Transfusion sanguine : Le nombre de donneurs de sang a chuté de moitié depuis le début de la pandémie




Les besoins en termes de produits sanguins labiles (PSL) du Togo sont demeurés intacts ou même en nette augmentation en ce temps de la pandémie au COVID-19. Et pour cause, le nombre de donneurs est en net recul, une situation liée notamment à l’état d’urgence sanitaire avec son corollaire de fermeture des établissements scolaires gros pourvoyeurs de donneurs. Autre chose: la peur des potentiels donneurs de se faire contaminer au cours de l'opération de don. Et pourtant, dès l'apparition de la pandémie, il nous est rapporté que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a mis en place une panoplie de mesures pouvant protéger les donneurs ainsi que personnel dudit centre. 


Des mesures barrières très strictes


Le vendredi 24 avril dernier, lorsque nous nous sommes rendus au Centre national de transfusion sanguine (CNTS) de Lomé, le constat est saisissant. Tout visiteur avant de franchir les portes dudit service, est soumis à la prise de température grâce au thermostat. S’il ne dispose pas de bavette, une lui est offerte. Ensuite, à l’entrée il est dirigé vers le dispositif de lavage de mains afin de sacrifier à cet exercice. Quant à la salle d’attente, les sièges sont disposés dans le strict respect de la distanciation sociale. A preuve, deux donneurs sont séparés par un ou deux sièges. En salle de prélèvement, en vue d’amoindrir le risque de contamination, les lits sont également distancés afin de respecter la distance requise. 



Aussi, pour éviter la contamination entre personnel, le nombre est non seulement réduit mais la rotation est instaurée. Ces mesures, selon Dr NADJIR Liza, médecin biologiste, chef service production, vise à « protéger le donneur mais il faut également protéger le personnel parce que cela risque d’être un cercle vicieux si des gens qui viennent du dehors contaminent le personnel. Ce dernier également en consultation et en prélèvement peut aussi contaminer le donneur ».


Comme palliatif au nombre en baisse des donneurs, il nous revient que les responsables du CNTS entendent tourner leur sollicitation vers les donneurs volontaires. Mais ces derniers aussi se font rares en cette période de pandémie pour la même cause ce qui se répercute sur les poches de sang disponibles. Or, selon les estimations, les besoins annuels au Togo en termes de produits sanguins se chiffrent à 70 000 poches de sang. Mais les collectes effectuées dans les centres de transfusion sanguine n’avoisinent que les 2/3 de la couverture des besoins avant la crise. 


Le nombre de donneurs a chuté de moitié


Selon les statistiques du CNTS, le nombre de donneurs a diminué de moitié depuis le début de l’année. De 3153 le nombre de poche adulte collecté en janvier 2020 on est descendu à 1145 en mars, pour finalement chuter à 440 poches adultes dans la première quinzaine du mois d’avril. Conséquence, le sang disponible est destiné uniquement aux urgences. « Les services dans les hôpitaux ont également diminué mais on essaie de gérer chaque jour et le peu qui sort est prioritairement cédé pour des interventions programmées, par exemple un myocarde qu’on doit opérer et qui est programmé, c’est des opérations qu’on reporte », a expliqué Dr NADJIR. De ce fait, la cession nominative est en train d’être proscrite au profit de la cession aux hôpitaux ou aux banques de sang pour que le produit soit plus proche du malade dans les hôpitaux et mieux géré. « Ce qui fait que depuis quelque temps, vous allez voir que nous servons directement les hôpitaux que les cessions nominatives », a indiqué notre interlocuteur. Même si sur les lieux, nous avons encore croisé ces demandeurs avec leurs glaciers en main à l’instar de ce monsieur venu de la ville d’Anié à la recherche de l’or rouge pour son patient hospitalisé au CHU Campus. Après plusieurs heures sans avoir le groupe sanguin désiré, il s’est résolu à appeler son frère à le relayer le temps de vaquer à d’autres occupations. 



Le sang, un liquide hors-pair


Malgré les progrès spectaculaires de la science, la médecine n’est pas encore parvenue à fabriquer une substance capable de jouer les mêmes rôles physiologiques que le sang. Celui-ci est un liquide complexe, comportant des cellules vivantes qui jouent chacune une ou plusieurs fonctions vitales. D’après les chercheurs, la fabrication du sang artificiel n’est pas pour demain. Le recours au don de sang a donc encore de beaux jours devant lui. « Le sang ce n’est pas un médicament qu’on peut aller acheter. C’est seulement par des sensibilisations qu’on peut amener des gens à en donner. Nous faisons des appels aux donneurs, nous diffusions des communiqués radios-télé pour les amener à donner, mais il y a beaucoup de peur dans population même si nous avons pris des dispositions pour éviter des contaminations », conclut Dr NADJIR.


Notons que pour éviter le coronavirus, il est  recommandé de se laver fréquemment des mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, éviter les poignées de mains, les accolades et les embrassades.

Francine DZIDULA


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