Il y a un an les législatives qui ont acté la disparition de la C14


Il y a un an, le 20 décembre 2018, les Togolais se rendaient aux urnes pour élire les députés de la sixième législature de la IVème République. Une élection qui a redessiné la configuration politique du Togo.

Après plusieurs mois de crise politique consécutive à des manifestations populaires réclamant des réformes politiques dans le pays avec en ligne de mire le retour de la Constitution de 1992, la limitation des mandats, le vote de la diaspora, à l’initiative de la CEDEAO une feuille de route a été imposée aux acteurs à l’issue d’un sommet de l’institution sous régionale tenue à Lomé.

La CEDEAO a laissé au gouvernement la mise en œuvre de la feuille de route qui doit conduire aux élections législatives dont la date est fixée au 20 décembre 2018, soit environ 5 mois après le sommet.

Au finish, l’opposition dénonçant l’application de la feuille de route de façon cavalière par le gouvernement, a attiré l’attention des médiateurs à plusieurs reprises. Dans la foulée, elle a décidé de la reprise des manifestations suspendues le temps de la médiation et ensuite de ne plus participer à cette consultation après avoir menacé la médiation qu’elle fera tout pour empêcher le scrutin d’avoir lieu.

Le 20 décembre, c’est dans un pays fortement militarisé que les Togolais se sont rendus aux urnes pour départager les 856 candidats (la plus faible candidature enregistrée depuis que ce mode de scrutin a été adopté) présentés par les 12 partis politiques et regroupements politiques et 18 listes indépendantes. Le taux de participation officielle de 60% alors que l’opposition l’estime à moins de 30%.

En l’absence de l’opposition regroupée au sien de la C14 pour qui, sans réformes pas d’élections, c’est une vague bleue (UNIR) qui s’est répandue sur le parlement, accompagnée une multitude d’indépendants et d’une « opposition choisie » qui assurent une majorité confortable à UNIR pour mener les réformes à sa guise.

Cette élection a complètement modifié la configuration politique du pays avec l’entrée au parlement de jeunes partis politiques et d’indépendants. Elle a également privée l’opposition de voix. Devenue de plus en plus inaudible et qui peine encore à faire parler la rue, l’opposition est engluée dans ces divergences internes.

Si pour le gouvernement, il a mis en œuvre toutes les réformes préconisées par la feuille de route, à l’exception de la recomposition de la Cour constitutionnelle. L’opposition rumine son amertume, de n’avoir pas su capitaliser toute cette mobilisation populaire dont elle avait bénéficié.  C’est avec un goût amer qu’elle jette un regard  sur ces  événements.

Un an après les législatives, et six mois après les locales,  le peuple togolais est encore appelé aux urnes dans deux mois pour élire cette fois-ci le Président de la République, le scrutin de tous les enjeux au Togo, et qui se présente comme la finale des législatives et de la crise de façon générale. Ce scrutin  scellera définitivement la fin de la lancinante crise togolaise à condition qu’il soit transparent et libre. A contrario, il ouvrira encore une période de contestation-dialogue s’il n’est pas bien organisé.

 

Francine DZIDULA
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