Togo : meurtre dans l’armée et recherche de bouc-émissaires





 Qu’est-ce qui pousse une population paisible du Nord du Togo à se révolter avec plus de trois manifestations spontanées en quelques jours, dans le Doufelgou, au nord Togo, après la mort du fils du pays, chef du 1er Bataillon d'intervention rapide des forces armées togolaises ? La dignité d’une part, mais la vérité de l’autre… voire la justice aussi… Mais pourquoi l’État togolais fuit-il cette vérité tout en refusant de satisfaire une demande bien simple, à savoir transmettre le corps d’un défunt pour un enterrement digne ?
 L’exécution des règlements militaires est supérieure à l’observation des lois du Togo

 Le 4 mai 2020, le Lieutenant-Colonel MADJOULBA Bitala, Chef de corps du 1er Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) de la première région militaire, depuis la refondation de l'armée en 2014, a été assassiné dans son bureau. Sur ordre de Faure Gnassingbé, auto-investi par son système ésotérique-militaire et civil pour le 4e mandat usurpé au Peuple togolais et anticonstitutionnel le dimanche 3 mai 2020. Un arrêté ministériel datant du 5 mai 2020 a désigné le successeur en la personne du Lieutenant-Colonel ATAFAÏ Tchangani. Ce dernier a pris fonction le samedi 9 Mai 2020 à l’État-major, sous la présidence du chef d’État-major de l’Armée de Terre, le Colonel Kpatcha SOGOYOU, en présence de plusieurs officiers supérieurs des forces armées togolaises (FAT). La cérémonie s’est déroulée dans la préfecture d’Agoè-Nyivé. La promotion du Lieutenant-Colonel ATAFAÏ a surpris plus d’un, puisqu’auparavant dans son précédent poste, il commandait le Corps des Surveillants de l’Administration Pénitentiaire.

 Faut-il rappeler que selon le Colonel Kpatcha SOGOYOU, position exprimée dans son allocution de passation de service citée plus haut, la priorité au Togo est que « l’exécution des règlements militaires » est supérieure à « l’observation des lois du Togo ». Autrement dit, l’exécution d’un ordre militaire primerait sur le respect de la Constitution togolaise. Sur cette base, il est clair qu’il ne sera pas possible d’appliquer le droit pour identifier les commanditaires, l’assassin ou les assassins directs du Lieutenant-Colonel Madjoulba Bitala. La Loi militaire togolaise étant bâtie sur la « loi du silence », dite la « grande muette », il ne sera pas possible de faire émerger la vérité, sauf si les sous-officiers, adeptes de la vérité, de la transparence, de l’honneur et du respect de la Constitution togolaise, finissent par opter pour vérité, fondement du retour de la confiance entre le Peuple et l’Armée togolaise.

 Lors de la passation de service, il n’a jamais été question de faire respecter les Lois de la République pour le Lieutenant-Colonel MADJOULBA Bitala. En effet, l’État togolais, et en particulier le Chef des armées en la personne de Faure GNASSINGBE, refuse à ce jour de rendre intact à la famille et aux habitants du village du défunt, le corps du feu Lieutenant-Colonel MADJOULBA Bitala, apparemment criblé de balles et balafré par une arme blanche. Il y a donc discrimination quant à l’application de Loi togolaise
Zéro enquête aboutie au Togo !!! 

Par ailleurs, depuis quand une enquête a abouti au Togo ? Faut-il rappeler Tavio AMORIN, Atsutsè AGBOBLI, pour ne parler que ces deux cas emblématiques ? Ou faut-il rappeler que 7 ans après, l’enquête sur les incendies criminels des marchés de Lomé et de Kara n’a toujours pas donné de résultats, et encore moins identifié les coupables ? Encore faut-il que des plaintes aient été déposées et instruites !!!

Une commission d'enquête, avec à sa tête Le Général Damehame YARK, ministre de l’intérieur et de la sécurité, a été diligentée pour enquêter sur la mort du Lieutenant-Colonel MADJOULBA. Il n’a jamais été dit que cette Commission allait trouver la vérité, même si une « vérité de l’État togolais » finira par être annoncée. Alors que personne ne s’y trompe. Ce n’est pas un Gal YARK, cité dans plusieurs rapports traitant des droits humains et de la torture, qui pourra éclairer le Peuple togolais. Mais il importe de rappeler la liste non exhaustive des militaires togolais assassinés et à ce jour aucun rapport sérieux n’est venu rendre des comptes aux familles, au Peuple togolais :

LISTE NON EXHAUSTIVE DE MILITAIRES TOGOLAIS ASSASSINÉS ET DONT AUCUNE ENQUÊTE N’A ABOUTI AU TOGO


1.

Lieutenant_Colonel MADJOULBA Bitala

2.

Sergent Kifalan TCHA

3.

Général AMEYI Mawoulikplimi

4.

Colonel Eugène TEPE

5.

Sergent Kokou DIALO

6.

Sergent Yaba YOLALE

7.

Sergent Komi EHOU

8.

Sergent Kokou AGBEGNA

9.

Capitaine AZOTE

10.

Officier Joseph Latévi LAWSON-BALAKPO

11.

Commandant Clément Kokou KETEMEPI

12.

Colonel Paul COMLAN

13.

Officier Georges Pana PAYASSAN

14.

Officier Jean-Alexandre OSSEYI

15.

Capitaine Gaston Charles GNEHOU

16.

Officier Antoine MESSAN

17.

Colonel Koffi H. KONGO

18.

Colonel Gnandi AKPO

19.

Et tous les officiers inconnus, forcés à la désertion, à l’exil, etc.
 

Personne ne peut d’ailleurs nier que les personnalités togolaises suivantes sont internationalement connues et citées par les organisations internationales pour figurer parmi les auteurs de crimes de torture : il faut citer le Général YARK Damehane, actuel ministre de la Sécurité et de la Protection civile et le Colonel MASSINA Yotrofei, ex-Directeur général de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR), actuel directeur de la Gendarmerie Nationale, le Commandant ATEKPE du Service de Recherches et d’Investigations Criminelles (SRIC), un autre de la même famille au régiment blindé de reconnaissance et d'appui (RBRA), un autre service de renseignement, un autre de la même famille capitaine au camp du 2e régiment d’infanterie (RI), le Capitaine YAKA du Régiment Commando de la Garde Présidentielle (RCGP), le Commandant AKAKPO, officier de gendarmerie, le Général Titikpina à la retraite cité dans les crimes postélectorales de 2005, le Major KPEMISSI aujourd’hui à la retraite et le Sergent TCHAMDJA, tous deux Commandos de la Garde Présidentielle (RCGP) et considérés comme des spécialistes de la torture de soldats, et plusieurs officiers sont reconnus être des tortionnaires expérimentés au service du système des renseignement et d’information (SRI), etc. 

Alors quand Faure GNASSINGBE, le Chef des armées, refuse pour le moment de donner le corps du Lieutenant-Colonel MADJOULBA Bitala à sa famille et confie l’enquête aux Généraux YARK Damehane et MASSINA Yotrofei, il ne faudrait pas s’étonner que la contre-vérité des urnes fasse bon ménage avec la contre-vérité des faits sur l’assassinat de ce militaire togolais.

Source : RCDTI
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