Souvenir: Il y a 28 ans Agbeyomé KODJO a pleuré à la Conférence nationale souveraine




23 août 1991-23 août 2019, il y a 28 ans, Agbeyomé Kodjo a versé des larmes au cours des travaux de la Conférence nationale souveraine dans la défense du régime RPT décrié à l’époque par toute la population togolaise.

Ce 23 août 1991 alors qu’on s’acheminait vers la fin de la conférence nationale, le régime met la pression sur les délégués réunit à la salle Fazao de l’hôtel 2 Février. Pendant que les délégués poursuivaient les séances ce 23 août 1991, le général Mawulikplimi Ameyi intervient sur les médias publics en lisant une déclaration de menace en l’endroit des délégués de la Conférence nationale.

A la reprise des travaux à 15h et après une minute de silence habituelle, Mgr Kpodjro, le président du présidium, révèle à l’intention des délégués qu’un complot colossal était en train de se tramer contre les paisibles citoyens.

 Dans la déclaration lue, le prélat déclare : « …des manœuvres se préparaient pour créer des troubles en ville et de la panique au sein de la population. Des militaires en civil sont chargés de prendre position à des endroits stratégiques de la ville de Lomé et provoquer des manifestations avec des tirs de coups de feu (...). Des officiers, des sous officiers et des soldats seraient assassinés.Pour diriger ces opérations, un mercenaire français M. Pontieux est arrivé à Lomé et est logé à la chambre 102 de l’hôtel le Bénin ».

 Mgr Kpodjro a, par ailleurs, informé les délégués qu’il y a des hommes qui sont là pour assassiner les délégués à leur sortie de l’hôtel.

C’est en ce moment que Me Siméon Occansey demanda la parole pour confirmer ces allégations. Il continua en affirmant qu’il dispose des preuves des cerveaux de ce complot qui sont dans la salle et de citer des noms comme Yao Komlanvi, Dahuku Péré et Agbéyomé kodjo.

Cette révélation fait l’effet d’une bombe dans la salle. Les mis en cause demandent la parole pour réfuter ces accusations, exigeant que Me Occansey apporte les preuves de ces accusations. Interpellé, Me Occansey exige que M. Pontieux soit présent avant toute preuve. Le ministre Agbéyomé ne pouvait plus se contenir, demande la parole et se met à pleurer devant les micros comme un petit enfant privé de gâteau :" M. le président du présidium ! Je pourrais dire que Me Occansey est mon ami si cette histoire restera dans cette salle. Mais là c’est tout le monde entier qui est au courant de cette accusation c’est pourquoi je demande que Me Occansey apporte les preuves de ces accusations" déclare-t-il en substance. Face à ce scandale, Mgr Kpodjro s’est résolu à suspendre les travaux.

Mais l’histoire retiendra que cette affaire a fait tâche d’huile. Elle a même débaptisée Agbéyomé qui est devenu Aviyomé. De même, elle a suscité des vocations aux artistes de l’époque qui ont composé des chansons à ce sujet.

Mais 28 ans après on retiendra surtout que Agbéyomé qui était un ardent défenseur du régime en place au moment de cette conférence a changé de veste pour être dans l'opposition alors que les leaders de l'opposition qui à l’époque étaient acclamés pour le radicalisme de leur position ont rejoint ce régime avec armes et bagages.
 La politique, c'est aussi ça, le changement de position à un moment donné.


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