Foli Satchivi a comparu ce matin devant une Cour d’appel fortement militarisée







Détenu à la prison civile de Lomé depuis août 2018, les apparitions publiques de l’activiste Satchivi Foli dans le cadre de son procès prennent souvent la tournure d’affaire d’Etat. La dernière illustration est ce matin où le Premier porte-parole du Mouvement « En aucun cas » comparaissait devant la cour d’Appel de Lomé après que ses avocats aient interjeté appel pour  sa condamnation par le tribunal correctionnel de Lomé.



Ce matin, dans le quartier Cacavéli, banlieue nord de Lomé, siège de la Cour d’appel de Lomé, un fort cordon sécuritaire est déployé. Toutes les rues menant à la cour sont bloquées et barricadées. Des automobilistes déviés sur des milliers de mètres. L’entrée dans l’enceinte de la Cour est minutieusement fouillée, n’entre pas qui veut. Pire la maman de l’activiste n’a pas été autorisée.



Un tel dispositif laisse présager ce qui se tramait. On n’a pas besoin d’un dessin pour comprendre que ce qui se tramait là bas n’est pas dans l’ordre normal des choses. Et comme on pouvait s’y attendre, le président de la Ligue togolaise des droits de l’étudiant (LTDE), ne retrouvera pas la chaleur familiale ce soir. Et sa maman qui se meurt à petit coup à cause du chagrin de la séparation avec son fils ne pourra pas le serrer dans ces bras ce soir.



Les juges de la Cour ont décidé finalement de renvoyer le procès sur le 24 août prochain. Et pourtant, les camarades de Satchivi plaçaient leur confiance en ces trois juges à qui ils ont demandé de se mettre « au dessus de la mêlée en ne disant que le droit. Nous leur demandons de ne céder à aucune intimidation ou trafic d'influence. Ils sont, par essence, après Dieu les derniers remparts, dans un État contre l'injustice et l'arbitraire et doivent tout faire pour l'être », ont-ils annoncé dans une conférence de presse à la veille de ce jugement.



 Notons qu’en première instance, en l’espace d’une minute, le dossier de Foli Satchivi avait été vidé et le juge POUTCHOULI Abli l’avait condamné à 36 mois de prison dont 12 par sursis. Le jeune étudiant de 23 ans est accusé de trouble aggravé à l’ordre public et puis l’apologie de crime et de délit. Il avait été arrêté le 22 août dernier quand son mouvement s’apprêtait à organiser une conférence de presse dans le quartier Bè-Gakpoto. La conférence de presse a été jugée illégale par les autorités car son mouvement n’avait pas l’autorisation, avaient-elles dit.



Foli Satchivi est considéré comme un détenu politique. Il a été régulièrement cité au cours du dernier dialogue politique comme faisant partie des personnalités devant recouvrir à la liberté mais depuis il n’a été libéré.


So/07/07/14

Francine DZIDULA

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