Gestion de Covid-19 : Ce que le Togo peut apprendre du Sénégal




Derrière la Nouvelle Zélande, et devant le Danemark, le Sénégal fait figure d’exception en matière de gestion de la pandémie du covid-19. Le pays est classé deuxième sur trente-six pays à avoir plus efficacement géré la crise sanitaire, au classement mondial du magazine Foreign Policy, alors que la question liée à la gestion de la pandémie continue de faire débat dans les pays occidentaux surtout en  France, et même aux Etats Unis. Comment le Sénégal fait face à la crise du coronavirus ? Quelles sont les mesures préventives qui ont été prises ? Quelle politique de santé le pays a-t-elle adopté ? Et, que peuvent apprendre les autres pays de l’Afrique francophone du succès du Sénégal ?


Comme tous les autres pays du monde, le Sénégal fait face à la pandémie du coronavirus. A la date du 18 septembre 2020, 14645 cas ont été déclarés positifs, selon les résultats des examens virologiques publiés par le Ministère sénégalais de la santé et de l’action sociale, dont 11051 guéris, 301 décès, et 3232 personnes sous traitement. Mais avec ces résultats, le pays fait figure de bon élève. Selon le classement mondial du magazine Foreign Police le pays occupe la deuxième place derrière la Nouvelle Zélande, et devant le Danemark.


Un succès sanitaire qui, selon Abdoulaye Bousso, Directeur du Centre d’Opération d’urgence sanitaire du ministère sénégalais de la santé, s’explique par, « les leçons apprises des précédentes épidémies, des précédents événements de santé publique sur le plan sous régional, et international qui ont permis effectivement au pays de mieux se préparer et de mieux s’adapter à cette nouvelle situation qui est la covid-19 ».


Alors que la question continue de faire débat en France, dans certains pays occidentaux, et même aux Etats Unis, le Sénégal semble être dans une bonne phase de préparation. « Aujourd’hui, cette épidémie montre qu’il n’y a pas seulement l’aspect ressource financière, il y a une grosse part d’organisation qui est extrêmement importante et pour le Sénégal, cette partie a été mise en valeur », a déclaré le directeur du centre d’opération d’urgence sanitaire. Selon ce dernier, le Sénégal depuis le début de la crise s’est engagé dans une bonne phase de préparation avant même que les cas ne soient enregistrés. Ensuite, des stratégies ont pu être déroulées sur la base d’un plan de contingence. Ainsi, « beaucoup de facteurs ont permis au Sénégal d’avoir ces bons résultats », a-t-il rappelé.



 LES FACTEURS QUI ONT AIDE LE SENEGAL A MIEUX PREPARER UNE RIPOSTE CONTRE LA COVID-19


La stratégie adoptée par le Sénégal pour une riposte contre la Covid-19 a évolué au fur et à mesure que le nombre de malade augmente. Ainsi plusieurs facteurs expliquent cette riposte contre la crise sanitaire. En effet, lors d’un webinaire organisé par le forum de reportage sur la crise sanitaire mondiale, le 18 septembre, Idrissa Sané, Journaliste des questions de science et chargé de cours eu centre d’Etude des Sciences et Techniques de l’Information de l’Université Cheick Anta Diop a énuméré quelques-uns.


Parmi ceux-ci, la volonté politique, la décentralisation, la mobilisation, l’expérience de la gestion du combat contre Ebola, et la prise en charge des personnes qui sont testées positives. Selon ce dernier, « dès le début de la crise, le Président Macky Sall, a organisé un conseil présentiel sur la gestion de la Covid, qui a été sanctionné par plusieurs mesures ».


En effet, l’Etat sénégalais a dégagé un budget, dans le but de permettre aux structures sanitaires de mieux prendre en charge les malades. Ceci a donc permis au pays de décentraliser les tests. Ainsi, au lieu que la prise en charge se fasse uniquement à Dakar, la capitale sénégalaise, elle se faisait également dans d’autres régions, permettant donc au pays d’être très actif dans la réalisations des tests, et d’éviter un engorgement du Centre Hospitalier de Fann, jusqu’ici considérée comme la référence en matière de prise en charge des maladies infectieuses. « Au lieu que les tests se fassent uniquement à Dakar, le laboratoire de l’institut Pasteur a décentralisé la réalisation des tests. Ce qui fait qu’au fur et à mesure qu’on testait, on prenait également en charge », a rappelé le Chef de service, santé-environnement du journal le Soleil, Idrissa Sane, avant d’ajouter, « toutes les personnes qui étaient en contact avec un cas positif, étaient isolés et suivis. Les cas positifs sont pris en charge et les négatifs libérés ».


