Quel leader sortira de ces écoles ?



 


Dans moins de deux semaines, sauf report, la rentrée académique aura lieu le 26 octobre prochain sur le territoire togolais. Ce sera la première fois que les élèves togolais entament une nouvelle année académique en période de coronavirus. Face à cette pandémie qui impose de nouvelle mode de vie, comment la rentrée se prépare dans les zones reculées ? Notre reporter s’est rendu dans le village d’Afidenyigban. Reportage…

 

 

Afidenyigban, village situé à 10 km environ de la ville de Hihéatro, chef-lieu de la commune Amou 3 dans la préfecture éponyme est un village démuni. Il manque tout. Sur le plan infrastructure socio-éducatif le village n’est pas mieux loti. A titre d’illustration, la seule école du village est une initiative du Comité de développement du village (CVD) mais reconnue par l’inspection académique. Cette école construite il y a onze ans avec des bâtiments on dirait ceux du siècle dernier est aujourd’hui débordée d’apprenants. Nul besoin de vous dire que l’effectif est pléthorique. L’année dernière dans les trois salles  de classe que compte l’établissement on pouvait dénombrer plus de 80 élèves. Et pourtant, l’école ne dispose que de huit tables bancs. Conséquence, les élèves sont obligés de s’asseoir à même le sol ou se coucher carrément par terre dès fois avant de prendre note.

 

« Combien de fois ces enfants n'étaient-ils pas obligés de fuir les salles de classes juste pour avoir eu à découvrir la présence indesirée d'invités non-souhaités: « les serpents », témoigne un enseignant.

 

Du côté des enseignants, leur situation n’est pas enviable. Ils tirent le diable par la queue pour survivre. Pour la plupart, c’est la passion du métier qui les maintient encore dans cette « vocation ». Mal payés, ils ne survivent que grâce  à des cotisations des parents d’élèves qui tombent par intermittent.

 

Cette école n’est pas non plus à l’abri des intempéries. « Lorsqu’il tombait des averses sur le village, c’est la fin des cours. Nous sommes obligés de libérer les enfants pour ne pas faire mouiller leur cahier », avance notre interlocuteur.

 

Comment pouvons-nous donner les mêmes chances à tous surtout en matière d’éducation, surtout à la jeune fille, quand à seulement quelques centaines de km de la capitale, la nature impose des discriminations ?

 

 L’autre problème auquel fait face le village d’Afidenyigban est l’accessibilité de l’eau potable. L’inexistence d'infrastructures hydrauliques pouvant fournir d'eaux potables tant aux villageois comme à leurs enfants font que bon nombre d'entre eux manquent les cours pour des raisons de santé (victimes le plus souvent des maladies diarrhéiques) car ils s'approvisionnent à la rivière qui traverse les flancs de la montagne voisine de leur village.

 QUAND LA COVID 19 S'INVITE

Avec la rentrée prochaine en période COVID-19, le village d’Afidenyigan sera face à une autre paire de manches. Tellement cette pandémie a  impacté les activités agricoles et activités génératrices de revenus (AGR) des parents d'élèves qu'ils ne savent plus à quel saint se vouer pour préparer la rentrée de leurs progénitures, en leur achetant les fournitures scolaires. Activités champêtres au ralenti, il sera difficile au CVD de financer la cantine scolaire de l’école. Cette cantine financée sur fonds propre du CVD est le seul moyen pour retenir les enfants à l’école.  Elle est également une forme de lutte contre la faim en milieu scolaire dans les zones rurales.

 

 « Je ne sais pas trop où mes enfants vont pouvoir se mettre par ce temps de menaces catastrophiques naturelles reconnues par les gouvernants avec les inondations dans le pays », laissait éclater son désarroi un parent d’élève. Et de poursuivre que les bois qu'ils ont l'habitude de couper en forêt pour renforcer un tant soit peu les installations vétustes des salles de classes pour leurs enfants leur ont été scrupuleusement interdit d'accès jusqu'à couper par les services de la protection de l'environnement. Et de se demander si  les cadres de l'Amou ou les autorités en charge de l'éducation dans l'Amou ne sont-elles pas au courant de ces maux qui minent cette localité ? Devrait-on juste attendre des moments de campagnes pour aller soudoyer les habitants de ces zones en souffrance ? La  gente féminine que le gouvernement est en train de promouvoir laisserait-elle sur le carreau les femmes et les jeunes filles des milieux ruraux ?

 

Toujours est-il que nombreux sont les enfants dans des localités pareilles à Afidenyigban dans l'Amou et dans d'autres préfectures du Togo qui, ne sont pas encore prêts pour une rentrée effective le 26 octobre prochain. Mais ils subiront certainement le dictat des autorités compétentes de l'éducation.

 

 

Jean-Marc E.

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