Limitation de mandat : Quand Adama BARROW veut s’inspirer du mauvais exemple du Togo



Le Togo, le mauvais exemple dans la sous-région ouest africain en matière de limitation de mandat. Un à un à la suite du Togo, la plupart des pays de l’Afrique de l’ouest, sont en train d’être infecté par le virus du 3ème mandat. Les chefs d’Etat de cette zone font  des pieds et des mains pour se maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats admis. Ainsi donc après Alassane Dramane OUATTARA de la Côte d’Ivoire, Alpha CONDE de la Guinée, alors qu’on croyait que l’Afrique anglophone était exempte de ce virus, Adama BARROW, le président gambien dont le pays avec le Togo avait rejeté en 2015 une proposition de la CEDEAO visant à harmoniser les constitutions de l’espace ouest africain limitant à deux le nombre de mandat, serait sur le point d’être piqué par le virus du troisième mandat. Les députés de son parti ont rejeté hier le projet de constitution limitant à deux le nombre de mandat.

« L’appétit vient en mangeant », dit-on. En arrivant au pouvoir à la suite du dictateur Yaya JAMMEH, Adama BARROW, avait promis qu’il ne ferait que trois ans au pouvoir pour assurer la transition. Aujourd’hui, il est en train d’achever son quinquennat et rêve d’aller au-delà. Ce qui explique l’opposition des députés de son camp contre la nouvelle mouture de la constitution soumis au parlement et qui limite à deux le nombre de mandat. En votant contre le texte, les députés de la majorité présidentielle, marquaient leur opposition au caractère rétroactif du texte. En effet, il y a un article dans le projet qui considère que le premier mandat de l’actuel président prend effet avec son élection en décembre 2016. Or, pour le Président BARROW et son gouvernement le premier mandat de l’actuel président de la République ne devrait commencer qu’au début du prochain mandat, c’est-à-dire en 2021.

Souvenez-vous que cette notion de rétroactivité de la loi avec la remise du compteur à zéro avait empoisonné la vie politique au Togo il y a trois ans. Finalement, la constitution togolaise a été modifiée ouvrant un boulevard au président Faure GNASSINGBE qui vient d’être réélu pour un quatrième mandat, devenant ainsi le chef d’Etat de la sous-région qui a le plus duré au pouvoir malgré son jeune âge. Et depuis, les dirigeants ouest africains essaient de lui emboîter le pas. Faut-il, rappeler que le Togo, a toujours inspiré négativement ses voisins.

Ainsi M. BARROW qui a clamé qu’il ne fera que 3 ans serait-il en train de renier  sa parole ? Tout porte à le croire. Ce qui est sûr la limitation de mandat à deux est une exigence populaire. Elle dépasse aujourd’hui le cadre national. Et dans la sous-région ouest africaine, les peuples ne sont plus prêts à tolérer le règne des présidents à vie.  

Si le Togo et la Gambie ont trop longtemps été l’exception, ils ne sauront se mettre à l’écart de la norme sous régionale. Le peuple gambien pour s’être affranchi du règne du dictateur JAMMEH ne serait pas prêt à rentrer sous un autre qui se dissimulerait. Déjà, la société civile qui a joué un rôle très important dans la chute du dictateur hausse le ton. Pour elle, il n’est pas question de modifier le texte soumis au parlement.

De toutes les façons, il revient au peuple gambien de trancher ce débat quand le projet lui sera soumis au référendum.

La limitation du nombre de mandat à deux dans l’espace communautaire ouest africain fait débat. Il suscite des tensions dans les pays où les présidents veulent briguer un troisième voire un quatrième mandat. Le mois dernier lors du sommet virtuel des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, le président Bissau-Guinéen,  Umaru Sissocô Emballo, n’a pas caché son exaspération. « Si ce qui s’est passé au Mali est un coup d’Etat alors les troisièmes mandats étaient également un coup d’Etat », avait-il pesté. Quelques jours plus tard c’est le président nigérian, Muhamed MUHARI  qui aussi a exprimé son aversion au troisième mandat. « En tant que dirigeants de nos Etats membres individuels de la CEDEAO, nous devons adhérer aux dispositions constitutionnelles de nos pays, en particulier sur la limitation des mandats. C’est un domaine qui génère des crises et des tensions politiques dans notre sous-région », avait-t-il déclaré dans un tweet.

 

Albert AGBEKO
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