Médias : Le SYNJIT tire la sonnette sur les conditions de vie et de travail des journalistes togolais



Alors qu’ils sont considérés comme le quatrième pouvoir, les journalistes togolais vivent les pires conditions de vie et de travail. Ces dernières sont encore plus corsées  quand le professionnel des médias travaille dans le secteur privé. Cette situation de précarité des journalistes togolais n’est pas récente, puisque il y a cinq ans, lors des états généraux de la presse, le sujet avait été largement abordé. Et les participants c’étaient convenus de couper le mal à la racine en recommandant  la signature d’une convention collective interprofessionnelle qui, selon eux, devrait permettre aux journalistes de vivre décemment. A l’époque, le patronat avait plaidé pour un moratoire de quelques mois pour y arriver. Et depuis la fin de ce moratoire, tout semble dire que ce dossier n’est plus la priorité des autorités togolaises. Or, la situation des hommes de médias ne cesse de dégrader de jour en jour.

Malgré les risques qu’ils encourent chaque jour dans la collecte et le traitement de l’information, les journalistes togolais ne bénéficient d’aucune garantie. Ils sont sans assurance, ni déclaration à la caisse. Ceux qui sont payés, le salaire est dérisoire et tombe difficilement.  De ce fait, ils accumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire si ce n’est des années d’arriérés. Une situation qui inquiète le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) qui a tiré lundi la sonnette d’alarme sur la situation que vivent ses membres.

Pour ce Syndicat, il a été saisi ces dernières semaines par plusieurs journalistes employés  qui se plaignent de la précarité de leurs conditions de vie et de travail dans les organes (presse écrite, presse en ligne, radios et télévisions) qui les emploient.
 
« Non seulement leurs conditions de travail laissent à désirer, mais aussi ces
camarades travaillent en accumulant des mois successifs sans rémunération.
Les investigations faites par le Bureau exécutif de notre Syndicat ont confirmé, avec tristesse et émoi, l’état des lieux des conditions inhumaines et contraires à toutes les dispositions du Code de travail et du Code de la presse dans lesquelles ces confrères sont employés et vivent
 », écrit le SYNJIT dans une déclaration rendue publique lundi.
 
« Dans plusieurs organes, des journalistes se retrouvent avec 6 voire 12 mois
d’arriérés de salaire. D’autres, plus. D'autres encore cumulent des mois de piges impayés. Des arriérés évalués pour certains jusqu’à un, deux millions de FCFA voire plus, alors même que ces confrères ont des obligations familiales auxquelles ils doivent faire face quotidiennement 
», croit savoir le syndicat.

Tout en condamnant cette attitude qu’il qualifie « d’esclavagiste », le SYNJIT interpelle les patrons de presse qui s’adonnent à cette attitude  à prendre leurs responsabilités en mettant fin à la souffrance des camarades qui accumulent des mois de travail sans salaire.

Pour l’heure, le SYNJIT s’abstient de porter sur la place publique les
noms de ces patrons, espérant que très vite, des dispositions seront prises pour un renversement de la situation financière de leurs employés.

Le SYNJIT est la seule organisation syndicale de la presse libre togolaise. 


So/10/07/19
Clarisse AFANOU
E-Mail : togoscoop@gmail.com

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