MARCHE DU 13 AVRIL : REACTION DU PNP ET DU GOUVERNEMENT


                       Le corps d'une victime à Bafilo



Le  Parti nationaliste panafricain (PNP) avait appelé ses militants à une marche ce 13 avril. Dans un échange de courrier avec le parti, le ministre de l’Administration territoriale n’avait autorisé la marche que dans trois localités sur la dizaine projetée arguant du manque d’effectif. C’est ainsi qu’à divers endroits du territoire national, on a assisté à des incidents avec à la clé un mort à Bafilo.  


Dans un communiqué, le PNP condamne avec « la dernière énergie » la violation de la liberté de manifestation et autres droits de l’homme et les libertés publiques. Il paraît superfétatoire, poursuit le communiqué, que le Gouvernement togolais prétexte de l’insuffisance d’effectifs pour encadrer les manifestations, et au même moment déploie un arsenal de forces de l’ordre et l’armée pour réprimer les mêmes manifestations.


À travers le pays, note le communiqué, des lieux indiqués pour le départ et l’aboutissement des marches ont été investis par des militaires, et les environs quadrillés par leur soin. 


Le parti confirme le bilan d’un mort à Bafilo en la personne de Ziedhine Traoré, militant PNP, « battu à mort par des militaires », des  dizaines de blessés de même que des arrestations.


Dans l’après-midi de ce 13 avril, la résidence de  Tikpi Atchadam, le Président du PNP, a été vandalisée par des militaires. Trois jeunes chargés de la sécurité à son domicile (les sieurs Moumouni Ganiou, Ali Sadikou et Kpamkpama Ilyassou) ont été enlevés et conduits vers une destination jusqu’ici inconnue.


Le PNP condamne ces violations et prend à témoin les organisations sous-régionales, régionales, ainsi que les instances internationales et les organisations des droits de l’Homme sur la situation qui prévaut au Togo. Le PNP exhorte le peuple togolais à rester vigilant et à ne pas renoncer à « son objectif noble de libération du Togo du joug du régime dictatorial cinquantenaire ».


De son côté, le gouvernement dans un communiqué, estime que les manifestations de ce 13 avril, se sont faites au mépris total des recommandations faites non seulement dans les villes mais aussi dans les localités qui n’étaient pas concernés. Des actes de violences et des barricades ont été enregistrées à Lomé et à Sokodé. De plus des manifestants ont perturbé le tour cycliste du Togo au niveau de Sokodé en lançant des projectiles aux éléments de tête qui venaient de Kara en se rendant à Tchamba. Par ailleurs, poursuit le communiqué du gouvernement, à Bafilo où la manifestation n’était pas recommandée, un regroupement de manifestants a été dispersé par les forces de l’ordre. Au cours de la dispersion un manifestant est tombé et a été aussitôt évacué au centre hospitalier préfectoral par les forces de l’ordre où il a malheureusement succombé quelques instants plus tard.


Le ministre, continue le communiqué, déplore cet incident et présente au nom du gouvernement ses condoléances à la famille éplorée et exprime ses regrets aux autres usagers de la route.


Il porte à la connaissance de la population que le président du tribunal de Bafilo a requis un médecin légiste pour déterminer les causes réelles  de ce décès. Il rappelle aux organisateurs de ces manifestations au strict respect des lois et règlements en vigueur et à faire preuve de civisme.


Notons que cette manifestation à caractère national du PNP avait pour but de réclamer le retour de la Constitution de 1992, le vote de la diaspora et la limitation de mandat présidentiel.


Po/13/04/19

Francine DZIDULA

togoscoop@gmail.com


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