Foli SATCHIVI libéré, après le refoulement de 3 activistes panafricains




Foli SATCHIVI vient de bénéficier de la grâce présidentielle. L’activiste togolais avait été interpellé en août 2018 au moment où l’association dont il est le premier porte-parole « Mouvement en aucun cas » s’apprêtait à organiser une conférence de presse dans le quartier Bè-Kpota.


Condamné à 36 mois de prison dont 12 avec sursis en première instance avant que la peine ne soit commuée en appel à 28 mois d’emprisonnement dont 6 avec sursis le 10 octobre dernier, le président de la Ligue togolais des droits des étudiants (LTDE) faisait partie des prisonniers politiques cités par les organisations politiques et de la société civile devant bénéficier de la libération. Et même, les activistes panafricains à l’instar de Claudy Siar,Didier Awadi, Tiken Jah FAKOLY avait saisi le chef de l’Etat pour la libération du jeune activiste, en vain. 


Récemment, c’est « Frontine defenders », une organisation spécialisée dans la protection des défenseurs des droits de l’Homme qui a écrit au chef de l’Etat pour lui faire part des nombreuses « irrégularités » qui ont entaché le procès du jeune leader dont l’écho dépasse les frontières nationales. Faut-il le rappeler qu’à chaque fois que Foli SATCHIVI comparaissait c’est un fort déploiement de policier qu’on assiste avec interdiction d’accès à l’audience.

Finalement, le chef de l’Etat a entendu l’épuisement de toutes les voies de recours avant d’accorder la grâce à l’activiste. Notons que cette grâce intervient au lendemain du refoulement du territoire national de trois autres activistes de la campagne « Tournons la page ».


Alexandre Didier Amani, ivoirien, et Coordonnateur du TLP, et les nigériens Karim Tanko Maikoul Zodi ont été refoulés du territoire national. Malgré le principe de la libre circulation des biens et des personnes si cher à l’ancien président en exercice de la CEDEAO, le chef de l’Etat togolais, les trois ressortissants de la communauté ont été refoulés au Togo, le premier a été bloqué à l’aéroport de son pays parce que la compagnie ayant reçu un courrier des autorités togolaises demandant de ne pas l’autoriser à embarquer, quant aux deux autres qui devraient rallier Lomé par voie terrestre, ont tout simplement été bloqués par la police des frontières. 

Ce n’est pas la première fois que les autorités togolaises refoulent les activistes du territoire national. 

Plus proche de nous, c’est l’ancien ministre François Akila-Boko qui en mars dernier a été empêché de rentrer dans son propre pays par les autorités togolaises alors qu’en février 2016, l’opposant Antoine Randolf, président du Rassemblement national pour la démocratie et le panafricanisme (RNDP) a été kidnappé à la frontière Togo-Bénin avant d’être libéré quelques jours plus tard à la suite de la pression de la France.

A quelques mois de la présidentielle, on assiste à un renforcement de la répression la Loi sur la liberté de manifestation corsée et l’interdiction faite aux militants du Parti nationaliste panafricain (PNP) de se réunir à leur siège. Ces violations ont fait que le Togo est ces derniers temps au ban de la communauté internationale en matière des droits de l'Homme.

Francine DZIDULA
E-Mail : togoscoop@gmail.com

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires