Le Bénin désormais pays à revenu intermédiaire, le Togo exhibe son « Doing business »




La nouvelle n’a pas fait grand bruit chez nos voisins de l’Est. Sous d’autres cieux on allait ameuter la terre entière. Et pourtant le pays de Yayi Boni vient de faire un bond en se classant pour la première fois de son histoire dans les pays à revenu intermédiaire. Preuve qu’ailleurs, sans bruit ni trompette, des gens travaillent pour révéler le défi du développement de leur pays.


Depuis le 1er juillet dernier, le Bénin est devenu un pays à revenu intermédiaire, de la tranche inférieure. Chaque année, le 1er juillet, la Banque mondiale publie la classification par groupe de revenus.  Le classement de cette année a révélé le passage du Bénin de la catégorie des pays à revenu faible à la catégorie des pays à revenu intermédiaire.


Avec cette prouesse, le Bénin rejoint la Côte d’Ivoire et le Sénégal, les deux pays de l’UEMOA qui jouissent de ce statut et sur le continent le géant Nigeria, le Ghana, le Maroc, le Cameroun.


Ce changement de catégorie, le Bénin le doit à l’amélioration de son revenu national brut (RNB) qui passe de 870 à 1250 dollars alors que le Togo pour un revenu national brut de 690 dollars soit environ 403 000 F CFA  végète depuis 1987 dans le creux des pays à revenu faible ne dépassant que les pays en guerre tels que la Somalie, le Burundi, la Sierra-Leone, la RD Congo, le Madagascar, le Soudan, la Centrafrique, l’Afghanistan. 


Comment le Bénin sans ressource d’envergure sur son sous-sol a pu engranger ce résultat positif alors qu’à côté, son voisin de l’ouest, avec toutes les ressources dont regorge son sous-sol et son port en eau profonde, le seul du Golfe de Guinée, ne se vante que de ses résultats de « Doing business » dont la population ne voit pas les retombées en termes de changement dans le panier de la ménagère ? « Travaille dur en silence, et laisse ton succès faire du bruit », tel doit être le leitmotiv des autorités béninoises. 


LES ATOUTS QUI ONT MILITE EN FAVEUR


Classé par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) en tête de performance s'agissant de l'Indice de développement humain (IDH) en 2018, le Bénin sur l’ensemble des pays francophones d’Afrique, a été noté au titre de 2019 comme étant le numéro 01 en matière de transparence budgétaire ; notation effectuée en partenariat avec les institutions internationales indépendantes financées par l'Union Européenne. Le Bénin est reconnu pour la qualité de sa gestion des Finances publiques et notamment la transparence dans la gestion budgétaire.


Le Bénin a été le premier pays à faire une émission obligataire de type Euro bond. La plupart des pays d'Afrique et même hors de l'Afrique, quand ils font leur première émission obligataire, ils le font généralement en dollar. Parce que le marché du dollar, c'est le marché le plus profond, c'est le marché qui offre beaucoup plus d'argent à lever et donc pour ne pas prendre des risques, généralement on va sur ce portefeuille. Alors que plusieurs des spécialistes prédisaient que l’opération n'allait pas réussir et ils ont été démentis par le grand succès qu'a connu cette opération qui a obtenu un taux de souscription de plus de 250% avec les félicitations de plusieurs institutions internationales y compris le Fonds Monétaire International (FMI).


Pour la première fois, le Bénin fait quelque chose que personne jusque-là n'a réalisé en Afrique. Bien entendu lors de la dernière Assemblée générale annuelle de la Banque africaine de développement (BAD), le Bénin pour la première fois de son histoire a obtenu le Prix du meilleur Ministre des Finances ce que Ayassor malgré ses 10 ans passé aux finances du Togo n’a jamais eu. Preuve que des gens travaillent ailleurs.


Depuis 2008, le Bénin a progressé pour la première fois dans l’indice CPIA publié par la Banque mondiale.  Un indice qui mesure la qualité de la gouvernance économique. Le pays de Patrice TALON a eu la deuxième meilleure performance en Afrique en matière de gestion des Finances publiques, ce qui est également une excellente nouvelle.


Autre bonne nouvelle : les agences de notation, toutes celles qui notent le pays avec en tête Standard & Poor’s, ont maintenu la notation du pays dans un contexte où la plupart des pays sont dégradés. Alors quand en période de crise, la plupart des pays sont dégradés mais que vous vous êtes considérés comme une économie suffisamment solide avec des fondamentaux capables de tenir pendant la crise, c'est une très bonne nouvelle.


Le point d’orgue de tous ces points positifs a été le dernier classement la Banque Mondiale faisant désormais le Bénin comme un pays à revenu intermédiaire. Jusque-là, le pays étant  dans la catégorie des pays à revenu faible. Un classement historique ! 


Pendant ce temps, le Togo et son Plan national de développement (PND) se cherchent. Comme les autres programmes initiés par le pays sous le règne de Faure GNASSINGBE, ce plan bat de l’aile. Ironie du sort, la COVID 19 est en train de lui porter un coup fatal. En cette période de crise où les investisseurs sont réticents à financer surtout si le pays n’est pas politiquement stable, le PND a des difficultés à boucler son budget ambitieux.


A défaut, le Togo se contente d’exhiber les bons classements du climat des affaires. La dernière en date est celui classant le pays dans deux pôles d’attractivité du continent en compagnie du Rwanda. Ce qu’on oublie de mentionner est qu’aucun opérateur économique n’investit dans un pays instable. L’argent n’aime pas le bruit, aime dire le bruit aiment dire les économistes.


Pendant ce temps, tout autour de nous les pays avancent. Le Togo est devenu cet ilot de misère dans lequel les dirigeants ne vendent au peuple que la paix. La paix, c’est bien beau mais après la paix, le peuple veut aussi  son pain. 


La démocratie et la bonne gouvernance à elles seules sont non seulement des gages de stabilité mais aussi d’ouverture aux investisseurs. Le Togo doit faire ce choix au risque d’être le dernier de la classe en termes de développement.



Albert AGBEKO

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