Commune Golfe 4 se rebelle, le préfet suspend la séance




Convoquer sur ce mardi pour élire le nouveau maire de la Commune Golfe 4, la première réunion des nouveaux conseillers municipaux élus le 30 juin dernier, s’est terminée en queue de poisson. Le vote n’a pas pu avoir lieu à la suite d’une divergence procédurale qui a amené le préfet du Golfe M. Komlan AGBOTSE à suspendre la séance.


Ambiance crispée ce matin à la commune 4 du Golfe. Comme toujours, à chaque  fois que UNIR et ANC se rencontrent, chacun épie l’autre même si en apparence on se montre courtois et civilisé. Pendant ce temps, les conciliabules se poursuivent jusqu’à la dernière minute. C’est dans cette atmosphère que la séance a débuté après un retard de près de deux heures de temps. Elle est dirigée par le doyen d’âge M. André EKOUE, membre de l’ANC.


Dans son intervention, le président du bureau d’âge a rappelé aux élus les défis qui les attendent, ces défis sont énormes mais « nous devons mériter la confiance placée en nous par nos compatriotes », a-t-il indiqué en donnant l’exemple du premier maire de la ville de Lomé Sylvanus OLYMPIO et la première maire de la ville de Lomé, Mme SIVOMEY qui en si peu de temps ont su rehausser l’éclat de la capitale togolaise.


Après cette brève intervention, à la suite d’une question d’un des élus, le président du bureau d’âge, a décliné la procédure du vote. Le vote devra se faire en marquant une croix par un stylo devant le nom candidat choisi et non par encre indélébile, tranche le président.


Cette décision du président de séance essuya un refus catégorique du représentant de l’Administration territoriale, Robert BAKAI pour qui le vote se fera par encre indélébile.


Sur cette intervention, le préfet qui selon le président de l’ANC avait refusé dans le weekend tout vote par encre indélébile, revient sur sa parole et déclare : «  Des gens ont voté déjà avec empreinte digitale, nous aussi dans Golfe 4 c’est ce que nous allons faire. Si un parti politique dit qu’il n’est pas content, il peut faire un recours. C’est moi qui ai convoqué la réunion, je ne vais pas accepter que le changement commence par ma commune. Nous allons procéder par empreinte digitale », martèle M. AGBOTSE.


Il est soutenu par Robert BAKAI, le directeur de cabinet du ministère de l’Administration territoriale, « La république est ordonnée, la république est régie aussi bien par la loi que par des pratiques,  la république ce n’est pas l’occasion  donnée à chacun de faire ce qu’il veut. Et donc, nous avons opté pour une procédure d’empreinte digitale pour l’élection des maires et des adjoints dans les 117 communes. La pratique sera la même. Autre chose qui se ferait ici je crois que je me mettrai hors de cela parce qu’il y a une différence entre la réalité et la vérité », a insisté l’ancien Procureur de la République avant de conclure « Si nous acceptons cela ce sera un précédent grave et je ne suis pas prêt à assumer cette responsabilité ».



Le président de séance qui veut continuer dans sa logique et en donnant la parole aux élus a été rappelé à l’ordre par le préfet. « Monsieur le président vous devez vous limiter à votre pouvoir sans prendre certaines décisions qui vous dépassent », a indiqué M. AGBOTSE qui sur ces entrefaites, suspend la réunion. Levée de boucliers dans la salle, des protestations fusent.


« Je ne veux pas être le dindon de la farce, j’ai été choisi en raison de mon âge. Restez conformes aux principes qui régissent les réunions de ce genre et donc M. Le préfet avec tout le respect que je vous dois, vous ne pouvez pas suspendre la séance, je suis le président de séance. Vous êtes une autorité, je suis un conseiller élu », riposte le président de séance. 


La séance continue. Finalement, l’élue Isabelle AMEGANVI demande une suspension de 10 minutes, elle est accordée. En refusant le vote par encre indélébile, l’ANC veut éviter que les votants soient identifiés car le corps électoral composé de 23 personnes est très repérable par identification digitale.


A la reprise de la séance, alors que les élus de l’ANC étaient prêts à aller au vote par encre indélébile, le préfet du Golfe ne leur donnera pas le temps de s’exprimer. Il prend le micro et annonce  de nouveau le report de la séance. L’atmosphère ne permet pas la sérénité des travaux, se justifie-t-il. 


Ainsi la commune Golfe 4 n’a pas pu élire son maire ce matin. Les conseillers jusqu’au 16 septembre prochain délai de rigueur pour le faire selon le code électoral. Les débats tumultueux entre l'ANC et UNIR qu'on a souvent assisté au parlement fera désormais écho dans la commune Golfe 4.



Francine DZIDULA

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