Fin de l’état d’urgence et après ?


 

Décrété le 1er avril dernier pour trois mois par le Président de la République, l’état d’urgence sanitaire arrive à terme ce jour. Tout porte à croire qu’il ne sera pas prolongé puisque les députés qui devraient le faire sont en intersession.


Le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire du Togo a vécu. Ça fait trois mois qu’il a été décrété pour faire face à la pandémie du coronavirus. Selon la constitution, « à l’expiration du délai défini dans la loi d’habilitation, ces ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi en ce qui concerne leurs dispositions qui relèvent du domaine législatif ». Cette mesure qui permettait au gouvernement de légiférer par ordonnance sans besoin de recourir l’aval des députés était destinée à contourner la lourdeur administrative pour aller vite afin de gagner du temps dans cette « guerre  contre le coronavirus » comme l’a souligné le chef de l’Etat.


Trois mois après le bilan de la mise en œuvre de cette mesure est mitigé. Les restrictions décrétées notamment le bouclage des zones à risque, le couvre-feu ont été levés bien que le virus ait progressé dans le pays quoique on note une stabilisation dans la propagation.


On note également que l’état d’urgence surtout avec son couvre-feu a fait plus de dégât que le mal qu’il est censé prévenir. Au moins 5 personnes ont trouvé la mort durant cette période la plupart par bavure policière.


On n’a pas aussi senti durant l’état d’urgence la présence du chef de l’Etat. Ailleurs, en l’espace de trois mois, les Présidents de la République se sont adressés à leur concitoyens au moins une dizaine de fois, ici Faure GNASSINGBE s’est exprimé sur la pandémie une seule fois et là après interpellation citoyenne demandant s’il y a un commandant dans le bâteau « Togo » surtout que le pays vient de sortir d’une élection contestée.


L’état d’urgence est le justificatif du maintien du gouvernement de l’actuel Premier ministre Selom Klassou qui vient de boucler 5 ans à la tête de la Primature. Le pays étant en période d’exception où on légifère par ordonnance, on ne peut accepter la démission d’un gouvernement et la formation d’un autre ce qui démontrerait que les institutions fonctionnent normalement. Et donc plus de 4 mois après les élections le gouvernement conduit les affaires courantes avec les préjudices que cela causent à la population.


Maintenant que l’état d’urgence est à terme, il va de soi que dans les jours à venir le Premier ministre rende son tablier quitte au chef de l’Etat de le reconduire ou renouveler  sa confiance à quelqu’un d’autre pour faire face aux défis auxquels doit faire face le pays surtout l’après pandémie.


Francine DZIDULA

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