Enfin, la morgue du CHU SO rouvre ses portes



                                                      Les tiroirs d'une morgue privée


Fermée depuis juillet 2018 pour trois mois en raison des travaux de réhabilitation, la morgue du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sylvanus OLYMPIO, la plus grande morgue du pays, a finalement duré plus que prévu. Au lieu de trois mois, c’est finalement un an qu’ont duré les travaux. Selon un communiqué du ministère de la Santé, la morgue  sera réouverte ce 1er août.

Estimée à un coût total d’environ 435 millions F CFA, la rénovation de la morgue de l’emblématique hôpital du Togo est exécutée par la société ANAFA International,  sur financement de l’Etat togolais, fait partie  l’approche dite contractuelle si chère au ministre Moustafa MIJIYAWA qui  touche plusieurs départements du premier centre médical du pays.

Ces travaux ont entrainé  un véritable carnaval de corps inanimés dans les rues de  Lomé. D’un hôpital à un autre, les familles  trimballent les dépouilles  de leur défunt dans les rues de la capitale,  cherchant désespérément des chambres froides pour abriter la personne éplorée le temps d’établir le programme funèbre. D’une capacité de 194 corps, après rénovation la morgue pourra prendre 305 corps.

Zoom sur la morgue du CHU SO

La première morgue du Togo est celle du Centre hospitalier universitaire (chu)  Sylvanus olympio de Lomé, construite en même temps que l’hôpital en 1963. Il n’y avait à l’époque que quatre tiroirs frigorifiques, prévus pour une personne chacun, mais probablement souvent chargés d’un deuxième corps, et les temps de séjour des corps à la morgue étaient relativement courts (de trois ou quatre jours à une semaine). Dans les années 1980, la capacité de la morgue est progressivement passée à 29 tiroirs théoriquement individuels, mais permettant en fait d’accueillir une petite soixantaine de personnes, voire davantage lorsque la surcharge se fait plus importante. 

La morgue du CHU S.O. est un espace périphérique. Située au nord  du complexe hospitalier, elle  possède une porte spécifique dans l’enceinte de l’hôpital, laquelle débouche sur un petit couloir qui mène au service administratif. Par celui-ci, on accède à une cour devant le bâtiment de la morgue, par laquelle les familles venant chercher le corps d’un parent défunt ont normalement accès au lieu.

Elle reste la « morgue-mère » du Togo. C’est par celle-ci  en effet qu’ont transité plusieurs morguiers qui travaillent aujourd’hui dans d’autres morgues du pays et surtout dans le privé. 

Tous les malades décédés à l’hôpital y sont acceptés (les corps des autres défunts sont pris en fonction de la place disponible). Des  familles et certains milieux refusent néanmoins que certains corps (ceux des adeptes du culte vaudou, de membres consacrés de certaines familles, de la plupart des musulmans, etc.) soient amenés à la morgue. Ces corps peuvent être emmenés par les proches avant leur envoi à la morgue pour autant que ceux-ci se soient mis en règle vis-à-vis de l’administration, ce qui consiste principalement à s’acquitter des frais d’hospitalisation du défunt.

Quant au temps de séjour des corps, ils s’allongent progressivement  à partir de 1985 environ. Ils commencent dans un premier temps à dépasser plus régulièrement une semaine, pour se situer i, dans la plupart des cas, entre une dizaine de jours et un mois, voire un peu plus. Une chambre froide, où les morts sont théoriquement conservés allongés sur des étagères, a également été ajoutée : elle augmente encore la capacité de conservation de la morgue. A parti de 1990, les premières morgues privées ont commencé à voir le jour et on en dénombre aujourd’hui

 Francine DZIDULA

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