Comment vaincre l’anxiété générale en cette période de coronavirus ?


Le coronavirus  souffle un vent de panique sur la population mondiale en général et togolaise en particulier. Depuis la détection du premier cas de cette pneumonie mortelle au Togo, la psychose semble gagner la majeure partie de la population. Cette peur généralisée n’est-elle pas préjudiciable au système de défense de l’organisme ? Réponse dans ce sujet.

L’incertitude du virus renfonce la peur chez les populations

Le coronavirus essentiellement une maladie émergente dont on ne sait pas grand-chose et c’est naturellement plus anxiogène que quelque chose que l’on connait bien. Mais l’aversion des populations vis-à-vis de cette pneumonie est due surtout à l'incertitude, c'est-à-dire la peur de l’inconnu qu’observe depuis assez longtemps. En effet, des travaux de psychologie menés à la fin des années 70, ont montré qu’il existe essentiellement deux critères qui structurent l’inquiétude de l’homme par rapport aux risques sanitaires : la méconnaissance d’un risque donné et le niveau de contrôle que l’on a sur ces menaces. Avec le Covid-19, on a la combinaison de ces deux facteurs. Le Covid-19 est encore mal connu et mal compris simplement parce qu’il émerge et que la connaissance scientifique et biomédicale se constitue au fur et à mesure qu’on étudie les premiers cas.

 On n’a pas beaucoup de recul sur cette maladie ainsi que sur ses paramètres épidémiologiques de base, comme sa contagiosité ou sa létalité, il y a donc beaucoup d’incertitudes. De plus, c’est un agent pathogène qui est invisible qu'on ne voit pas dans notre environnement. Une fois qu’on est contaminé et que l’on a des symptômes, c’est là qu’on se rend compte qu’on a été en contact avec ce pathogène. Tout cela est extrêmement anxiogène. 

« J’ai le nez qui coule, une fièvre et je tousse, je me suis dis ça y est j’ai le coronavirus. J’étais tellement angoissé, je ne récitais que le psaume 91 », témoigne Léontine. 

Selon Dr Tony BROU, psychologue-clinicien et de la santé, cette anxiété générale est provoquée par la façon dont on a présenté cette maladie avec le nombre de morts et la fatalité que cela a suscité dans l’esprit des populations. Cela a semblé dire pour certains que les mesures barrières malgré tout, surtout en Afrique, ne vont pas marcher. Surtout lorsqu’on fait une comparaison avec l’Occident et la Chine qui ont un état sanitaire, un état d’hygiène, un accès aux soins plus élevé et un accès d’eau important mais qui crèvent sous le poids de cette pandémie. Donc  beaucoup d’Africains faisant le lien avec cette situation de délabrement sanitaire et hygiénique de leur pays par rapport à l’occident sombrent dans la peur et la psychose. 

 La peur fragilise le système immunitaire

La peur du coronavirus est suscitée en réalité par l’angoisse de la mort. Toutefois, la  peur en elle-même n’est pas une mauvaise chose. C’est un système qui permet à l’organisme de réveiller les sens. Par exemple, s’il n’y a pas la peur l’être humain ne peut pas lutter efficacement lorsqu’il est en danger. Mais lorsque la peur l’empêche d’adopter des comportements adéquats (des gestes barrières par exemple) en ce moment elle n’est plus normale. « Il faut éviter de tendre vers cet état, une peur qui paralyse les populations et qui les conduit à se priver des gestes barrières qui sont les seules à pouvoir les protéger », explique Dr BROU.

Aujourd’hui pour toute maladie, on sait que le système immunitaire assure la défense. Mais cette peur affaiblit parfois le système de défense ce qui peut être  dommageable à l’organisme, souligne le spécialiste.  

On a commencé par avoir des faux coronavirus ou de pseudo coronavirus c'est-à-dire des personnes qui commencent par développer des signes d’une personne atteinte du covid19 alors qu’en réalité il n’en ait rien. Il appartient aux médecins de faire le diagnostic différentiel.

« Moi-même j’en ai reçu des personnes qui ont commencé par faire les signes de la maladie alors qu’il n’en ait rien. Le fait de sentir cette peur, d’avoir les descriptions du coronavirus fait que certains peuvent commencer par  adopter ces signes psychologiques », explique le psychologue pour qui, le plus important, en pareille circonstance est de référer ces personnes vers les services compétents pour une prise en charge psychologique.

L’un des éléments qui renforce  cette peur, cette anxiété est la façon dont on continue de présenter la progression de la maladie en Occident.  La présentation est faite de façon fataliste. Conséquence, on ne fait plus confiance à rien, aux gestes barrières. Et les médias jouent un rôle très important dans cette situation. Les médias déversent un flux d’information sur la pandémie et la population de plus en plus connectée est avide d’information, et lorsqu’elle les trouve,  les commente,  les partage et ces informations agissent sur la conscience de l’individu et du coup elle se laisse aller à une certaine fatalité par rapport aux gestes barrières qui peuvent les protéger.

« Lorsque le premier cas a été détecté en Afrique, les médias occidentaux surtout, ont commencé par dire l’Afrique aussi vient d’avoir son premier cas. Ensuite, quand le décès est intervenu, ils ont commencé par dire de nouveau l’Afrique a son premier décès. Et dans deux semaines, le taux d’infection va augmenter et les décès vont augmenter parce que le continent n’a pas d’hôpitaux. Voilà des sorties médiatiques qui entretiennent cette peur », explique Dr BROU.

Face à ce matraquage d’information liée au virus, Dr BROU, suggère à  la population pour éviter cette peur surtout les personnes un peu fragiles sur le plan psychologique de couper tout lien avec des informations fatalistes qui sont partagées sur les réseaux sociaux et sur certaines chaînes. Il recommande également de se déconnecter des médias qui nous influencent, d’écouter de la musique, faire la découverte de nouvelles passions, apprendre de nouvelle langue,…Il faut continuer par vivre malgré tout car la vie ne s’arrêtera pas avec le coronavirus, si on vit c’est bon, si on tombe malade on va se soigner, doit être le crédo.

Notons que pour éviter le coronavirus, il est  recommandé de se laver fréquemment des mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, éviter les poignées de mains, les accolades et les embrassades.

Francine DZIDULA

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