Le village de Gboto Assigamé sur une braise à la veille d'une intronisation à polémique d’un nouveau chef



A quelques jours de l’intronisation d’un nouveau chef pour le village de Gboto Assigamé, cette bourgade située à environ 80 km au nord-est de Lomé, dans la préfecture de Yoto, une ambiance délétère y règne. Loin de tout enthousiasme et euphorie qui devraient en principe caractériser ces moments pour des populations qui ont vécu durant sept ans sous régence et qui s’apprêtent à avoir un chef de plein droit. Au contraire c’est dans une ambiance empreinte de division et de tension, préjudiciable au vivre ensemble entre les différents villages du canton de Gboto que la population prépare cette intronisation. Et pour cause, une usurpation du trône se prépare.

Si pour la succession au trône du village de Gboto Assigamé, au début la voie de la concertation en respect avec la tradition du milieu a été privilégiée. Il n’en demeure pas moins que le semblant d’unité et de consensus qui a prévalu jusque-là est sur le point de voler en éclat par l’avidité d’un homme. Il s’agit du Dr Azontowou Senou. Cet enseignant-chercheur à l’Université de Lomé  use d’influence en soudoyant les autorités du ministère de l’Administration territoriale en vue d’imposer son frère Kodjo Senou au trône au mépris des règles de la succession et ceci en foulant au pied les coutumes du milieu. Remettant en cause les décisions prises, il cherche parfois à en tirer profit dans le seul et unique but d’imposer son frère. Usant de ruse et de  manipulation, par ces mascarades le sieur Azontowou  a réussi à avoir le préfet de Yoto, M. Alibo Yao Cyrille  comme un allié.  

Ce dernier passant outre les injonctions de son ministère de tutelle, avalise une décision du conseil coutumier qui ne respecte pas les directives du ministère. En effet, le ministère avait ordonné qu’un conseil coutumier composé de trois sages par quartier du village de Gboto Assigamé (à savoir Agbohomé, Dagnrahomé et kpèhomé ) et en plus du régent ce qui fera au total 10 membres puisse constituer l’électorat du nouveau chef, mais contre toute attente le préfet a avalisé un conseil bancal excluant tout représentant du village Gboto-Agbohomé. C’est ce conseil avec le soutien d’un responsable en charge de la chefferie traditionnelle au ministère de l’Administration qui tente de faire introniser Senou Kodjo comme nouveau chef.

Les agissements du sieur Azontowou Senou divise et met en mal le vivre ensemble entre les trois quartiers qui composent le village de Gboto Assigamé. On ne sait par quelle alchimie il a fait transformer son quartier Kpéhomé en village et c’est à la tête de ce dernier qu’il veut introniser son frère or ce quartier avec les deux autres  (Agbohomé et Dagnrahomé ) qui forme l’unique village de Gboto Assigamé.  

L’intronisation du frère de l’enseignant comme chef du village de Gboto Kpéhomé à la place d’un quartier de Gboto Assigamé devrait  avoir lieu le weekend dernier a été avortée in extremis. Si cette intronisation se concrétise le village de Gboto Assigamé n’existerait plus ce qui est source d’inquiétude pour les habitants des deux autres quartiers composant ce village.  Selon les indiscrétions, elle est reportée sur le weekend prochain.

Dénonçant cette façon cavalière de leur imposer un chef qu’elle n’a pas élu ni participé au processus de son choix, la population de Gboto Assigamé est vent debout et prête à tout mettre en œuvre pour empêcher la cérémonie. Les esprits sont chauffés à bloc dans le  village. Les velléités de Senou sont combattues même dans sa propre famille où Senou Jean actuellement maire de la commune Yoto 3 s’est désolidarisé de sa démarche.

C’est dans cette ambiance que des voix s’élèvent pour interpeller le ministre de l’Administration territoriale, Payadowa BOUKPESSI et au-delà le chef de l’Etat garant de la cohésion et de la stabilité du pays à intervenir pour surseoir à cette cérémonie d’intronisation qui risque de mettre feu aux poudres puisque les répercussions de la cérémonie vont au-delà du canton. Les implications concernent toute la préfecture de Yoto.

Au Togo, l’intronisation des chefs traditionnels est fortement politisée. 

Francine DZIDULA
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