LOCALES 2019 : LE PARTI DES TOGOLAIS JUGE LE SCRUTIN NON TRANSPARENT


                                          Nathaniel OLYMPIO, président du parti des Togolais



Le parti des Togolais (Opposition, ex membre de la C14) ne participera pas aux prochaines élections locales dont la date est fixée sur le 30 juin prochain. C’est ce que le parti de Nathaniel OLYMPIO a fait savoir ce matin au cours d’une conférence de presse.


On  sentait venir cette décision, la confirmation a été faite ce matin. Les raisons du boycott des locales par le parti des Togolais sont liées surtout au fichier électoral. « Le Parti des Togolais reste intraitable sur la question de la fiabilité du fichier électoral et réitère la nécessité de réaliser des audiences foraines pour la production de jugement supplétif d'acte de naissance qui permettra l'établissement de carte nationale d'identité. L’inscription sur les listes électorales ne doit se faire que sur la base de carte nationale d’identité avec la technologie de biométrie intégrale », lit-on dans la déclaration liminaire du parti qui constate que tous les actes posés et prévus par le gouvernement et la CENI sont de nature à compromettre la transparence et l'équité de ces élections.


Pour ce parti crée par un expert informaticien, Alberto OLYMPIO, l’inscription sur les listes électorales doit se faire sur la base de carte nationale d’identité avec la technologie de biométrie intégrale.  Ce que le gouvernement n’est pas prêt à concéder et par conséquent le parti des Togolais estime que les «  conditions minimales d’élection se rapprochant d’un caractère démocratique n’étant pas réunies. Le parti n’est pas concerné par les élections locales prévues le 30 juin prochain »


L’autre sujet d’actualité abordé par le parti des Togolais au cours de cette rencontre avec la presse concerne les dernières modifications constitutionnelles intervenues à l’Assemblée nationale le 08 mai dernier.


Pour le parti des Togolais, cette  révision constitutionnelle est nettement en deçà des attentes du peuple togolais. « Cette situation est très regrettable », souligne-t-il. Selon le parti, la composition actuelle du parlement aurait dû permettre de faire un saut qualitatif dans la révision constitutionnelle. Mais  « le manque de volonté politique du régime à satisfaire les Togolais est encore avéré », a insisté M. OLYMPIO, reconnait toutefois qu’il y a eu le rétablissement du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour l'élection présidentielle. « Mais il reste encore beaucoup de choses à corriger pour satisfaire le peuple togolais ». 


« L’opportunité offerte au chef de l’Etat sortant de pouvoir briguer encore deux autres mandats après les trois premiers, demeure un non-sens. Quand on limite soi-même l’exercice du mandat présidentiel à deux, c’est qu’on adhère à ce principe et on ne doit donc pas se battre pour avoir l’opportunité de faire quatre voire cinq mandats », regrette-t-il. 


Le parti est également revenu sur son retrait de la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14). Selon Nathaniel OLYMPIO, la décision de retrait est intervenue en raison des divergences profondes dans la construction de nouvelles orientations, du manque de cohérence dans l'enchainement des décisions prises, des approches non homogènes ainsi que des défaillances organisationnelles et structurelles de la coalition C14.


« Le Parti des Togolais a une vision claire de la lutte et il agira de manière constante selon cette ligne de conduite. Le Parti des Togolais demeure ouvert à la mutualisation des ressources dans une démarche cohérente et homogène », a souligné la déclaration. 


Les menaces terroristes qui planent sur le Togo n’ont pas été ignorées au cours de cette rencontre avec la presse. Le parti prône une collaboration entre les forces de défense et de sécurité pour mettre en état de nuire ces groupes terroristes.



Notons que les dernières élections locales au Togo ont été organisées en… 1987. Il y a presque 30 ans. Depuis, aucun scrutin de ce type n’a pu être organisé pour respecter l’article 141 de la Constitution de 1992 qui indique que la République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de la décentralisation dans le respect de l’unité nationale. Le texte précise que ces collectivités s’administrent librement par des conseils élus au suffrage universel, dans les conditions prévues par la loi.


Or la fin du mandat des élus locaux de 1987, cinq ans plus tard, a coïncidé avec l’instabilité politique des années 1990. Puis, la suspension de la coopération du Togo avec les partenaires en développement, en 1993, a privé l’État de ressources importantes pour l’organisation de ces élections, jugées moins importantes que les législatives ou la présidentielle. De fait, les maires élus lors des élections de 1987 ont été remplacés en 2001 par des délégations spéciales qui devaient rester en place en attendant l’organisation des élections locales.


Po/07/05/19


Francine DZIDULA

togoscoop@gmail.com

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