Togo : L’état d’urgence sanitaire prorogé en catimini



Au Togo, l’état d’urgence sanitaire qui était prévu jusqu’au 1er juillet 2020 vient d’être prorogé jusqu’au 15 août prochain, soit 45 jours supplémentaires. Cette mesure restrictive décrétée pour la première fois dans l’histoire du Togo a été prorogée dans l’anonymat.

Pas d’annonce officielle, pas d’avis des députés, pas de communication officielle : la télévision nationale n’en a même pas fait cas dans son journal.  C’est dire que l’opinion ne sait pas grand-chose sur ce que renferme le nouveau texte. Une banalisation du pouvoir exécutif pour un texte de cette ampleur.  Seul un avis de la Cour constitutionnelle a permis de valider le texte. 

« Votre maintien nous est pénible. Nous avons mal au Togo. Mais puisque vous y êtes, tentez de jouer le rôle qui vous est dévolu. Ou dans un sursaut d’orgueil, de dignité et dans l’intérêt supérieur de la nation, démissionnez ! », écrivait il y a quelques années de regretter mémoire Tavio AMORIN. 

Le Togo est l’un des rares pays en ce temps de pandémie où le Président de la République n’est pas au « front » et pourtant il avait reconnu que « nous sommes en guerre contre ce virus ». Alors que ces collègues communiquent, visitent et prennent des initiatives, le chef de l’Etat togolais s’est muré dans un silence scriptural tout au long des trois mois de l’état d’urgence sanitaire. Personne ne l’a plus vu depuis sa prestation de serment. Il ne s’est pas depuis lors rendu au chevet des malades qui pourtant se trouvent à quelques mètres de son bureau. Pire, il ne s’est adressé à ses concitoyens qu’une seule fois alors que les voisins en l’espace de trois mois ont pris la parole plusieurs fois. 

C’est parti pour encore 45 jours d’état d’urgence. Cet état d’exception permet au gouvernement de prendre des mesures qui nécessiteraient normalement un vote au parlement. Mais dès lors que les mesures de restrictions prises au début de l’état d’urgence notamment le couvre-feu, le bouclage des zones à risque, l’ouverture des écoles…ont été levées on peut se demander à juste titre ce qui reste dans le nouveau texte. Certes, selon la loi de réhabilitation, l’Etat peut en cette période réquisitionner des biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire, prendre des mesures temporaires de contrôle des prix, comme cela est fait pour le gel hydroalcoolique et les masques.

Au cours de cette période, il a été rendu obligatoire le port des masques par le gouvernement. Le constat unanimement partagé est que les Togolais qui, au début, respectaient les mesures édictées ont commencé par relâcher. Il n’est pas rare de voir des attroupements sans le port de masques. La prorogation de l’état d’urgence devrait être l’occasion pour communiquer à la population sur les sanctions prévues en cas d’inobservation des interdictions édictées par l’état d’urgence. Mais c’est dans une indifférence qu’elle a été faite. En ce temps de crise, on ne peut plus s’accommoder avec cet attentisme légendaire. Il faut changer de paradigme, être plus entreprenant, agir et communiquer car c’est la vie humaine qui est en jeu.

Albert AGBEKO
E-Mail : togoscoop@gmail.com
Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.
TOGOSCOOP, nous redonnons un sens aux scoops.

Publier un commentaire

0 Commentaires