Golfe 5 : Maires et conseillers à couteaux tirés




Sa gestion de la chose publique au mépris de l’orthodoxie financière et ses frasques étaient de notoriété publique au point que la Cour des comptes l’avaient épinglé lorsqu’il dirigeait la Délégation spéciale de la ville de Lomé. Parachuté à la tête de la Commune Golfe 5, à la faveur de la dernière élection locale, ABOKA Kossi Agbenyigan dirige la mairie comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il a renoué avec ses vieilles habitudes mais c’est sans compter avec certains conseillers qui viennent de l’interpeller sur sa gestion.


L’alpha et l’oméga, l’ordonnateur et le comptable de la délégation spéciale, il pouvait se donner des largesses sans égards pour ses collaborateurs. Les choses sont en train de changer il ne c’était pas rendu compte. Croyant  toujours en territoire conquis comme il l’était à la tête de Délégation spéciale il voulait encore se permettre tout. Mais c’est sans compter sur certains élus qui ont décidé de lui mener la fronde. 


Gérant dans une opacité totale, les conseillers interpellent : « Nous faisons remarquer que les conseillers ne sont pas informés avant engagement des bâtiments loués, des meubles achetés pour apprécier si ces dépenses sont justes et constituent les priorités par rapport aux investissements prévus pour les actions de développement à accomplir au profit des populations », écrivent les frondeurs dans un courrier adressé à l’exécutif de la mairie.


Au nombre de six, ces conseillers municipaux dénoncent la léthargie et l’inaction qui caractérisent la gouvernance de la commune Golfe 5. Mais bien plus, les lois de la commune sont foulées aux pieds par le Tout-puissant maire sans égards pour ses conseillers. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la non convocation de la deuxième session ordinaire de l’année du conseil municipal qui, en principe devrait se tenir, selon les textes avant la fin de ce trimestre.


Or, ce n’est pas les sujets à discuter qui manque surtout en cette période de COVID 19. « Il est important de relever que la pandémie du COVID 19 ne peut servir d’argument à l’exécutif pour justifier la non tenue de la deuxième session car cette pandémie elle-même constitue l’une des urgences sanitaires qui nécessite la mobilisation et les actions du conseil municipal », rappelle à juste titre les frondeurs.


Aussi, Jean Kissi, Kodjo Alissotou, Jean Ekou, Kévin Assila, Mimi Bossou-Sodjoe et Habadada dénoncent le fait que les commissions  créées ne se réunissent pas malgré l’immensité de la tâche qui leur revient. Les bureaux des commissions constituent des postes que s’arrogent uniquement la majorité alors qu’elles devraient constituer la cheville ouvrière de la commune. Dans ces conditions, comment la mairie peut-elle gérer les multiples prérogatives dont elle à la charge, se demandent les frondeurs.

Jusqu’où ces frondeurs sont prêts à aller ? Vont-ils aller jusqu’à un vote de défiance ? La suite nous situera.


Elu député lors de cette législature, Kossi ABOKA avait défrayé la chronique déclarant qu’il a décidé de  mettre son indemnité de député du mois d’avril 2019 à la disposition du gouvernement pour la mise en œuvre du PND. Finalement, il a dû renoncer à son poste de député avant d’être élu maire grâce surtout à la divergence entre les élus de l’opposition.


Francine DZIDULA

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