Convoqués après saccage des cabanes des peulhs, les agriculteurs d’Ahassomé implorent la clémence du maire


  

Les agriculteurs et les éleveurs surtout les bouviers peulhs sont les deux frères ennemis de la société africaine. Les inimitiés entre les deux couches sociales ne datent pas d’aujourd’hui. Au Togo, ces mésententes se sont toujours manifestées par des affrontements sanglants. Les uns accusant les autres de laisser leurs bétails dévaster leurs champs.

Chaque année, des dizaines d’affrontements faisant des dégâts et parfois des pertes en vies humaines sont signalées entre les deux communautés. Ces litiges sont le plus souvent tranchés devant les autorités administratives, coutumières ou judiciaires. Mais la plupart du temps, les agriculteurs se disent lésés par ces jugements. Ces derniers ont toujours accusé les autorités de recevoir des peaux de vin de la part des bouviers ce qui les poussent à prendre faits et causes pour eux. Conséquence, les agriculteurs malgré qu’il y a une loi qui règlemente la transhumance, ont tendance à rendre justice eux-mêmes.
C’est ce qui s’est passé le 07 juin dernier à Ahassomé, localité située à une vingtaine de km de la ville de Tado dans le Moyen-Mono.

Ce jour-là, la population dudit village exaspérée par la dévastation à plusieurs reprises de leurs cultures et récoltes  par les bêtes des peulhs se sont pris à leurs congénères sédentaires installés dans le village en saccageant et en brûlant leurs cabanes.

Saisi le tribunal de première instance de Tohoun a adressé une convocation aux quatre meneurs de ce saccage à se présenter ce vendredi matin au tribunal.

Une convocation qui sème l’émoi au sein de la communauté des agriculteurs d’Ahassomé. Ils viennent d’adresser une lettre de protestation au maire du Moyen-Mono 1 contre les peulhs mais surtout contre la convocation. Notre rédaction a reçu une copie de cette lettre.

« Monsieur le Maire, les bêtes dévastent nos cultures et quand nous manifestons notre ras-le-bol cette fois-ci en prouvant aux peuhls que
nous sommes dépassés alors eux ils ont les moyens pour jeter en prison quatre des nôtres qui, paradoxalement, n’étaient pas les seuls à poser l’acte », écrivent-ils à l’endroit du Maire avant de demander son implication personnelle dans cette affaire pour que les quatre manifestants ne soient pas jugés et jetés en prison.

« Nous aurions dû vous approcher avant de vouloir nous mettre en colère mais l’acte étant déjà posé nous ne pouvons que vous demander pardon tout en vous priant de nous accompagner dans la résolution de cette crise entre nous agriculteurs du canton d’Ahassomé victimes des bêtes des peuhls résidant dans nos fermes et villages », poursuivent-ils.

Toutefois, précisent-ils, si jamais la justice se permet d’envoyer les quatre manifestants en prison, elle doit jeter également tous les agriculteurs du canton qui sont victimes depuis cinq ans de la dévastation de leurs récoltes par les bêtes des peulhs sinon « nous allons transformer le canton en  champs de violences aux conséquences indescriptibles aussi bien sur le territoire du canton et même au-delà », préviennent les agriculteurs d’Ahassomé.

 Clarisse AFANOU
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