Déjà que « la bataille ne sera pas seulement gagnée au plan médical », comme l’affirmait Abdoulaye Diouf Sarr, le Ministre sénégalais de la santé, il y a eu également la mobilisation sociale qui est assurée par la presse et les socio-anthropologues, a indiqué le Chef de service, santé-environnement du journal le Soleil « Malgré l’impartialité du journaliste, la presse avait son rôle à jouer. Parce que ce ne sont pas les médecins qui peuvent vulgariser, les matières de préventions, ni les modes de transmissions. Ainsi, la presse a su très tôt contribuer à l’éveil de conscience, qui a permis de ralentir d’une part la progression de la pandémie au Sénégal, et d’autre part à avoir moins de cas ».


En raison de l’expérience que le Sénégal avait eu en matière de prise en charge des malades victimes d’Ebola de par le passé, le pays a su capitaliser les bonnes pratiques, en désinfectant les lieux où les malades venaient afin d’interrompre au maximum la relation de transmission.


LES MESURES PRISES PAR LE GOUVERNEMENT SENEGALAIS DANS LA LUTTE CONTRE LE CORONAVIRUS


C’est au début du mois de mars que les premiers cas de contaminations de la pandémie du coronavirus ont été enregistrés sur le sol sénégalais. Très vite, toute une série de mesures a été prise par le gouvernement pour contenir la pandémie. Ecoles fermées, le campus de la grande université de la capitale fermé, les élèves appelés à suivre leurs cours en ligne, les chefs religieux très influents mis à contributions pour communiquer sur l’annulation des pèlerinages selon plusieurs sources. « Je saisis cette occasion pour lancer un appel solennel à tous nos guides religieux à accompagner le gouvernement et tous les services de l’Etat concernés dans la mise en œuvre des recommandations du comité national de gestion de l’Epidémie », avait annoncé, le président sénégalais Macky Sall, dès l’annonce des premiers cas sur le sol sénégalais.


Selon Idrissa Sané, « le Sénégal est un pays où il y a jusqu’à présent le poids de la religion. Donc le gouvernement a été courageux d’interdire certains rassemblements, et aussi d’interdire des prières dans les mosquées ». De plus, ajoute-t-il, « le couvre-feu a été instauré. Ceci a permis de limiter les déplacements. Il y a aussi, l’interdiction du trafic entre les villes. Cela a permis d’isoler certaines localités, et de limiter au maximum les infections ». Des mesures fortes contre la propagation du coronavirus qui selon lui, ont produit des résultats escomptés, a-t-il rappelé.



LES RESULTATS



Le Sénégal, loin de dormir sur ces lauriers en raison de l’explosion des cas, a très tôt mis en place des stratégies pour lutter contre le coronavirus, ce qui lui a permis à un moment donné d’obtenir des bons résultats. Certes, il y a eu un relâchement comme le souligne, le Journaliste des questions de science, Idrissa Sané, mais déjà à un mois du début de la pandémie, on commençait par parler du Sénégal. Aussi, contrairement à ce que pensent plusieurs personnes, le Sénégal n’a pas adopté une stratégie figée pour gérer la pandémie du Covid-19. Elle a évolué en fonction du temps et en fonction des réalités. Selon les explications d’Idrissa Sané, « A un moment donné le pays a ouvert des centres de traitement pour des personnes asymptomatique, ce qui est original. Après, le pays a évolué vers un traitement à domicile ». En effet, le Sénégal a joué sur plusieurs leviers pour produire ces résultats. Ainsi, selon ce dernier, «  Au plan de la recherche plusieurs étudiants en fin de cycle ont créé des robots qui assistent les médecins, de plus, ils ont mis en place des gels qui ont été certifiés ». Chacun a su contribué selon son domaine de compétence. Car « impossible pour le pays de tout attendre de l’Europe ». Ainsi chacun a su contribuer selon domaine de compétence.




LES DEFIS



L’urgence aujourd’hui est de lutter contre la propagation de la pandémie du coronavirus. Et même si les mesures du covid-19 ont été assouplies, notamment la limitation de nombres de place dans les véhicules de transports, le pays est confrontée à plusieurs défis. « Ce que nous souhaitons d’avoir une baisse durable, un nombre de guérisons qui s’inscrit aussi dans la durée. Il faudra que tout cela s’observe dans le temps», a déclaré le Professeur Bousso. Aussi, le Sénégal se montre prêt à partager son expérience avec la Gambie et les autres pays de la sous-région ouest africaine.



Emmanuel AKAKPO

E-Mail : togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.


Publier un commentaire

0 Commentaires