A quelque chose malheur est bon

 



Depuis qu’il a capté le pouvoir il y a 15 ans Faure GNASSINGBE, le président togolais n’a construit ni un demi-stade ni une demie-université encore moins un demi-hôpital. Le seul l’hôpital, Saint Pellegrin,  qu’il a promis construire devrait en principe être inauguré depuis l’année dernière mais l’édifice hospitalier refuse de sortir sous terre.

Conséquence de cette absence de construction, les infrastructures hospitalières sont dans une déliquescence totale. Ce qui a amené les praticiens hospitalier pour la première fois dans l’histoire à observer des mouvements de grève non pas pour réclamer une augmentation de salaire mais de meilleures conditions de travail à savoir la construction des infrastructures, l’équipement des structures sanitaires existantes et la protection du personnel soignant.

Comme il fallait s’y attendre ces revendications légitimes ont reçu une fin de non-recevoir  du gouvernement. Et depuis la grève, aucune évolution n’a été constatée sur le plus de la construction des infrastructures si ce n’est la rénovation de la morgue du CHU Sylvanus Olympio.

On était là quand la pandémie du coronavirus est venue rappeler les faiblesses de notre système de santé. Cette pandémie a suscité beaucoup de crainte chez les Togolais car ils savent que leurs hôpitaux sont en lambeaux. Heureusement que la catastrophe prédit a été évitée. Si certains appareils ont été achetés dans la précipitation pour parer au plus pressé, on ne peut pas à chaque fois faire du saupoudrage dans la gestion des affaires du pays. Il y a nécessité d’asseoir une vraie politique d’infrastructure hospitalière durable dans les régions du pays à même de répondre au temps et aux situations. Des pays moins nantis que nous font des efforts dans ce domaine pourquoi pas le Togo.

Le gouvernement a certainement pris la mesure de la situation, raison pour laquelle au cours du conseil du gouvernement d’hier, le sujet d’infrastructure hospitalière a fait l’objet d’une communication. Le ministre des Travaux publics a informé ses collègues que dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie au coronavirus  des travaux d’infrastructure sont en cours de réalisation. Ces travaux d’infrastructure concernent la construction de neuf centres de santé dans toutes les 5 régions du pays. De même, les travaux de renforcement du Centre hospitalier régional de Lomé commune (CHR-LC) dédié à la prise en charge des malades de COVID 19 dans le grand Lomé se poursuivent, selon le communiqué du gouvernement.

Si on peut déplorer que plus de six mois après la détection du premier cas du coronavirus au Togo, le pays est toujours au stade de la construction des hôpitaux alors que tout juste à côté de nous, le Ghana pour ne citer que ce cas, a construit un hôpital dédié aux malades de cette maladie en quelques semaines. On peut toutefois  dire que mieux vaut tard que jamais et souhaiter que ces hôpitaux promis sortent effectivement sous terre.

A quelque chose malheur est bon, dit l’adage. Cet adage se vérifie dans le cas togolais. Et c’est la preuve aussi qu’il manque de volonté politique à nos gouvernants pour entreprendre certaines actions pouvant  alléger les conditions de vie de leurs concitoyens. Si non où a-t-on trouvé les fonds pour débuter les travaux de construction de ces hôpitaux dans les régions du pays et que durant 15 ans on n’a pas pu construire un ou équiper ne serait-ce que notre hôpital de référence de scanner.

S’il y a une chose que le coronavirus a fait c’est de nous rendre égaux devant cette maladie. Il permet rarement les évacuations sanitaires. Ce qui peut justifier maintenant que la construction des hôpitaux fait l’objet d’intérêt de nos gouvernants car avant ils se plaisaient à dire qu’ils ne fréquentent pas nos hôpitaux.

 

Francine DZIDULA

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

Publier un commentaire

1 Commentaires