Vote par anticipation à Sokodé : l’opposition royalement absente des bureaux de vote


Les forces de défense et de sécurité des forces armées togolaises (FAT) ont donné le ton ce mercredi à la septième élection présidentielle de l’ère renouveau démocratique. Il s’agit de l’élection anticipée qui permet à ces dernières avant le vote global de la population de vaquer à la tâche de sécurisation du processus. Le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme sur toute l’étendue du territoire nationale. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a pas communiqué sur le corps électoral militaire, on sait seulement que plus de 10 000 éléments sont mobilisés dans la force sécurité élection présidentielle (FOSEP 2020) chargée de la sécurité de l’élection. Sur la base de ce chiffre on peut estimer le corps électoral militaire à environ le triple voire plus de la FOSEP 2020. Le vote se déroule dans 265 bureaux de vote.
A Tchaoudjo, notamment dans la ville de Sokodé, considérée comme fief de l’opposant Tikpi Salifou ATCHADAM, on note une présence discrète mais tenace de militaires dans la ville. Deux centres de vote sont ouverts au centre ville pour ce vote anticipé qui s’est déroulé dans le calme. Aucun incident majeur n’est signalé à la fermeture des bureaux de vote à 16h GMT et heure locale.

Un fort vote par dérogation 
A l’EPP Komah 1, dans la cour de l’école, les écoliers jouent au football, alors que les cours se poursuivaient de l’autre côté du bâtiment, en face 4 salles de classe sont réquisitionnées pour l’opération électorale de ce jour.
Dans le bureau de vote N°1, sur les 449 inscrits (y compris la population civile) à quelques heures de la fin des bureaux de vote soit à 14h GMT et heure locale, 123 personnes ont voté dont 14 par procuration. 
Au bureau de vote N°2, 449 électeurs sont également inscrits, à midi 118 personnes ont voté.
Au bureau de vote N°3, sur les 449 électeurs, 69 ont voté par dérogation contre un seul inscrit dans ce bureau de vote.
Au bureau de vote N°4, sur les 449 inscrits, 62 ont voté par dérogation et 1 s’est inscrit dans ce bureau de vote.  
Même scène remarquée au second centre de vote de la ville situé au sein de l’EPP Gendarmerie qui dispose également de 4 bureaux de vote. Au bureau de vote N°1 par exemple sur les 449 inscrits 149 ont voté à la mi-journée. Mme ANKOU Akpédjé, la présidente du bureau de vote s’est réjouie de l’opération du bon déroulement de l'opération dans le calme. 

Pour Tcha-Djobo Ghafur, rapporteur de bureau de vote de Komah 1, la plupart des votants de ce jour ne sont pas inscrits dans les centres de vote où ils ont voté ce matin. Il y a beaucoup de vote par procuration.  Cette situation s’explique, selon AYEVA Kpanadjila, le président de BV, par le fait que « plusieurs militaires sont en mission dans la ville mais aussi des éléments de la FOSEP qui ne se sont pas inscrits dans la ville au moment du recensement électoral ». Faut-il le rappeler que Sokodé vit sous un état de siège qui ne dit pas son nom. « Si ces éléments  se présentent à nous, nous les enregistrons sur une fiche, relevons le numéro de leur carte d’électeur avant qu’ils ne votent », poursuit l’agent.
Absence de délégués de l’opposition dans les bureaux de vote
Dans les huit bureaux de vote visités dans les deux centres de vote, seuls les représentants du MPDD et d’UNIR étaient présents. Les autres candidats n’ont pas envoyés de représentants. Dans certains bureaux de vote UNIR à la présidence, le poste de rapporteur est échu à l’UFC ou au PDR, des partis considérés comme proches du pouvoir or les procès verbaux seront signés par le président et le rapporteur ce qui ne laisse pas de doute sur des tentatives de fraude. 
Même si on note la présence remarquée du MPDD dans tous les bureaux de vote, les représentants de ces derniers sont relativement très jeunes, la moyenne d’âge tourne autour de 20 ans. A la question de savoir étant donné qu’il est seul dans le bureau de vote en face des représentants d’autres sensibilités et plus âgés que lui s’il arrivait une magouille pourra-t-il s’opposer, le jeune Esso Abdel Manaf répond avec conviction « je suis là pour défendre mon parti. Ils ne peuvent pas me corrompre facilement. En cas de fraude j’appel pour le signaler ». 

La vice-présidente de la CELI Tchaoudjo, Mme KASSIM Adizatou, constate un manque de préparation de la part des partis de l’opposition. « Nous sommes en permanence jusqu’à cette heure pour établir les fiches d’émargement pour les représentants des candidats mais peu se sont signalés. Le parti « Santé du peuple » n’est pas venu chercher les mandants de ses représentants. Le PSR n’a pas la totalité des mandants, car ils n’ont pas tout rempli. Le MCD est venu les retirer alors que c’est ce matin que le représentant de l’ANC a appelé pour se renseigner du jour de déroulement du vote par anticipation. Certainement qu’ils vont envoyer leurs représentés », égrène la vice-présidente de la CELI Tchaoudjo. Sur le terrain, l’ANC n’a pas de représentants dans les bureaux de vote comme nous l’avons eu à le constater. Comment peut-on expliquer cette situation que des candidats qui veulent le fauteuil présidentiel puissent être royalement absents à ce premier test de l’élection de samedi. Est-ce à dire que ces candidats ne sont pas intéressés par le vote des corps habillés ?  On se saurait expliquer cette situation dans une phase du processus électoral considérée comme niche de fraude électorale.
Notons que sept candidats sont en lice pour ce scrutin dont le premier tour est prévu pour ce samedi. Il s’agit de Faure GNASSINGBE, le président sortant qui brique un quatrième mandat, en face de lui son principal challenger Jean-Pierre FABRE qui se présente pour la troisième fois et l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo qui est à sa deuxième tentative. 


Clarisse AFANOU
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