Faure GNASSINGBE rempile pour un nouveau bail : le mandat de trop ?




Réélu le 22 février dernier à la suite des élections présidentielles contestées, Faure GNASSINGBE, le chef de l’Etat togolais, prête serment ce dimanche 03 mai à la Présidence de la République au cours d’une cérémonie sobre présidée par le Président de la Cour constitutionnelle, Abdou ASSOUMA. 


A 54 ans, le fils du dictateur GNASSIGBE Eyadema qui avait succédé en 2005 à son géniteur dans un bain de sang devra se plier pour la troisième fois consécutive (et même plus si on en tient au serment fait lors du coup d’Etat qui l’a amené au pouvoir en 2005) à ce cérémoniel devant le même personnage, Abdou ASSOUMA. A son âge, il entame ainsi son quatrième mandat à la tête de ce petit pays de l’Afrique de l’ouest que tout prédisait à un bel avenir avant que les démons du coup d’Etat de 1963 ne remettent le pays de Sylvanus OLYMPIO au creux de la vague. Faure GNASSINGBE devient ainsi le doyen des chefs d’Etat de la sous région ouest africaine malgré son âge. Il est le seul chef d’Etat de la sous région à briquer un quatrième mandat alors que dans tous les pays la limitation de mandat à deux est la norme.


Son pouvoir décrié ces derniers années par une contestation populaire sans précédant dans la seconde moitié de l’année 2017, n’a pas pourtant pas empêché Faure GNASSINGBE d’être réélu à plus de 70% des suffrages. Ce qui  n’a pas manqué de susciter la curiosité sur le caractère transparent et crédible du scrutin. D’ailleurs, son principal challenger, Agbéyomé KODJO sur qui plane une inculpation à la veille de la prestation de serment avec interdiction à lui faite de s’exprimer sur l’issue du scrutin par une justice instrumentalisée renforce le doute de ceux qui ne croient pas au caractère démocratique du scrutin.


Durant les trois derniers mandats du règne du fils à Eyadema malgré le tapage médiatique fait sur une hypothétique relance de l’économie nationale avec les bons scores obtenus dans le classement « Doing business », le fossé s’établisse d’avantage entre la population togolaise et la minorité qui gravite autour du chef de l’Etat et qui est souvent auteur de multiple détournement de fonds publics. Bénéficiant d’une impunité totale.

Ce quatrième mandat démarre dans une crise sanitaire sans précédent marquée par la pandémie à coronavirus et face aux infrastructures sanitaires en déconfiture totale nourrit les attentes de la population qui sont grandes. 


Mais la question que se pose cette population est qu’après un, deux et trois mandats sans grandes actions, que peut encore faire le président Faure GNASSINGBE là où des présidents en un mandat ont transformé le visage de leur pays. C’est ce qui est sûr, ce quatrième mandat est le mandat de trop. 


Il appartient donc au fils d’Eyadema au cours de ce mandat de préparer une sortie honorable sur la scène politique en s’inscrivant dans la lignée des  grands Hommes qui par une action d’éclat un jour  réussisse à se faire pardonner par leur peuple.

 


Francine DZIDULA


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