Vers un 4e mandat de Faure: L’alternance attendra comme Godot



C’est fait ! Le Togo conforte, une fois de plus, son image de cancre de la démocratie en Afrique de l’Ouest. En effet, sans se gêner le moins du monde, Faure Gnassingbé sollicite un 4e mandat à la tête de son pays. Selon un scénario bien orchestré comme cela est fréquent au Gondwana, l’homme « Faure » de Lomé a « accepté » de se lancer à la course à la présidentielle. C’était devant le bureau politique de son parti, l’Union pour la République (UPR).  On imagine le tonnerre d’applaudissements qui a accompagné cette annonce et les hourras poussés pour dire merci à « l’homme providentiel » sans lequel le Togo… ne serait que ruines !

   Quelle honte !  Dans le contexte africain actuel où le rêve de 3e mandat passe mal s’il ne provoque pas le malheur de bien des peuples comme cela se voit en ce moment en Guinée, le président togolais qui ne se sent pas concerné, peut bien s’accorder une lubie de … 4e mandat. Et tant pis pour l’alternance au Togo, qui attendra comme Godot.  Certes, les partisans et autres Raspoutine feront valoir que la Constitution modifiée, qui remet les compteurs à zéro, autorise « leur champion » à solliciter un bail supplémentaire à la tête de l’Etat.  Mais quid de la décence ? A ce rythme, l’actuel locataire du Palais de Lomé II bien décidé à pousser des racines sur son trône, est bien parti pour chausser les godasses de son défunt père Eyadema, en terme de longévité au pouvoir.

Mais on n’en est pas encore là. Attendons de voir ce que la disposition de la nouvelle Constitution, qui ouvre désormais la voie au scrutin à deux tours, pourra apporter comme plus-value à la piètre qualité de démocratie au Togo.  Mais une chose est sûre : l’avancée que constitue ce principe de scrutin à deux tours, ne provoquera pas l’alternance tant rêvée dans ce pays au système longtemps verrouillé.

Faure forever jusqu’à ce que Dame nature en décide autrement !

Où a-t-on vu des élections faire partir un dictateur africain viscéralement accroché à son fauteuil et ayant entre ses mains, toutes les manettes de l’organisation ? Au Togo, comme dans bien des pays de démocratie en trompe-l’œil, un scrutin présidentiel ne fait pas peur à un dictateur. Il peut toujours compter sur des règles de jeu biaisées dès le départ, et en sa faveur.  Achats de consciences, fraudes, main- mises sur les institutions de la République, etc., bref, tout y passe, y compris les « achats d’opposants » et l’utilisation massive des moyens de l’Etat.  Si à ce cocktail nauséabond, on ajoute la part de répression d’une armée tribale totalement acquise à la cause du président et qui ne recule devant rien pour maintenir en place le système, il faut avouer qu’un scrutin à deux tours ne peut rien changer fondamentalement dans un pays où le chef entend le rester pour toujours.

 On peut donc craindre que la présidentielle qui se profile à l’horizon au Togo, ne débouche sur un vaudeville électoral. Et une fois de plus, Faure se frottera   les mains, satisfait d’avoir vu sa tâche facilitée par l’émiettement des voix de l’opposition. Faut-il plaindre le sort de cette dernière ? Assurément, non puisqu’elle n’a jamais pu s’unir autour d’un candidat unique.  La preuve en est une fois encore donnée à travers l’entrée en lice d’une quinzaine de candidats au prochain scrutin. Elle devrait s’en prendre à elle-même si elle venait encore à mordre la poussière. C’est plutôt le peuple togolais dont la soif d’alternance n’a jamais été assouvie, qui est à plaindre.

Ce peuple qui risque encore de subir les foudres des sbires du régime qui ne feront pas de quartier à tous ceux qui viendraient à remettre en cause la légitimité du candidat… réélu. Faure forever jusqu’à ce que Dame nature en décide autrement ! Y a-t-il un espoir de lendemains meilleurs pour la démocratie au Togo ?  Une question à laquelle seuls les sorciers d’Afrique dotés d’un troisième œil, sauraient répondre.

Source : « Le Pays » 
Tél : (00228) 99 56 57 88

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