Atakpamé : Les femmes réclament leurs places sur les trônes royaux!




Depuis les temps anciens et dans la plupart de nos communautés, la femme est marginalisée par nos traditions et coutumes.  La femme ne peut parler aux hommes tout en restant debout, ne peut s'approcher de l'homme en période de menstruation et ne s'adresser aux hommes sans génuflexion. Ces mêmes traditions et coutumes n'ont pas milité en faveur de la scolarisation de la jeune fille. Seuls les garçons avaient droit au pouvoir. Aujourd'hui, la présence des reine-mères parmi les chefs traditionnels suscite d'innombrables questions car on ne sait pas trop la place qui leur est réservée dans des prises de décisions sur le plan traditionnel. 


C'est de ce cadre que l'ONG ODHI, dont le siège est à Atakpamé a procédé au lancement officiel du projet “Lobbying et Plaidoyer pour l'adoption des arrêtés préfectoraux relatifs à l'accession des femmes au trône royal au même titre que les hommes dans la région des plateaux”, ce 18 décembre à Atakpamé avec le soutien financier de l'Union Européenne à travers le programme de consolidation de l'état et du monde associatif (Pro-CEMA).


Pour AMETEPE Hanam, Directeur Exécutif de ODHI, il est primordial vue tout l'arsenal juridique qui tend à valoriser le rôle de la femme dans la société de mener des actions visant à permettre à la femme d'accéder au trône royal ou à la chefferie traditionnelle dans la région des Plateaux et pourquoi pas au Togo au même titre que les hommes d'où une étude et un travail de fond seraient menés dans les préfectures de l’Ogou-Wawa et Kloto afin d'accompagner les populations sous les regards des préfets et chefs traditionnels à adopter des mentalités selon lesquelles une femme héritière d'une trône royale puisse y accéder facilement sans être obligée de le céder à son fils ou neveu. 


Dans ses propos, Faustin GNOGMIRE, Expert en société civile au Pro-CEMA, a fait ressortir l'importance capitale que revêt aujourd'hui la présence de la femme dans les instances de prises de décisions au niveau de l'Etat et des entreprises. Mais force est de constater que malgré que nous disposions des reine-mères, elles sont toujours recalées au second rang au niveau de la chefferie traditionnelle. « Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir des reines dirigeantes comme la reine POKU chez les Baoulés au temps jadis? Même la loi relative à la chefferie traditionnelle et au statut des chefs traditionnels au Togo ne prévoit pas des conditions qui favorisent et encouragent l'accession de la femme au trône royal », a déclaré l’expert. 


Le programme dénommé Pro-CEMA, qui n'est autre qu'un projet de renforcement de la société civile, de promotion de l’égalité du genre et de la culture, fruit de la coopération entre le Togo et l’Union Européenne, qui s’étend sur l’ensemble du territoire entre 2018 et 2020, qui également vise à mieux impliquer la société civile dans l’accompagnement de l’action gouvernementale, la gestion des affaires publiques/redevabilité et à assurer une meilleure coordination État-Monde Associatif. 


C'est un programme qui attache une attention particulière à la dimension genre et vise notamment à encourager les candidatures féminines et à accroître la présence des femmes aux postes électifs. Il permet enfin au milieu culturel de mieux participer au débat citoyen. D'où ce projet de l'ODHI vient à point nommé et a trouvé avis favorable auprès de son institution qui œuvre pour que l'équité genre. Il a exhorté les acteurs présents à cette séance à accompagner l'ODHI pour que ce projet soit une réussite dans la région des plateaux et en général au Togo. 


Rappelons que l'engagement du gouvernement togolais est de faire de la chefferie traditionnelle un maillon important à la base de la chaîne administrative.



Jean-Marc E.

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