'un "ticket" qui propulserait Boko à la primature, le montage ne tient pas la piste. « On en est très très loin », commente-t-on sobrement à Paris. 

A défaut de prendre le risque de l’interpeller à sa descente d’avion,  comme le susurre ces derniers jours les journaux proches du pouvoir pour « désertion de l’armée », le pouvoir a opté de lui interdire tout simple de fouler le territoire togolais quitte à susciter le courroux de ces partenaires à qui garantie avait été donnée.
  
Po/07/03/19


Francine DZIDULA


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