Portrait: Yves DOSSOU LEBLANC, un libre penseur devenu journaliste?




Si aujourd’hui, on croise de plus en plus de journaliste rasta. Il faut admettre que Yves Dossou est le pionnier dans le monde de la presse togolaise. Journaliste-reporter et présentateur de la Radio Kanal FM,  se distingue de ces confrères journalistes par ces cheveux rasta. Si ce style est apprécié dans certains milieux, il ne l’est pas dans tous les cercles et l’intéressé est souvent l’objet de discrimination.

Comment vit-il cette vie au service, sur les lieux de reportages et dans son entourage avec ces cheveux rasta?

C’est cette facette de la vie de notre confrère Yves Dossou que nous voulons vous faire découvrir à travers ce portrait.

 Lecture…

PORTRAIT : YVES DOSSOU, LE JOURNALISTE RASTA

Il ferait carrière musicale ou s’exercerait dans un domaine de l’art en général que cela ne surprendrait personne. Mais avec son look de rasta, Yves Dossou Leblanc a choisi d’être journaliste professionnel et cela le public togolais peu habitué à cela de la part d’un homme des médias  ne le comprend pas. C’est ainsi qu’il est souvent l’objet de curiosité mais aussi parfois de discrimination.

Tenez par exemple ! L’année dernière, Yves Dossou se rend à une conférence de presse organisée dans un ministère de la place. Alors que l’agent de sécurité en faction devant l’immeuble laisse entrer tout le monde, dès que Yves Dossou arrive à son niveau, il lui demande sa pièce d’identité.

A la question de l’intéressé de savoir pourquoi il a laissé passer sans formalité ses devanciers. L’agent répond « lui il est correcte ». C’est quoi correcte lui rétorque le journaliste. L’agent sourit et déclare « On ne veut pas d’artiste ici ».

Ce cas n’est pas isolé. Toujours dans la même année, à la suite d’une manifestation de l’opposition, les jeunes du quartier Bè ont dressé des barricades sur la voie et montaient la garde  face aux forces de l’ordre autour de 22h quand Yves descendait de la radio pour rentrer chez lui.

Arrivé au niveau des forces de l’ordre, ces dernières qui ne faisaient pas auparavant les contrôles d’identité l’interpellaient « Hey rastaman où vas-tu ? Où sont les pièces de la moto  » ?

En prenant sa carte ils s’aperçoivent qu’il est fait mention de journaliste, l’agent surpris lui demande « toi journaliste » ?
 
Mais ces comportements ne surprennent guère Yves.

« Je comprends les gens quand ils réagissent ainsi », avoue-t-il sans gêne, car « la plupart du temps cela dépend du rasta même. Les gens ne connaissent pas vraiment la philosophie rasta. Ils ne portent que la parure alors qu’un rasta est un élu de Dieu et pour ça nous devons être toujours positifs et être un modèle de vie pour la société », note-t-il.


Ainsi dit, le reporter de « La nouvelle génération », la radio la plus écoutée comme il aime lui-même définir sa station de radio, considère  le rasta comme une philosophie basée sur un mode de vie. Puisque poursuit-il, « je ne suis pas devenu rasta, je l’étais même avant de porter les dread looks. Aujourd'hui, j'ai décidé simplement de porter les tresses Rasta  pour afficher mon identité, ma vraie nature et montrer aux yeux de la société dans laquelle je vis ce que je suis en réalité et je l'assume. Je suis un libre penseur », confie M. Dossou.

Malgré cela, le début n’a pas été facile, reconnait-il.

« Je suis à ma troisième dread looks. Les deux premiers j'ai dû les raser sous la pression des amis (es) et de mon patron ».

Finalement, Yves a su imposer son mode de vie à son entourage aidé en quelque sorte par ses parents. « Ça ne sert à rien de m'ôter cette partie de ma personne », dit-il.

Ce reporter touche à tout est arrivé à la radio Kanal FM il y a une dizaine d’année alors que rien ne le prédisposait à devenir journaliste.

« Je suis arrivé sans avoir en tête que j’allais y rester jusqu’à présent. Mon métier de prédilection c'est le métier d'avocat. J’aime trop le droit et j’adore les avocats ».

Homme de terrain, M. Dossou après une dizaine d’année dans le métier est un passionné de la technique, de l’informatique. Il est à des rares fois au journal parlé.

Célibataire, M. Dossou adore les compagnies galantes et s’y plaisent beaucoup. Malgré tout, il affirme à qui veut l’entendre que le mariage est le cadet de ces soucis.

Ces temps libres, il les passe à jouer au football et à regarder des films d’horreur.

Ses idoles dans la profession se retrouvent au plan national qu’international. Il affectionne Lawson Drackey, Kouessan Yovodevi, Gilles Bocco, Eric Kaglan ou encore Ata Ahli ou Fabbi Kouassi sans oublier Laurent Sardou, Alain Foca à l’international.
 Son ambition est d’atteindre ses idoles et pourquoi pas les dépasser.

 


Albert AGBEKO


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