Religion : Le Conseil suprême des imams et prédicateurs du Togo part en guerre contre les mendiants.



Par une note rendue publique ce samedi à l’issue d’une assemblée générale, le Conseil suprême des imams et prédicateurs du Togo (COSIP-Togo) que dirige Sheikh Zakari AGORO a décidé d’interdire le campement ou l’hébergement des mendiants à l’intérieur et aux alentours des Mosquées.

Devenue phénomène courant en milieu musulman, bien que non encouragée par l’Islam, la pratique de la mendicité, porte  atteinte à l’image de la communauté musulmane, c’est pourquoi  le Conseil a appelé les Imams, les prédicateurs et les organisations islamiques, à organiser des activités de sensibilisation pour dissuader la pratique de la mendicité au Togo.

Selon le Conseil, l’Islam sanctifie le travail et réprouve l’oisiveté. Il encourage toute forme d’activités intellectuelles ou manuelles et incite à la recherche des moyens de subsistance par les voies licites et légitimes.

Par ailleurs, en tenant compte du  contexte actuel de crise sécuritaire que connaît la sous région, le conseil souhaiterait que les autorités administratives puissent l’accompagner et le soutenir dans l’éradication de la mendicité tout en l’aidant préalablement à apporter, une réponse sociale à ce fléau. 

Notons que cette  bataille sera difficile à remporter quand on sait que la pratique est ancrée dans la communauté musulmane et favorisée par l’aumône, un des piliers de la religion musulmane.
Autre sujet abordé par cette réunion est lié à des appels à la prière au milieu de la nuit pendant le mois de Ramadan. Pour le conseil, l’Islam interdit l’abus de droit et encourage le respect du droit du voisinage. L’exercice du droit de culte ne doit nullement constituer un trouble anormal de voisinage surtout envers autrui qui ne partage pas la même confession.

A juste titre, le Conseil a salué et apprécie, le travail de méthodologie que mène la direction des cultes du Ministère de l'administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales.

Le Conseil, dit M. AGORO,  se rend disponible pour collaborer avec cette direction dans le respect des principes de la laïcité et des lois en vigueur au Togo.

Dans ce même esprit, le Conseil recommande aux imams, d’étudier la possibilité d’utiliser les hauts parleurs internes pendant les prières.

Une commission sera également mise en place pour déterminer les horaires d’appels des prières sur toute l’étendue du territoire.

Enfin, le Conseil suprême des imams et prédicateurs du Togo (COSIP-Togo) plaide auprès de l’autorité administrative pour obtenir deux (02) jours fériés pour la fête de Ramadan.  Le Conseil veut que le trente (30) du mois de Ramadan (9ème mois du calendrier musulman) et le premier du mois suivant (1er du 10ème mois du calendrier musulman) soient fériés afin de permettre aux musulmans de fêter dans de bonnes conditions et de pallier aux fluctuations de la date de la fête.

Cette demande se justifie par les difficultés pour déterminer parfois la date réelle de la fête de Ramadan. Pour se faire, le Conseil porte à la connaissance des autorités compétentes que la date réelle de la fête de Ramadan dans la foi musulmane ne pourrait être connue qu’au coucher du soleil du vingt neuvième (29ème) jour du mois de Ramadan plus précisément aux environs de dix huit heures, GMT.

Ainsi, les autorités musulmanes pourront décider de la tenue de la fête le lendemain ou non, selon l’apparition du croissant lunaire. Dans ce sens, une commission d’observation du croissant sera mise sur pied en concertation avec l’Union Musulmane du Togo. Ladite commission sera dotée des moyens logistiques lui permettant de se positionner aux différents endroits du pays au temps opportun.

Clarisse AFANOU
So/01/07/19

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