LOCALES 2019 : FOLI SATCHIVI DEMANDE UNE DEROGATION POUR ALLER SE FAIRE ENROLER


                                              Foli SATCHIVI, porte parole du Mouvement "En aucun cas"



Il n’était pas encore né quand les dernières élections locales ont été organisées dans son pays, le Togo. Et depuis, il a grandi et est devenu un jeune acteur clé de la société civile et activiste des droits de l’Homme et particulièrement des droits de l’étudiant togolais. Son engagement lui a valu d’être embastillé depuis août 2018 à la prison civile de Lomé. Il s’agit bien évidemment de Foly SATCHIVI, le premier porte-parole du « Mouvement en aucun » et président de la Ligue togolaise des droits de l’étudiant  (LTDE). Il est décidé à participer à la première élection locale de l’ère démocratique du Togo. Il vient de saisir le ministre de la justice pour qu’une dérogation lui soit accordée pour se faire établir une carte d’électeur vu qu’il n’a pas été déchu de ses droits civiques et politiques.


Considérant que la démocratie et l'état de droit ne sauraient s'arrêter aux portes de la prison, écrit-il au ministre de la Justice et surtout qu'il « n'a jamais été déchu de mes droits civiques et politiques, je viens, par la présente vous faire part de mon intention de participer à ces opérations et vous prier de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que je puisse exercer convenablement mon droit constitutionnel de vote ».


L’activiste des droits de l’Homme qui veut se faire enrôler dans la commune de Lomé plus précisément dans le quartier de Bè-Kpota, -là où il y a environ un an, il a été arrêté-, demande une dérogation du ministre pour se faire accompagner d’une escorte pour accomplir ce devoir civique.


Le ministre de la Justice a 72 h pour accéder à cette requête du jeune SATCHIVI. D’autant plus que la révision de la liste électorale débute  demain et pour 72h.


Notons que depuis son incarcération et sa condamnation des activistes panafricains à l’instar de Claudy Siar avaient saisi le chef de l’Etat pour qu’il accorde sa clémence au premier porte-parole du Mouvment "En aucun cas" mais ces différents appels n’ont pas été entendus. Pas si sûr que cette lettre recevra un écho favorable.


Notons que les dernières élections locales au Togo ont été organisées en… 1987. Il y a presque 30 ans. Depuis, aucun scrutin de ce type n’a pu être organisé pour respecter l’article 141 de la Constitution de 1992 qui indique que la République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de la décentralisation dans le respect de l’unité nationale. Le texte précise que ces collectivités s’administrent librement par des conseils élus au suffrage universel, dans les conditions prévues par la loi.


Or la fin du mandat des élus locaux de 1987, cinq ans plus tard, a coïncidé avec l’instabilité politique des années 1990. Puis, la suspension de la coopération du Togo avec les partenaires en développement, en 1993, a privé l’État de ressources importantes pour l’organisation de ces élections, jugées moins importantes que les législatives ou la présidentielle. De fait, les maires élus lors des élections de 1987 ont été remplacés en 2001 par des délégations spéciales qui devaient rester en place en attendant l’organisation des élections locales.



So/06/05/19

Francine DZIDULA

togoscoop@gmail.com

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