Coronavirus : Le secteur hôtelier durement touché



Hôtel du Golfe, Krismas, Avenida, Sancta Maria, Sarakawa…sont les hôtels qui ont fermé ou qui ont dû réduire ces derniers jours leurs prestations en raison de la propagation du covid 19 dans le pays. La liste de ces hôtels n’est pas exhaustive. Elle risque de s’allonger dans les semaines à venir si la progression de la pandémie continue sur cette courbe ascendante. C’est dire que le secteur hôtelier est dans une mauvaise passe. Et pourtant, le gouvernement togolais misait sur ce secteur pour la relance des activités touristiques dans le pays, en témoigne les récentes tournées entreprises par le ministre en charge du secteur.


Pour les acteurs du secteur hôtelier, la pandémie du covid 19 tombe au mauvais moment. Normalement la fin du premier trimestre de l’année est souvent la période des réservations, la période où l’événementiel marche bien, la période des regroupements : des gens se marient, font des baptêmes, voyagent, font des propositions commerciales, des réunions, des activités culturelles ce qui fait monter le chiffre d’affaire du secteur. Cette année, c’est la mort dans l’âme que les acteurs du secteur voient passer ce moment. Car les gens ont peur de voyager, de se rencontrer, et les regroupements de plus de 15 personnes sont interdits par décision gouvernementale.


L’industrie par excellence de l’hospitalité, de l’accueil et des rencontres, l’industrie hôtelière est par essence le secteur de la découverte. Elle est intimement liée au transport. Et quand ce dernier éternue, le secteur hôtelier s’enrhume. Et depuis que les avions sont cloués au sol, et les frontières terrestres et maritimes fermées au trafic à la faveur de la lutte contre le covid 19, l’effet se ressent sur le secteur hôtelier qui, de ce fait devient l’un des secteurs le plus affecté par les mesures prises pour juguler cette crise sanitaire mondiale.


Des mesures qui ont plombé le secteur


Au nombre des toutes premières mesures prises par le gouvernement togolais le 16 mars dernier pour endiguer la propagation de cette pandémie au Togo figure en bonne place : la suppression de toutes les liaisons aériennes en provenance des pays à haut risque, l’annulation de tous les événements internationaux prévus au Togo pendant trois semaines, l’interdiction de tout rassemblement de plus de 100 personnes sur toute l’étendue du territoire nationale. Des mesures qui ont des répercussions sur le secteur hôtelier. Ces mesures affectent inexorablement les trois postes de recettes du secteur hôtelier que sont la restauration, l’hébergement et les séminaires. Elles imposent des restrictions formelles à l’aéroport, au port et aux frontières. Ce qui veut dire que la destination Lomé n’est plus desservie et par conséquent les touristes qui sont les potentiels clients des hôtels n’arrivent plus dans le pays. Même chose pour le port où les bateaux et les marins ne descendent plus au quai. Ce qui constitue un manque à gagner pour l’hébergement. En effet, depuis la fermeture de l’aéroport de Lomé, le personnel navigant des compagnies aériennes d’Ethiopia Airlines et d’ASKY, ce dernier ayant fait de Lomé son hub, ce personnel qui logeait dans des hôtels togolais à chaque escale ne pourra plus le faire, ce qui constitue un manque à gagner pour ces structures hôtelières. 

L’impact sur la restauration n’est non plus à négliger. Puisque la mesure gouvernementale impose également des restrictions aux débits de boissons et aux restaurants. En pareille circonstance, il est inconcevable que les hôtels qui ont en leur sein des restaurants tentent d’outrepasser la mesure. Le restaurant qu’il soit à l’intérieur d’un hôtel reste avant tout un lieu public où la contamination du covid 19 peut se faire également. Par conséquent, « les clients ont peur de venir au restau et nous qui les accueillons avons aussi peur que les mesures que nous avons mises en place ne sont suffisantes pour nous protéger en plus de la décision du gouvernement de fermer les restaus. Nous ne pouvons pas les contourner », confie Ghislain, gérant dans une structure hôtelière de la place.

Des réservations presque nulles
 
Quant aux séminaires et congrès, ils sont tous autant affectés car non seulement le gouvernement a suspendu les rencontres internationales qui devraient avoir lieu à Lomé mais encore interdit tout regroupement de 100 personnes voire 15 personnes. « Du coup pas de séminaires, pas d’anniversaire, pas de mariage, pas de congrès, pas de conférence », explique Calvin, un gérant d’hôtel. 

Conséquence de cette situation, beaucoup d’hôtels ont fermé. « Certains pour une semaine, d’autres pour deux semaines ou un mois. S’ils ont fermé tout d’abord c’est pour des raisons sanitaires, pour lutter contre la maladie. Mais pour d’autres, c’est parce que des coûts d’exploitation deviennent plus importants, le coût d’ouverture devient plus important que le coût de fermeture et le choix de la fermeture a été fait », relate un responsable d’une association du secteur sous couvert de l’anonymat. Quant aux clients, en cette période d’incertitude, ils préfèrent annuler leurs réservations. Ainsi plusieurs annulations sont signalées dans le secteur. « On ne fait que gérer des annulations. Tout le mois de mars, je n’ai reçu que des annulations ; le taux d’annulation peut avoisiner 90%. Même pour des événements qui sont prévus pour décembre 2020 des gens commencent par annuler », a indiqué Robert réceptionniste à Lomé. Et de poursuivre « nous, actuellement, on a un taux d’occupation de 0%. Aucun client ne s’est fait enregistrer depuis une semaine », souligne-t-il. 

Face à cette situation, et malgré la volonté affichée par le gouvernement que cette crise n’impacte pas sur l’emploi, force est de constater qu’il sera difficile surtout sans mesure d’accompagnement pour les sociétés notamment celles du secteur hôtelier de garder les employés. Le faire, c’est accepter tourner à perte. 

De ce fait, les premières mesures prises au niveau de beaucoup de ces structures hôtelières qui commencent par fermer leur porte sont de donner des congés techniques ou chômages techniques à leurs employés. « C’est la première étape dans le processus de licenciement pour difficulté économique. Donc dans les deux mois à venir si la situation ne se rétablit pas beaucoup vont perdre leur emploi. Parce qu’il y a des contrats qui ne vont pas être renouvelés », note Ghislain. 

En attendant, des démarches sont en cours dans le secteur pour une rencontre entre le ministère de tutelle, les associations et les différentes parties prenantes du secteur (fournisseurs, banques, OTR, …) pour négocier sur les délais, les coûts afin « qu’aucun des acteurs ne soit laissé sous le carreau ».


Notons que pour éviter la maladie, il est  recommandé de se laver fréquemment des mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, éviter les poignées de mains, les accolades et les embrassades.


Francine DZIDULA


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