Doufelgou : Situation tendue, au moins un blessé



La situation est tendue à Niamtougou, environ 450 km au nord de Lomé, ville natale du Lieutenant MADJOULBA Bitala. A la fin de l’ultimatum de 72heures donnée en fin de semaine dernière par la population aux autorités togolaises pour qu’elles leur restituent le corps de leur « fils froidement assassiné », elle est de nouveau descendue dans la ville ce matin avec les mêmes exigences : que le corps de leur fils leur soit retourné afin que ce dernier soit dignement enterré selon les rites Nawdeba.

Les ministres Gilbert BAWARA et Noel BATAKA, tous deux natifs de la ville, envoyés la veille pour calmer les ardeurs de la population. Mais en vain.
Selon les informations qui nous parviennent  de la ville, la population venue des tous les cantons, furieuse et plus nombreuse aujourd’hui que la semaine dernière, est difficilement contenable par les forces de l’ordre qui sont débordées. Certains ont même pris la poudre d’escampette devant la hargne des jeunes manifestants. Les vitres et les portes de la préfecture ont été brisées. Le préfet de Doufelgou qui a tenté de fuir a été rattrapé par les manifestants. Des tirs à balles ont été entendus dans la ville faisant au moins un blessé parmi les manifestants. 

Le président du Nouvel engagement togolais (NET), Gerry TAAMA, natif de la ville s’est montré solidaire avec les manifestants.

« En tant que fils de Siou, je soutiens leur démarche. Dans notre tradition, quand une personne meurt assassinée, on ne laisse pas le corps à la morgue. Il y a des rites spéciaux à faire et on l’enterre immédiatement », écrit-il sur sa page facebook.

Même soutien de la part de Joseph TAKELI, natif aussi de la préfecture et résidant dans la diaspora. Il a appelé la diaspora Nawdeba à soutenir « nos parents nous montrent la voix à suivre. Ils manifestent, nous devons les soutenir. Que par cette manifestation puisse arriver sur la terre de nos aïeux le changement tant attendu », déclare-t-il dans un audio. 

Il a, par ailleurs appelé « les frères Kabyè » à se joindre à cette lutte parce que les familles kabyè aussi souffrent de ce genre de traitement puisque souligne-t-il, les deux ethnies sont « les derniers retranchements d’un régime moribond ». 


Pour l’instant, la principale revendication de la population est la restitution du corps de leur fils.

Depuis la disparition tragique de l’officier supérieur de l’armée togolaise, aucune réaction officielle n’est venue de la part des autorités pour clarifier la situation si ce n’est de procéder à son remplacement. 

On se rappelle qu’en 2017, l’assassinat dans les circonstances pareilles d’un militaire gardant la maison du ministre Agadazi dans la ville de Sokodé a suscité une vive réaction de la part des autorités du pays et la population de la ville a subi  des représailles. Même le chef de l’Etat avait sillonné de garnison en garnison pour dire que ce crime ne restera pas impuni. C’est ce que les fils de Doufelgou aussi réclament aujourd’hui pour ne pas donner l’impression de deux poids, deux mesures ou que certains citoyens sont au-dessus des Lois du pays, que le crime de leur fils ne reste pas impuni. Seront-ils entendus ? Wait and see !

Francine DZIDULA

E-Mail : togoscoop@gmail.com
Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires