Réunion du comité de suivi : L’opposition traditionnelle claque la porte, réaction des principaux partis



La réunion dite du Comité de suivi des préparatifs des élections présidentielles de 2020, à l’initiative du ministère de l’Administration territoriale, des collectivités et de la décentralisation, a connu de fortunes diverses. Certains partis de l’opposition et non des moindres à l’instar de l’ANC, le principal parti de l’opposition, le CAR, la C14, le regroupement de l’opposition, ont claqué la porte des discussions dès les propos liminaires du maitre céans, Payadowa BOUKPESSI. Ces formations dénoncent une discussion de « faire-valoir » qui ne prennent en compte aucune de leurs préoccupations sur l’amélioration du cadre électoral.

Tous les partis d’envergure nationale étaient conviés à cette rencontre et ont répondu à l’invitation du ministre à l’exception du PNP, le parti de Tikpi ATCHADAM qui, a décliné l’invitation car n’étant pas dans le schéma d’élection. 

Pour cette réunion, il s’agissait pour le ministre de l’Administration qui avait à ses côtés ses collègues en charge des relations avec les institutions, Christian TRIMUA et de la justice Pius AGBETOMEY, et des représentants des institutions impliquées dans le processus électoral, de partager  avec ses partenaires politiques les informations relatives aux préparatifs de l’élection.

« Le gouvernement et les autres institutions impliquées dans le processus électoral ont entamé donc les activités propres à la préparation de ces élections dans les délais impartis afin d’être prêts pour la tenue du scrutin présidentiel dans le cadre de ce rendez vous constitutionnel », a indiqué le ministre BOUKPESSI rappelant que ce rendez vous quinquennal est bien connu de tous,  la cour constitutionnelle n’a fait que le rappeler.

L’OPPOSITION BOUDE…

Après cette intervention du ministre, certains responsables de l’opposition  estimant que leurs préoccupations ne sont pas prises en compte par l’ordre du jour ont préféré se retirer. Tel est le cas du parti des déshérités de Me Yawovi AGBOYIBO qui regrette que ne « soit inscrit l’examen d’aucune des revendications que les partis d’opposition et les organisations de la société civile ont formulées au sujet des conditions de transparence et d’équité du scrutin en question, notamment à propos de la composition de la CENI et de ses démembrements, de la HAAC et de la Cour constitutionnelle », a indiqué le président du CAR.


Pour Mme ADJAMAGBO Kafui de la C14, « le ministre est dans la logique de nous donner des informations sur ce qui se fait par la CENI, la HAAC, la sécurité alors que nous nous sommes intéressés par des discussions de fond sur ce qui doit être fait de manière consensuelle ensuite nous ferons le suivi de ce que nous aurons arrêté ensemble ».

A l’ANC dans ces conditions, il est impossible d’œuvrer pour l’amélioration du cadre électoral. Le parti de Jean-Pierre FABRE estime avoir saisi par courrier le chef de l’Etat et ils ont reçu réponse du ministre de l’Administration qui leur a fait part du comité de suivi qui, selon le parti orange, suppose suivre la mise en œuvre d’un accord auquel on est parvenu après discussion. «  Si on part comme ça ça n’ira pas dans le sens de l’amélioration du cadre électoral. Ce n’est pas normal que des candidats importants ne soient pas représentés dans la CENI. On ne peut pas dire que la loi dit ceci et exclure des candidats importants des bureaux de vote. On ne fait pas des élections pour respecter la loi mais on fait des élections pour que tout le monde parte à égalité de chance », a déclaré Jean-Pierre FABRE.

A côté des partis qui ont boudé la discussion, le MPDD de l’ancien premier ministre Agbeyomé KODJO, a suivi les échanges de bout en bout jusqu’à la fin. Pour l’ancien directeur du port de Lomé ceux qui ont boudé les discussions et lui c’est les mêmes revendications. Mais dit-il, « Nous voulons aller jusqu’au bout pour voir ce qui va se passer. Je peux dire que si c’est pour venir écouter l’évolution des choses sans avoir la capacité d’infléchir sur les dysfonctionnements quelles conclusions voulez vous que je tire », s’est-il interrogé à la fin. 

Dans ce concert de réserve sur la rencontre, seule UNIR, le parti présidentiel trouve le cadre acceptable. Le secrétaire exécutif du parti AKLESSO Atcholi, estime même que ce cadre doit être maintenu pour permettre à chacun de s’exprimer sur ces élections de  sorte qu’elles soient transparentes.

UNIR RASSUREE

S’agissant du dialogue demandé par certains partis de l’opposition, ATCHOLI pense : « nous avons des textes dans ce pays qui régissent les conditions d’organisation des élections et ces textes n’ont pas connu de modifications. Je ne comprends pas qu’à la veille des élections que ces genres de problèmes se posent. Et tout le monde sait aussi dans quelles conditions ces textes peuvent être revus ». Pour finir, il se dit rassuré que  les élections présidentielles auront lieu au regard des conditions d’organisation dans les délais prévus par la Cour constitutionnelle. 

Notons que les préoccupations des partis de l’opposition porte sur le fichier électoral, la recomposition de la CENI, et de la cour constitutionnelle. L’élection est prévue entre le mois de février et mars prochain.

Francine DZIDULA
E-Mail : togoscoop@gmail.com

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