Lutte contre la corruption : Le général Yark ouvre un deuxième front




Décidé à gagner la bataille contre les accidents de la circulation, le Général Yark DAMEHANE veut  également remporter la guerre contre la corruption et les rackets au sein des forces de sécurité. Il a, à cet effet lancé ce 27 août, une ligne verte destinée à la dénonciation des actes de corruption et de rackets des forces de sécurité.

La corruption est un fléau qui gangrène l’administration africaine et particulièrement togolaise. Selon les chiffres publiés le mois dernier par l’institut de sondage Afrobaromètre, la corruption a augmenté ces dernières années au Togo. De 26% en 2015, elle a progressé pour atteindre le chiffre de 32% cette année. 

La police nationale est l’un des corps le plus miné par ce phénomène appelé « Taméa ». De 28%, il y a quatre ans, le taux de corruption au sein de la police se chiffre  aujourd’hui à 43%, selon Afrobaromètre. Cette augmentation du taux de corruption au sein des hommes en treillis n’est pas surprenant. En effet, chacun de nous, a une fois vu  un agent de la police fermer les yeux sur la surcharge contre un billet de 500F, au poste frontalier l’agent affecté laissant passer un voyageur qui a manqué une vaccination dans son carnet de voyage contre de l’espèce sonnante et trébuchante ou encore au commissariat les usagers contraints pour se faire délivrer un document de déposer « la pierre » sur le dossier. 

C’est contre ces actes inciviques contraires au statut de la fonction publique que le ministre de la sécurité, le Général Yark DAMEHANE part en guerre contre en mettant à la disposition de la population un numéro vert, le 1014. Ce numéro permettra désormais en toute confidentialité et anonymat aux Togolais de  signaler à l’autorité publique, les cas de racket et de corruption dont sont responsables les forces de sécurité et de l’ordre. 

Ce numéro « est destiné à tout citoyen, victime ou témoin d’un acte de corruption ou d’indélicatesse commis par un personnel des forces de sécurité ou d’un fait d’insécurité, pour dénoncer ces situations afin que des mesures urgentes soient prises en temps réel », a indiqué le Général.

Si cette décision est à saluer, dans la pratique, elle sera difficile à appliquer dans la mesure où selon toujours le rapport cité plus haut, plus de la moitié de la population togolaise (53%) craint des représailles en cas de dénonciation des actes de corruption. Il va falloir que des garanties et des sensibilisations soient faites en direction de la population pour une collaboration efficiente afin d’éviter non seulement des dénonciations malhonnêtes mais aussi amener à la culture de la dénonciation. Aussi, pour une bonne dénonciation, il faut que le policier soit clairement identifiable par son uniforme portant son nom et son numéro. 

La lutte contre la corruption doit être encouragée à tous les niveaux surtout dans le corps de la sécurité. Le Général-ministre qui veut faire de la baisse du taux des accidents sur les routes togolaises son cheval de bataille doit sait pertinemment que cette bataille ne peut être gagnée sans lutter contre la corruption qui favorise aussi ces accidents. C’est ce qui justifie certainement cette mesure. Car au lieu de vérifier les pièces, on préfère fermer les yeux là-dessus contre des espèces sonnantes et trébuchantes alors que c’est la vie des individus qui est en jeu. Le souhait est que cette ligne verte n’aille pas rallonger la longue liste verte de dénonciation instituée dans plusieurs service et institutions de la République sans que le problème pour lequel elle est instituée ne soit résolu. 

Clarisse AFANOU
E-Mail : togoscoop@gmail.com

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