La purge au sein des FAT se poursuit : le nettoyage par le vide




En l’espace de deux mois les Forces armées togolaises (FAT) ont perdu au moins six officiers supérieurs dans des circonstances troubles non encore élucidées. Le dernier drame qui frappe la grande muette togolaise est intervenu le 06 juillet, au nord du pays, dans la localité de Naboulgou sur la route de Mango.


Comme pour les dernières victimes, à l’exception de l’exécution du chef corps du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR), le colonel MADJOULBA Bitala, le drame de lundi  est intervenu dans un accident de circulation. Le Colonel BATABA qui effectuait une mission au nord du pays en compagnie de son intendant et de son chauffeur est la seule victime de l’accident. Les circonstances exactes de la survenue de l’accident ne sont communiquées.

Même si l’élimination de ces officiers intervient par accident, personne n’est dupe pour croire qu’il s’agit réellement d’accident, nous confie une source. Il s’agit de l’élimination des officiers devenus gênants pour le régime en place.


MADJOULBA et BATABA, tous deux officiers de grade de colonel,  sont des natifs de Siou, au nord du pays. Les deux officiers sont très liés : ils se voient pratiquement tous les weekends pour manger, boire et jouer aux cartes américaines qu’ils affectionnent. Ils ont tous les deux un bracelet sur lequel il y a un même signe. Les assassins du chef corps du BIR sachant que les deux officiers sont intimement liés ont  tout fait pour se débarrasser de son ami BATABA et ceci en orchestrant un accident pour éviter que son exécution en soit trop fragrante et choquante pour l’opinion comme cela avait été pour le premier officier.


Ces assassinats traduisent qu’il y a un malaise qui couve au sein de la grande muette togolaise. Il est révélateur qu’au-delà de l’apparence d’unité et de discipline qu’affichent les Forces armées togolaises (FAT), elles sont traversées par des courants de pensée. Et donc ces assassinats planifiés sont un moyen pour se débarrasser des officiers gênants dont notamment MADJOULBA et son ami BATABA et tous ceux qui peuvent parler à l’instar du secrétaire du chef corps lui aussi tué dans un accident de circulation. Tout porte à croire que tous les proches de MADJOULBA subissent une épuration et sont dans le viseur de cet ami invisible qui a décidé de les éliminer un à un. La peur est dans les rangs de tous ceux qui sont proches du chef corps du BIR car ils ne savent pas quand cet ami invisible décidera de leur faire la peau.


Même la commission d’enquête mise en place pour faire la lumière sur l’assassinat de MADJOULBA n’arrive pas à trancher le nœud gordien. Attendue pour livrer les conclusions de ses travaux  en l’espace d’un mois, deux mois après, elle n’a même pas pu communiquer une seule fois ne serait-ce que  sur l’évolution de l’enquête. C’est dire qu’elle est en face d’une patate chaude dont elle ne se sait pas comment s’en débarrasser.


Le grand dilemme est comment faire pour enterrer le corps du colonel MADJOULBA qui repose toujours à la morgue. A part cette énigme, cette commission d’enquête sera vite arrangée dans les placards comme cela avait été pour d’autres  bien avant. Mais il faut aussi compter avec le peuple Nawdeba qui a manifesté plusieurs jours pour réclamer le corps de leur fils. Le calme apparent qui règne à Doufelgou n’est pas synonyme de la maitrise de la situation bien que l’argent ait circulé ces dernières semaines dans la localité. Le peuple Nawdéba a, à choisir entre la soif de justice et de respect de la dignité humaine ou courber l’échine et marcher la tête baissée devant les assassinats de ces fils.



Francine DZIDULA

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