LE CAR POSE SES CONDITIONS POUR RETOURNER A LA C14


                                                                     Yawovi AGBOYIBO, président du CAR



Principal regroupement de l’opposition qui a fait trembler le pouvoir de Lomé dans le courant du mois de septembre 2017, la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14) est dans l’impasse. Plusieurs partis membres du regroupement l’ont quitté ou suspendu leur participation après les législatives de décembre 2018. Le Comité d’action pour le renouveau (CAR), le parti de Me Apollinaire Yawovi Madji AGBOYIBO qui a aussi suspendu sa participation à la C14, pense y retourner mais à certaines conditions. 


Au cours d’une conférence de presse tenue à son siège à Lomé, le CAR, a formulé des propositions en ce qui concerne l’organisation de cette Coalition. Ainsi, le parti de Me AGBOYIBO fidèle à sa politique de non violence propose que la Coalition se fixe une orientation politique caractérisée par le recours aux pressions couplées  avec le dialogue, en vue d’amener le régime à concéder aux réformes nécessaires à la suppression des obstacles à l’alternance par voie démocratique. Il demande que le réformes et leur exécution se fassent conformément au  principe de consensus prescrit par l’Accord politique global (APG) à des fins de promotion de l’Unité nationale.


S’agissant des prochaines échéances électorales, au CAR, on estime que la conclusion des alliances pour les locales en vue, sera la meilleure option à envisager. Celle-ci se fera en deux étapes à savoir : d’une part, l’ouverture des discussions bilatérales entre les parties membres de la Coalition, pour les concessions qu’ils sont disposées à s’accorder et d’autre part, par une plénière au cours de laquelle les partis membres auront à confirmer les concessions accordées et à en dresser un procès-verbal de synthèse à signer. Cette même procédure sera également appliquée à l’élection présidentielle de 2020, avec la particularité que chaque membre jouisse, dans le cadre d’un scrutin à deux tours à rétablir, de la liberté de voir un candidat de son choix au premier tour, et s’engage à apporter son soutien au candidat d’un allié qui viendrait à être retenu pour le second tour.
 

Tirant les leçons de l’échec de la contestation menée depuis août 2017 par la population togolaise, le CAR estime que cette lutte a échoué parce que la méthode qui a fait ses preuves par le passée et consistant à recourir aux pressions populaires avec l’objectif d’amener le régime à concéder les réformes n’a pas été explorée. Tout en accordant une place de premier ordre aux pressions populaires dans un programme d’action, le CAR doute en revanche de la rationalité de leur exploitation à des fins de règlement de la question du pouvoir dans la rue. 


Po/17/04/19

Francine DZIDULA
togoscoop@gmail.com

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