Le village d’enfants SOS, une organisation qui donne la chaleur familiale aux enfants abandonnés



Présent dans plus de 135 pays à travers le monde, SOS village d’enfants est une organisation sociale non gouvernementale d’aide au développement qui œuvre pour la prise en charge des enfants qui ont perdu ou qui risquent de perdre la prise en charge parentale. Au Togo depuis quarante ans, l’organisation s’occupe des enfants vulnérables à travers différentes formes de prise en charge de remplacement et au renforcement des familles pour prévenir l’abandon et la négligence des enfants. La célébration des 40 ans de vie du village d’enfants SOS au Togo est l’occasion pour les partenaires de cette organisation internationale installée au Togo de faire le bilan et de se projeter dans l’avenir. Quelle est l’organisation interne d’un village d’enfants SOS ? Comment on y intègre ? Suivons ce dossier réalisé par la rédaction de TOGO SCOOP… 

MISSIONS DU VILLAGE D’ENFANTS SOS 

Créé à Imst en Autriche en 1949 par Dr Hermann GMEINER, le village d’enfants SOS a commencé ses activités au Togo en 1979 sous la direction des Sœurs de la Divine providence de Ribauvillé et particulièrement feue Sœur Emmanuelle MULER. De Lomé, le projet s’est étendu à d’autres villes du pays notamment Kara, Dapaong et Atakpamé.

Conscient que chaque enfant a droit à une famille, le Village d’enfants SOS s’est donné pour mission et conformément aux Lignes directrices des Nations unies de donner à chaque enfant abandonné parfois à la naissance, parfois au cours de la vie scolaire la chaleur familiale.

« La famille est le lieu où un enfant grandit de façon harmonieuse, lorsqu’un enfant est entouré de la chaleur familiale, la présence d’une mère, la présence d’un père, l’enfant développe beaucoup plus ses capacités », a estimé Mme Essohouna BAKOUSSAM MANZI-NIKA, Directrice nationale SOS Village d’enfants Togo. Et de poursuivre que « la présence des deux parents : père et mère, est très importante pour le développement d’un enfant. C’est dans ce sens que SOS village d’enfants se dit que nous ne pas pouvons pas rester indifférents lorsque nous voyons des enfants abandonnés, des enfants jetés, des enfants souffrants, ces enfants deviennent à un moment donné des cas sociaux et il y a un cercle vicieux qui reprend ».


ORGANISATION INTERNE DES VILLAGES

Une fois admise au village, ces enfants bénéficient d’une diversité de pris en charge. Chaque village est organisé en maison familiale. Le village d’enfants SOS de Lomé dispose de dix maisons familiales dont huit sont à l’intérieur et deux dans les communautés de Tokoin Cébévito et de Nukafou.

A l’interne, dans chaque maison, il y a sept enfants ou tout au plus huit enfants qui sont suivis ou accompagnés par une mère SOS et parent SOS qui peut être un papa. Dans le village, le papa a sa maison et vie avec sa propre famille mais mis à part, il est le papa de tous les enfants du village et le « mari » de toutes les femmes qui s’occupent réellement des enfants du village.
Au départ, les mamans SOS étaient des mères veuves, ou des mères célibataires mais avec l’évolution ce n’est plus des mères mariées qui abandonnent leurs enfants mais des mères qui vivent aussi bien avec leurs propres enfants mais également  avec les enfants du village et les aident dans la prise en charge. « Mais nous sommes en train d’élargir cette gamme de prise en charge vers ce que nous appelons les familles SOS qui consistent à ce que la  mère va vivre aussi avec son mari et ces enfants qui lui ont été confiés par SOS », a expliqué Mme BAKOUSSAM MANZI-NIKA.

Au nombre des innovations, le village d’enfants SOS est ouvert à la communauté dans laquelle elle vit. « Un enfant fermé à la communauté devenu grand perd quelque chose au niveau social, il devient un monstre à la société, et donc l’innovation consiste à ouvrir le village à la communauté, ainsi nos écoles sont ouvertes à la communauté, l’eau du village est offerte à la communauté ce qui fait que la communauté ne voit pas le village comme une entité à part », a encore souligné la Directrice nationale.


Dans les villages d’enfants SOS, les enfants grandissent dans une prise en charge de remplacement de qualité.  « Comme toute autre famille, nous donnons  de l’amour, de l’affection aux enfants, nous subvenons à leurs besoins sur le plan éducatif, sur le plan de la santé, des loisirs, des activités socio-éducatives et nous les accompagnons à pouvoir s’épanouir sur tous les plans », a laissé entendre HAMENOU Kodzo Amenu, Coordonnateur local pris en charge alternative, affectueusement appelé « papa SOS ». Naturellement le regard que ces enfants portent sur ces parents SOS, c’est le regard d’un père ou d’une maman qui les écoute, qui les affectionne, et qui prend en charge tous leurs désirs à cœur. Mais c’est vrai quand « ils grandissent ils savent que nous ne sommes pas leurs vrais pères, mais quelques soient ce qui leur arrivent ils viennent toujours à nous pour que nous puissions trouver solution à leurs problèmes », a encore relativisé  M. HAMENOU.

Les familles SOS ne sont pas exemptes de difficultés. Comme dans les familles ordinaires, les papas et les mamans SOS font aussi face à des difficultés dans l’éducation de ces enfants. Si ces difficultés surviennent et qu’ils ne peuvent pas les résoudre seuls, ils font appels aux oncles, aux tantes qui sont les assistants familiaux, les psychologues, les éducatrices de jeunes qui sont là pour les accompagner, aider la maman et le papa à pouvoir prendre en charge le suivi des enfants.

Quelque soit l’âge auquel un enfant entre au village, il doit en sortir à 26 ans. Le processus de réintégration dans une autre vie est préparé minutieusement.  En effet, tous les enfants qui sont admis au village ont des parrains et ces derniers leurs réserves des cadeaux en espèces. Et donc quand l’enfant est promu à sortir du village, ce dernier aide l’enfant à élaborer un projet d’autonomisation et si le fonds qu’il a dans sa cagnotte est suffisant, il sert à financer le projet élaboré. Dans le cas contraire  le village d’enfants SOS dans ses lignes budgétaires prévoit un montant qui permet  d’aider ses enfants qui sortent du village sans emploi de pouvoir monter un projet et commencer par vivre leur vie d’adulte en attendant de trouver mieux.

Francine DZIDULA
E-Mail : togoscoop@gmail.com

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